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Archives mensuelles : avril 2012

Tant qu’il y a de la vie, il y a… de l’enthousiasme, de la créativité, de la grandeur.
Je me suis amusée à chercher des exemples de personnes qui ont accompli des merveilles à  90 ans et plus.
Il y en a… et plusieurs!

Celui qui m’a le plus amusée est sans doute Jean-Frédéric Waldeck (1766).
A 94 ans,  ce peintre et explorateur français a souhaité vendre à l’Etat des documents relatifs à son exploration des ruines mayas.
Ravi de l’aubaine, le ministère de l’époque pense faire une bonne affaire en lui allouant une rente annuelle.
Hélas pour la caisse de l’Etat… Waldeck mourra à plus de 109 ans, en 1860!

A 90 ans,  le poète grec Sophocle (495 avant Jésus-Christ),  écrivait « Oedipe à Colone », tandis que Pablo Casals (1876), donnait encore des concerts publics.
De son côté, à 91 ans, l’industriel américain John Rockfeller (1839 – 1930), accomplissait chaque matin un parcours de golf.
Madeleine Renaud, la délicieuse comédienne française née en 1900, a reçu un Molière d’honneur pour l’ensemble de sa carrière en 1991.
On ne les compte plus, ceux qui, à plus de 90 ans, peignent toujours, comme Marc Chagall, publient encore leurs mémoires, des romans, des essais (Alexandra David-Neel, grande exploratrice française, publiait « Quarante siècles d’expansion chinoise » en 1964…), réalisent des films ou y jouent (comme Charles Vanel dans « Les Saisons du Plaisirs »), donnent des concerts, donnent des conférences ou, plus rares, comme Sylvain Floirat ou Edmond Mathis, sont encore maires de leur village. 

Les véritables créateurs, les passionnés habités par la vie, restent ce qu’ils ont été jusqu’à la fin de leurs jours.
Comme Aurore Brillat, mère du magistrat-gastronome-écrivain Jean-Anthelme Brillat-Savarin.
A 99 ans, alors qu’elle venait de terminer un copieux repas comme elle les aimait, elle sentit sa fin arriver.
Elle demanda alors: « Vite, apportez-moi le dessert! » et mourut quelques minutes après.
Ce qui fit dire à son fils: « Elle partit prendre le café dans  l’autre monde. » 

Martine Bernier

Un couple de nos amis venait d’arriver pour passer le week-end avec nous.
A leur arrivée, un vent fou s’était levé depuis  une heure.
Un vent que connaissent bien les habitants de la région: le foehn.
Ce vent est particulier.
Chaud, il assèche tout ce qu’il touche, provoque des migraines chez les personnes les plus sensibles.
Il a commencé à souffler de plus en plus  fort.
Au plus fort de l’après-midi, la température extérieure était relevée à 26 degrés. 

La maison, pourtant solide, semblait secouée par ce souffle de plus en plus puissant.
Il est rare que le foehn souffle aussi fort et aussi longtemps.
Là, la tempête a duré toute la nuit, hurlant, s’acharnant sur tout ce qui se trouvait à sa portée.
Elle a causé des incendies en Valais, fait chuter des lignes électriques, déraciné des arbres, endommagé des toits.

Ce n’est qu’en regardant les informations que j’ai vu les dégâts que la tempête avait causé dans plusieurs cantons.
Au petit matin, il ne restait plus qu’un souffle, mais la chaleur était lourde et la terre sèche.

Le foehn avait nettoyé le ciel, laissant la place au soleil, au bleu perdu depuis plusieurs jours.
Il faisait doux, le printemps était revenu.

Le vent, lui, est retourné dans son antre, laissant une atmosphère douce, comme si rien ne s’était passé.

Martine Bernier

 

Depuis quelque temps, je repense à des images qui ont fait le quotidien des téléspectateurs d’Antenne 2 dans les années 70.
Souvenez-vous: lorsque les émissions étaient terminées, à l’époque vers 23 heure ou minuit, un générique était lancé.
Il était signé Jean-Michel Folon.
Des hommes oiseaux, personnages sans visages, s’envolaient  dès la fin des programmes dans le soleil couchant, en battant des bras.
Avec leurs chapeaux bleu et leurs longs manteaux, ils partaient dans la nuit et revenaient à l’aube pour un autre générique.
Ces dessins animés étaient accompagnés d’une musique de Michel Colombier, extraite de son album « Wings ».
Il était triste, ce morceau appelé « Emmanuel ».
Du nom du fils du compositeur, décédé alors qu’il n’avait que 5 ans.

Les hommes volants de Folon étaient légers, très représentatifs de l’univers poétique de cet artiste belge qui a plusieurs fois retravaillé pour la chaîne.
Hier, pendant que j’étais partie en reportage, Celui qui m’accompagne a fait des recherches et a retrouvé pour moi le fameux générique.
Je l’ai regardé, sans nostalgie, mais avec le plaisir de retrouver un univers.
Celui d’un artiste inattendu, acteur, illustrateur et doux poète, qui nous a quittés en 2005.

Les programmes se terminaient, les speakerines souhaitaient bonne nuit aux téléspectateurs. 
Et nos rêves s’envolaient avec les personnages de Folon…

Martine Bernier

 

http://www.youtube.com/watch?v=bPkxR7uIzgo&feature=related