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Archives mensuelles : mai 2012

 

 S’il est une femme pour laquelle j’ai depuis longtemps une admiration joyeuse, c’est bien Niki de Saint Phalle.

Belle, intelligente, intellectuelle, cultivée, elle était pétrie de talent, comme son mari Jean Tinguely avec lequel elle a formé un couple souvent séparé, mais toujours proche et aimant, durant toute sa vie.
Ensemble, ils formaient un couple d’artistes incroyablement créatif, jubilatoire.
Ils étaient constamment en compétition, mais de manière positive.
Lui créait des machines « qui ne servent à rien », remplies de poésie et d’humour.
Elle a imaginé un univers coloré, peuplé de femmes aux formes rondes, rappelant les univers de Gaudi et du Facteur Cheval qu’elle aimait beaucoup.

Boulimique de travail, elle a fait naître des oeuvres exubérantes et douces, marquantes.

Je rêve d’aller un jour visiter deux lieux mythiques de son oeuvre: 
Son « Jardin des Tarots », à Capalbio, en Italie. 
Son talent y explose littéralement, ses oeuvres douces et fascinantes y vivent dans un écrin de verdure.

Et l’intérieur de la  grotte qui se trouve au nord-ouest du Grand Jardin Herrenhäuser de Hanovre, qu’elle a décorée de manière féerique pour l’Expo 200.

Les Nanas De Niki de Saint Phalle étaient réalisées en polystyrène.
Une matière qu’elle adorait travailler… sans savoir qu’elle l’empoisonnait.
Elle a en effet eu les poumons brûlés, ce qui lui a valu de passer plusieurs mois à l’hôpital.

Après la mort de Jean Tinguely, en 1991, l’artiste, très meurtrie par cette disparition, a consacré beaucoup de son énergie à la préservation de l’oeuvre de son compagnon.
Elle a  encore beaucoup travaille, puis elle nous a quittés en  2002, à l’âge de 71 ans.
Elle a succombé à cette maladie respiratoire liée aux vapeurs toxiques inhalées durant la préparation de ses œuvres.
Ses Nanas l’ont tuée. 
A chaque fois que nous nous rendons à la Fondation de Martigny et que je pose les yeux sur la Nana qui s’y trouve, je pense à elle. 

C’était une femme magnifique, de son époque, inattendue, drôle et passionnante.

Un jour que je me promenais  au cimetière Montparnasse, j’ai été attirée par une tombe sur laquelle se trouvait une sculpture dont le style était reconnaissable entre mille.
Le talent de Niki est partout, y compris dans l’hommage qu’elle rendait à ceux qu’elle a aimés.
Je ne devrais pas écrire pour parler d’elle, simplement lui consacrer une page de photos.
Et écrire dessous: Ah, madame… comme je regrette de ne jamais vous avoir rencontrée… Comme je vous remercie pour ce que vous nous avez laissé…

Martine Bernier 

Plus je prends de l’âge, plus j’apprécie l’humour Belge.
Et plus François Pirette me fait rire.
Sa réflexion sur facebook, notamment,  m’amuse beaucoup.
Aujourd’hui, j’ai très peu de temps pour écrire.

Mais je me fais avantageusement remplacer en vous laissant en sa compagnie  ce matin!

Martine Bernier

 

http://www.rtl.be/rtltvi/video/397107.aspx?CategoryID=4400

http://www.youtube.com/watch?v=oR_gQqWMbgQ

 

 

 « Le Doigt sur la joue » (1910)

 

 

 

 

 

                                                                   Portrait d’Anna de Noailles (1931)

 

A la Fondation Gianadda (Martigny – Suisse), se trouve une salle dans laquelle ont été accrochées les toiles de l’exposition permanente des lieux.

Parmi elles, un tableau de Kees Van Dongen (1877 – 1968).
Je ne connaissais que très peu ce peintre néerlandais avant d’aller visiter  l’exposition qui lui a été consacrée, il y a une dizaine d’années, au même endroit.
Et j’ai aimé ses femmes aux yeux immenses… 

Van Dongen était un peintre moderne, culotté, anarchiste, rebelle.
En 1913, alors que les tableaux pouvaient encore faire scandale, il avait déclenché un séisme au Salon d’automne en présentant son « Tableau ».
Celui-ci montrait une femme nue, debout, de face, et un homme agenouillé un peu trop près de la dame, avaient jugé les critiques de l’époque.
L’outrage à la pudeur a été estimé tel que la police a été chargée de décrocher la toile
Dans les journaux du lendemain, Van Dongen était massacré par Paris-Midi: « Tableau n’est qu’une ordure et son auteur un barbare au talent primaire », tandis que  L’Humanité défendait le peintre en prenant à parti Léon Bérard, secrétaire d’Etat aux BEaux-Arts qui avait ordonné le décrochage de l’oeuvre « obscène ».

Comme il fallait s’y attendre, l’événement a contribué à assurer la popularité de l’artiste.
Kees était un mondain connu, peintre des bordels parisiens, adepte des couleurs flamboyantes.
Dans de nombreuses toiles, elles sont criardes, déposées en aplats, explosives, ce qui lui a valu d’être catalogué « fauve », comme Matisse, Vlaminck et Derain.
Ses modèles sont outrageusement fardés et peu vêtues: Van Dongen est précédé d’une réputation sulfureuse.

Pourtant, dans la deuxième partie de sa vie, il va troquer son aura de « peintre des bordels » contre celle, plus seyante, de peintre mondain.
Il entre dans ce qu’il appelle son « époque cocktail » dès 1912.
On lui doit alors des portraits du Tout-Paris représentatifs des grandes figures des Années Folles.
Finis les rouges orangés, les verts et les jaunes criards.
Ils cèdent la place à des tons gris perles, des tonalités bleutées.
Les silhouettes des femmes s’allongent tandis que leurs bijoux deviennent des accessoires très présents.
Les années 30 marqueront les heures de gloire de Van Dongen.

Mais son aura va se ternir  lorsque, en 1941, il accepte une invitation d’Arno Breker, sculpteur officiel du IIIe Reich, et part en voyage à Berlin.
Quelque chose s’est cassé dans l’amour que lui portait le public.
Le peintre part s’installer à Monaco après la guerre.
C’est là qu’il mourra en Mai 68, dans l’indifférence quasi totale.

Martine Bernier