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Pour notre dernier jour sur la Côte d’Azur, nous avons choisi de partir à la découverte de villages hauts perchés dans les alentours.
Ste Agnès, calme et préservé, notamment.
Peille était inaccessible, en raison d’un éboulement.
Ce qui nous a valu une rencontre irréelle.
Celui qui m’accompagne avait arrêté la voiture juste devant l’entrée barrée du petit tunnel dans lequel avait eu lieu l’éboulement, lorsque un petit homme nous a rejoints.
Il semblait surgir de nulle part, remontant la pente raide et  caillouteuse qui bordait la route.
Il était âgé, très voûté.
J’ai mis un moment pour réaliser qu’il avait une bosse dans le dos…
Nous avons engagé la conversation et il nous a expliqué qu’il voulait rendre visite à une personne qui se trouvait à Peille, en maison de retraite.
Mais même à pieds, personne ne passait, et il n’y avait pas d’autres accès, si ce n’était de refranchir le col et de le contourner dans l’autre sens, ce qui nous aurait mangé tout l’après-midi.
Notre interlocuteur a décliné notre offre de le déposer en chemin: il voulait rester là, à attendre son bus.
Comme le soleil tapait fort (33 degrés, quand même!), je lui ai proposé une bouteille d’eau, mais là encore, il a refusé, nous expliquant qu’il avait 78 ans et qu’il ne buvait pas.
Nous l’avons quittés pour poursuivre notre route vers Sospel.
Alors que nous y déjeunions, au bord d’une rivière, un chien gris, à peine plus grand que Pomme, est venu nous courtiser.
Il était tout ébouriffé, recherchait les caresses…
Après une prise de contact affectueuse, il est reparti pour revenir un peu plus tard.
Pas idiot, il a compris qu’il était tombé sur celle qui lui fallait.
Il s’est assis à côté de moi, me faisant clairement comprendre qu’il partagerait bien mon repas.
J’ai demandé à la serveur si c’était son chien. Elle m’a répondu que non, c’était un chien errant.

Il me regardait en agitant la queue.
Son pelage était rempli de noeuds, et il aurait eu bien besoin d’un bon bain.
Dans l’immédiat, il avait faim.
Je lui ai proposé un morceau de pain, qu’il a dédaigné.
J’ai donc partagé avec lui le contenu de mon assiette.
En le caressant, j’ai tâté doucement son flanc: on ne sentait pas ses côtes, il n’était pas maigre.
J’ai vraiment hésité à l’emmener avec nous.
Mais il a continué son chemin.
Nous l’avons revu un peu plus tard, dans un pré derrière le parking.
Ai-je eu raison ou non de ne pas le prendre?
Je me pose encore la question.
Un chien habitué à une vie de liberté pourrait-il être heureux en appartement?
S’il était resté collé à nous, il serait devenu citoyen suisse dans les deux jours qui suivaient.
Mais il est reparti vers son quotidien de chien SDF.

Les rencontres sont touchantes, même en vacances.

Martine Bernier

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