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Je n’avais aucune envie de manquer cela: ce mardi, tout en classant des dossiers, j’ai branché le direct de France 2 sur l’investiture de François Hollande sur mon ordinateur.
En dehors de toute considération politique, je voulais assister à ce qui est un événement dans la vie de ces deux hommes dont l’un partait tandis que l’autre arrivait.
Le départ rapide et discret de Nicolas Sarkozy , l’arrivée sans chichis du nouveau président, toujours aussi disponible pour ceux qui se sont déplacés pour le voir.
Il y a bien longtemps que j’apprécie la personnalité et l’esprit fin et humaniste de cet homme.
Arrivera-t-il à se glisser dans le costume du président et à réussir à améliorer les choses?
Je l’ignore, mais je le souhaite, évidemment.
Pour lui, mais surtout pour tous ceux qui attendent un changement positif. 

J’ai écouté ses discours.
Il est excellent lorsqu’il improvise, lorsque c’est lui qui parle et non le texte écrit, la langue de bois, le politiquement correct.
J’ai retenu les larmes de Bertrand Delanoë lorsqu’il l’écoutait parler à la Mairie de Paris, et de nombreuses images émouvantes.

Hier était une journée importante pour deux hommes très différents.
Je déplore que, en politique comme dans tant de domaines de nos vies, il faut toujours qu’il y ait un vainqueur et un vaincu.
Je préfèrerais, en toute utopie idéaliste, que les compétences et que les qualités des uns et des autres, tous partis confondus, soient réunies pour empoigner les problèmes sans luttes de pouvoir.
 
Tout était très digne, hier, très respectueux de l’esprit républicain, sans triomphalisme, mais sans mots complaisants de la part du nouveau chef de l’Etat à l’intention de son prédécesseur.

On peut aimer ou ne pas aimer l’un ou l’autre, reconnaître ou non les mérites de chacun, mais  j’ose imaginer qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes, ceux qui passent par ces postes essentiels.
Cinq ans de pouvoir, parfois plus, rarement moins.
Je me demande dans quel état d’esprit ou dans quel état tout court on en sort.
Les émotions, bonnes ou mauvaises doivent être décuplées, les sentiments, les constats, les réflexions doivent se bousculer.
Passer des années à être constamment sous pression, critiqués, analysés, conspués, décortiqués par les journalistes  comme par le peuple doit être usant.
Aujourd’hui, l’un a été happé par les dossiers internationaux dès son arrivée.
L’autre doit se sentir perdu devant son nouvel emploi du temps, bien vide à côté de ce qu’il a été.
Mais ils ont choisi d’être des pions utiles sur l’échiquier.
Ce destin, ils l’ont voulu.

Je reste convaincue que tout ce qui se dit aujourd’hui sur l’un comme sur l’autre manque de recul pour être vraiment exact.
Mais je suis sûre d’une chose: à tout point de vue, cela coûte cher, de vouloir entrer dans l’Histoire…

Martine Bernier

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