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Dans le hall du cinéma, il était là. 
Ce jeune adolescent handicapé, qui se déplace en chaise électrique, et qui est accompagné par un homme, toujours le même.
Son père ou son accompagnant, je ne sais pas.
Toujours est-il que ces deux-là ont une relation qui me touche profondément.
Nous les croisons souvent au cinéma.
Apparemment, ce jeune homme aime ce loisir qui doit nourrir son imaginaire, et est toujours très attentif.
Contrairement aux autres fois, il n’a pas dû suivre la séance coincé dans un coin de la salle au pied des escaliers, là où l’on est le moins bien installé.
Non.
Son accompagnateur l’a pris dans ses bras et l’a porté jusqu’à un fauteuil placé bien au milieu de la salle.
Il l’a installé, a sorti un magazine consacré aux prochains films, et ils l’ont lu tranquillement tous les deux, discutant des prochains films à découvrir.
Quelques personnes ont pris place dans la salle qui a rapidement été plongée dans l’obscurité.

J’ai détesté le film.
Un de ces films violents, creux, inutiles.
‘Taken 2″, pour ne pas le nommer.
Une boucherie sans nom.
Cette fois, c’est Celui qui m’accompagne, amateur de films d’action, qui avait choisi le programme.
Avouant par la suite qu’il avait trouvé le film « nul ».
En quittant la salle, j’ai salué le jeune garçon et l’homme qui l’accompagne.
C’est la première fois que j’osais un contact avec eux.
J’ai donc quitté la salle plutôt contente de ce premier contact dont j’espère qu’il ne sera pas le dernier.
Je ne m’attendais pas du tout à ce qui allait m’arriver.

A peine avais-je franchi la porte qui nous ramenait dans « l’antichambre » des salles que deux de nos amis proches m’ont accueillie avec de grandes embrassades affectueuses.
Ravie, je n’étais que moyennement surprise de les voir là, sachant qu’ils fréquentent le ciné club.
La vraie surprise a été lorsqu’une voix m’a dit: « Alors? Nous avons tellement vieilli que tu ne nous reconnais plus? »
J’avais en face de moi deux de mes amies que je n’avais plus revues depuis plusieurs années.
Deux femmes avec lesquelles j’ai en commun un nombre incalculable de souvenirs.
La vie, mon travail, mes déménagements, les changements…
Tout cela m’avaient coupée de « mes amis d’en haut », ceux qui vivent dans les Ormonts. 

Nous sortions de notre épouvantable séance, elles s’apprêtaient à assister à la leur.
A peine le temps de leur présenter mon Capitaine, d’échanger quelques étreintes, quelques mots, de prendre des nouvelles de leurs Moitiés et de promettre de reprendre contact rapidement pour se revoir.

Cette soirée qui avait plutôt mal commencé m’a réservé un joli cadeau!

Martine Bernier
 

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