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Tout au long de ma vie, j’ai eu et j’ai toujours de grands coups de foudre littéraires.
En général, cela se passe toujours de la même façon: dès que je me mets à aimer un auteur, je lis tout ce qu’il a écrit.

Pearl Buck est entrée dans ma vie grâce au professeur de Français que  j’avais à l’époque.
Je venais de quitter le cycle primaire pour me retrouver au secondaire lorsque l’année a commencé avec une déclaration de celle qui était désignée pour nous faire découvrir les merveilles de notre langue:

- Cette année, nous allons travailler sur le livre « Vent d’Est, Vent d’Ouest », de Pearl Buck. Vous avez trois mois pour le lire. Je vous distribue un questionnaire qu’il vous faudra ensuite remplir. Nous les corrigerons ensemble et nous tenterons de mieux comprendre cet ouvrage.

Après l’école, j’ai couru à « la Galerie », « mon » magasin de livres d’occasion  et j’ai demandé au Monsieur Dont je ne Connaissais pas le Nom (voir La Galerie: Boutique Magique ) s’il avait ce livre en rayon.
Il m’a trouvé un exemplaire en collection de poche, en bon état, et je suis rentrée avec mon trésor sous le bras.
Après avoir terminé mes devoirs, j’ai filé dans ma chambre avec mon nouveau trésor.
J’ai lu toute la nuit et j’ai découvert avec  délices l’histoire de Kwei-Lan, jeune chinoise  contrainte d’épouser un jeune homme choisi par sa famille.
Pour la première fois, j’apprenais les traditions de la Chine d’autrefois, les pieds bandés, et la difficulté pour cette jeune femme à s’émanciper en douceur.
Le lendemain soir, en rentrant de l’école, j’ai rempli le questionnaire, puis j’ai couru à nouveau à la Galerie.
J’y ai repéré tous les livres de Pearl Buck que j’ai trouvé, et j’ai demandé  qu’ils me soit gardés.
Je les payais entre un et cinq francs belges de l’époque, en quelques semaines de petits boulots, je les avais tous ou presque et je les dévorais les uns après les autres.

Le troisième jour, j’ai rendu mon questionnaire au professeur.
J’ai tellement aimé et j’avais tellement de choses à en dire que j’avais rajouté des pages pour détailler ce que j’avais ressenti.
Ce n’était pas un travail, c’était un bonheur.
Le quatrième jour, le professeur m’a demandé de rester après le cours.
Elle m’a interrogée et je lui ai confié que j’étais en train de lire « Pavillon de femmes ».
Nous avons parlé longuement.
Lorsque le délai des trois mois a expiré, les questionnaires sont tous rentrés et le travail a commencé.
Je connaissais tout  de Pearl Buck, j’avais lu une vingtaine de ses livres, fascinée par cette Chine qu’elle me faisait découvrir et où elle avait vécu.
J’avais lu ses autres livres qui, eux, ne parlaient pas de l’Asie, avais découvert « L’enfant qui n’a pas pu grandir », qu’elle avait écrit inspirée par son enfant handicapé mental.
J’avais adoré « Un coeur fier », qui parlait d’une femme sculpteur.
Sa merveilleuse écriture, fluide, limpide, sa faculté à raconter des histoires passionnantes à travers des personnages attachants, ses descriptions: j’aimais tout de son travail.
Elle avait reçu le Prix Nobel de Littérature en 1938, écrivait avec une aisance folle.
J’avais appris par mon professeur qu’elle avait créé une fondation pour faciliter l’adoption des enfants abandonnés.
A mes yeux, elle est devenue un modèle.

Martine Bernier

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