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C’était hier.
J’avais un rendez-vous en début d’après-midi, et mon Capitaine et moi avions prévu de faire des courses rapidement le matin.
Tandis qu’il sortait la voiture, j’ai aéré Pomme.
En face de chez nous habite une dame âgée, avec laquelle j’ai parlé quelques fois.
Ce matin, elle conversait avec une autre dame qui a exactement le même chien que Pomme.
Lorsque ces deux-là se rencontrent, ils sont tout heureux…
J’ai donc emmené Pomme dire bonjour à son cousin tandis que j’échangeais quelques mots avec ces deux dames.
Dans la conversation, ma voisine m’a regardée d’un air tout triste et a dit:
« Nous sommes voisins, et pourtant, nous ne nous connaissons pas… Je connais votre métier, mais… rst-ce que j’ose vous demander votre nom? Ou au moins votre prénom? »

Je lui ai répondu, et lorsqu’elle a dit qu’elle était inquiète, ne sachant pas à qui s’adresser s’il lui arrivait quelque chose, je lui ai dit qu’elle pouvait bien sûr nous appeler: sous réserve que nous soyons là, nous répondrions présents.

Mon Capitaine avait préparé la voiture, j’ai salué mes interlocutrices, Pomme a bisouillé son cousin et nous sommes partis.
Cette conversation me hantait.
En rentrant, alors que j’écrivais, je me suis sentie misérable.
J’avais donné mon nom à ma voisine, mais… comment avais-je pu ne pas penser à lui donner notre numéro de téléphone???
S’il lui arrivait quelque chose, elle n’aurait pas le loisir de consulter un annuaire!
J’ai donc préparé un mot sur papier à en-tête, pour qu’elle ait toutes nos coordonnées.
Lui re précisant qu’elle pouvait nous appeler sans hésiter si quelque chose n’allait pas.
Puis j’ai posé la lettre sur mon bureau.

Ce matin, aux aurores, alors que je sortais Pomme, j’ai été mettre mon message dans sa boîte aux lettres.
Si je ne me suis pas trompée de boîte, elle s’appelle Marguerite.
Je revois le regard et ré entend le ton à la fois triste et fataliste qu’elle a employé hier en disant « Nous ne nous connaissons pas… »

Je sais d’elle qu’elle adore les animaux, qu’elle a des chats et nourrit les oiseaux… même lorsque ce n’est pas nécessaire, ce qui attire des nuées de volatiles dans son jardin.
Sa pelouse et sa maison sont  bien entretenues, par des personnes qui passent régulièrement la voir.
Famille ou employés, je l’ignore…
Ce que je sais, c’est qu’avoir endossé par inattention le rôle de la voisine indifférente ne me plaît pas du tout…

Tiens, à propos, voulez-vous connaître l’un des sujets abordés hier après-midi au cours de mon interview?
Les quartiers solidaires…

Martine Bernier

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