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Archives mensuelles : mars 2013

Aujourd’hui est jour de réunion familiale, j’ai donc peu de temps pour écrire.
J’inaugure donc une nouvelle rubrique pour les jours où je ne peux écrire longuement: celle des Gestes Marquants.

Le premier que je citerai est attribué à une femme que j’admire: l’exploratrice française Alexandra David-Neel, née en 1868.
Savez-vous ce qu’elle fit, l’année de ses 100 ans?
Elle fit renouveler son passeport…
Il lui aura été utile une année:  en 1969, elle s’en allait pour son ultime voyage…

Martine Bernier

La brume ne veut pas quitter de fond du paysage, très pluvieux depuis deux jours.
Devant la fenêtre de mon bureau, les arbres ne font pas mine de sortir leurs feuilles.
Dans la pelouse autour de la maison, les primevères sont les seuls signes effectifs du printemps qui va arriver.
Rien de bien tragique: nous sommes fin mars, après tout…
Pâques « tombe » tôt cette année.
Alors que nous nous apprêtons à passer un dimanche en famille, je lis les informations.
Et, une fois encore, je prends connaissance des articles consacrés au pape François.
Je ne suis plus catholique, mais, depuis son élection, cet homme m’intéresse, comme il intéresse des millions de gens, fidèles ou non, à travers le monde.
Sa façon de vivre  hors des appartements papaux, et cassant les emplois du temps imposés, en menant sa vie comme il l’entend, en allant à la rencontre des « petites gens », délaissant les limousines, passant par la case prison pour laver les pieds de jeunes détenus de diverses confessions continue à m’interpeller.
Cette façon de voir sa mission est un espoir dans un monde où nous n’avons que peu de grands modèles vivants.
Alors que j’en parlais avec mon Capitaine, il me disait: « Oui… sa façon de vivre est un retour aux sources. »
Et la source a plus de 2000 ans… 
En lisant la presse, je découvre que ce pape est passionné par les médias mais n’a jamais accordé une interview.
Il a mieux à faire et il a raison.
Il n’est pas parfait sans doute.
Mais ce qu’il apporte en ce moment nous fait un bien fou.
L’humilité, la simplicité, la modestie sont des qualités que j’aime infiniment, et elles sont chevillées à sa personnalité, semble-t-il.
La valeur de l’exemple…
Je pense souvent au pape Jean-Paul Ier, en ce moment.
Celui que l’on surnommait le « Pape au sourire », et qui est mort dans des circonstances très mystérieuses un mois après avoir été élu par ses pairs.
Lui aussi, laissait pressentir un changement…

Le printemps n’est peut-être pas encore là, mais il y a comme un souffle de renouveau, dont j’espère qu’il ne sera pas interrompu en plein vol.

Martine Bernier

Au cycle secondaire, chaque année, je me rendais avant la rentrée de septembre dans l’immense réfectoire scolaire où se déroulait la Bourse aux livres de classe.
Je ne m’attardais pas devant les livres neufs, qui m’étaient inaccessibles financièrement.
Je me dirigeais vers le secteur des occasions et ressortais avec le paquet de livres qui allaient m’accompagner au fil de l’année scolaire.
Parfois, en fonction des utilisateurs qui m’avaient précédée, les ouvrages étaient en très bon état.
D’autres fois, ils faisaient peine à voir, griffonnés, délabrés… pas franchement motivants.
Cette année-là, en rentrant chez moi, j’ai découvert un livre dont le dos avait été complètement arraché, laissant apparaître une reliure déglinguée.

En regardant le titre, j’ai eu très mal au coeur.
Il s’agissait de mon livre d’Histoire et s’appelait: « L’Antiquité Rome et les débuts du Moyen Âge, de Maurice Michaux, Raymond Loonbeek et Jacques Mortiau.
Je ne le savais pas encore, mais dès l’instant où je l’ai feuilleté la première fois, j’ai eu pour ce bouquin un coup de foudre absolu.
La reprise des cours n’avait pas encore eu lieu que je l’avais lu entièrement.
Le sujet m’intéressait et j’adorais la façon dont il avait été conçu. 
Des textes courts, tirés d’archives, des explications claires, des images à mes yeux fascinantes…
Je découvrais pour la première fois les Étrusques, l’art des anciennes civilisations, leur mode de vie, leur économie…
Au fil de l’année scolaire, il est devenu mon compagnon.

L’été suivant, je devais retourner à la Bourse aux Livres et revendre mes ouvrages pour pouvoir racheter les suivants.
Mes livres de math, de physique, de chimie et autres formaient une pile plus petite que celles de mes camarades du secteur « occasions ».
Je tenais dans mes mains deux bouquins que j’avais retirés de mon « tas ».
La religieuse intendante m’a regardée, perplexe:

- Pourquoi n’as-tu pas mis ces deux livres avec les autres?
- Parce que je voudrais les garder.
Elle a pris les deux livres, a lu leurs titres:
–  Français et Histoire… Bon, tu peux les garder, si tu veux, mais tu devras payer les livres que tu reprends pour l’an prochain… Tu auras assez?
J’avais compté et recompté mes sous: oui, j’avais assez.

J’ai repris le chemin de la maison avec, sous le bras, la pile des nouveaux arrivés, et, posés au-dessus de la pile, mes livres rescapés.
Ils ne m’ont plus quittée depuis.
Mon livre d’Histoire est à côté de moi tandis que j’écris ces lignes.
Il date de 1970, se trouve toujours sur Internet.
Je lui dois des heures d’étude et de découvertes.
Voyons, est-ce normal de considérer un vieux livre comme un très ancien copain d’école??

Martine Bernier