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Le vent s’est levé en début d’après-midi.
Des rafales violentes renversant tous les objets plus ou moins légers qu’elles rencontraient sur son passage, battant les volets mal fermés, rendant folles les pergolas.
Pomme, face à ce raffut, m’a regardée d’un air interrogateur: quel malotrus s’amusait à semer la pagaille dehors?
Le soir, alors que mon Capitaine a dû s’absenter, la tempête ne s’est pas calmée.
Pourtant, il fallait bien sortir pour la dernière balade du soir.
Dehors, dans la nuit tombante, elle m’a clairement fait comprendre qu’elle n’avait pas du tout envie d’être là.
Truffe en l’air, elle humait le vent, regardait autour d’elle d’un air inquiet… mais courait après les feuilles qui s’envolaient.
Pas pour s’amuser, visiblement, mais pour les intimer à rester tranquilles!

C’est elle qui a décidé de rentrer.
Sur le perron, elle me regardait d’un air sévère: « Alors, tu viens?! »
Je crois ne jamais l’avoir vue courir aussi vite dans les escaliers menant à l’appartement et retrouver avec un tel soulagement la rassurante présence de son panier!
Toute la soirée, le vent a soufflé.
Assise dans son panier juste devant la baie vitrée de mon bureau donnant sur le balcon, mon bichon suivait avec intérêt le spectacle.
Au moment d’aller se coucher, elle a parcouru tout l’appartement, inquiète, semblant chercher Celui qui m’accompagne.
Elle a finalement consenti à se coucher et à s’endormir d’un sommeil entrecoupé de rêves qui la faisaient japper ou gémir.
A quoi rêvent les chiens?
Mystère…
La nuit a été bruyante.
Le vent semblait vouloir arracher les toits.
Lorsque mon Capitaine est rentré, au petit jour, nous l’avons accueilli avec soulagement.
Je n’aime pas le savoir dehors par ce temps.
La première sortie du matin, pour Pomme, a été un simple remake de la veille.
Le vent, qui a achevé de faire fondre les dernières plaques de neige, n’avait toujours pas faibli.
En alerte, elle semblait fouiller le moindre recoin, posant la patte sur chaque feuille virevoltant à sa portée.
Un long regard vers le jardin de la voisine d’en face pour constater qu’aucun chat ne s’est hasardé dehors.
- Viens, Pomme, nous rentrons!

D’habitude, elle ne revient que de mauvaise grâce, après avoir bien inspecté chaque touffe d’herbe.
Mais là…
Pas un oiseau, pas la moindre trace du hérisson qui se cache dans la haie… juste cette tempête qui mettait du désordre dans son monde de Mogwaï: rien d’intéressant à ses yeux.
Elle ne semblait pas apprécier ce charivari.
Depuis que nous sommes remontées, elle voyage entre la fenêtre donnant sur le balcon et la porte d’entrée, guettant les bruits, regardant bouger les feuillages.
Morose, elle  est comme tout le monde: elle attend le printemps!

Martine Bernier

 

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