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Même si j’ai changé de religion pour reprendre celle de mon père voilà plus de trente ans, je faisais partie de ceux qui, ce mercredi, suivaient en direct l’attente des Romains sur la place St Pierre .
C’était aussi  l’occasion d’écouter les interventions toujours fines et intelligentes du philosophe Frédéric Lenoir que l’on a vu beaucoup sur France 2 ces derniers jours, ce qui m’a ravie.
Avec mon Capitaine, peu après 20 heures, nous avons regardé les rideaux du balcon de la basilique St Pierre bouger, puis s’ouvrir… et nous avons entendu l’annonce du nom du nouveau pape.
Jorge Maria Bergoglio… François Ier.
Nous ne le connaissions pas…. comme la plupart des journalistes qui ont dû faire preuve de rapidité pour trouver quelques anecdotes sur celui qui était jusqu’ici archevêque de Buenos Aires, jésuite, technicien en chimie de formation, et nanti d’une licence de philosophie.
Les anecdotes étaient belles, parlaient d’un homme courageux, timide, austère,  simple, qui a renoncé à tout faste, prend le bus comme tout le monde, s’implique auprès des déshérités.
Un homme fragile, aussi, qui, dit-on, vit avec un seul poumon depuis une opération subie dans sa jeunesse.
Bref… nous avons regardé l’ébahissement silencieux de la foule qui s’attendait à voir arriver  l’un des « favoris ».
Et puis nous avons vu apparaître celui qui devient le premier pape issu du continent américain, et nous l’avons écouté.
« Les cardinaux sont allés me chercher au bout du monde! »
Pas d’emphase, pas de ton monocorde, pas de protocole impersonnel…
Un homme simple, spontané, sans ostentation, qui a parlé avec un naturel désarmant, qui s’est incliné devant la foule en lui demandant de prier pour lui, qui a entamé les deux prières majeures du « répertoire » catholique à l’intention de son prédécesseur, en choeur avec les gens massés devant lui.
Un homme très touchant,  qui est reparti en souhaitant aux gens  « bonne nuit, reposez-vous bien! Nous nous reverrons demain et les jours prochains… »

J’ai comme l’impression que ce pape manifestement attaché à des valeurs essentielles, sera très aimé.
Et une heure à peine après la proclamation de son élection, alors que je me baladais sur les sentiers de Wikipédia afin de relire la définition du mot « Jésuite » ou « Compagnie de Jésus », est apparue une nouvelle mention dans  le texte en ligne: « François Ier est le premier jésuite à être élu pape. »

Lorsque nous avons éteint la télévision, j’ai réfléchi à l’émotion qui a étreint  autant de monde quelques minutes auparavant.
Je  suis fascinée par ces instants au cours desquels le destin d’un homme se transforme totalement, ces quelques minutes qui le propulse dans l’Histoire.
Et  j’imagine l’incroyable émoi qui doit prendre possession de lui alors qu’il s’apprête à vivre un bouleversement aussi énorme.
Dans la « Chambre des Larmes » où les papes fraîchement élus se recueillent avant de paraître devant les fidèles, à quoi a pensé Monsieur Bergoglio avant de devenir François Ier? 

Martine Bernier

 

Une réponse à La fumée blanche et sa surprise

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