avril 2013
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Archives mensuelles : avril 2013

Je ne pensais pas vous parler d’elle…
Mais aujourd’hui, je pense que cela peut lui être utile.
À elle, mais aussi à tous ces enfants qui ont une vie difficile.

Voici quelques mois, à la suite d’une réflexion personnelle, j’ai pris une décision.
Plutôt que de continuer à faire de petits dons à plusieurs associations caritatives comme je le faisais jusqu’ici, j’ai décidé de m’engager sur le long terme en parrainant un enfant, comme beaucoup d’autres le font.
Je me suis adressée à l’association internationale Plan, et j’ai reçu les documents me permettant de peaufiner mon engagement.
Un peu au hasard, j’ai coché la case « Asie » dans le questionnaire concernant la provenance de l’enfant que j’allais soutenir par une petite somme mensuelle.
J’ai donc été très surprise lorsque, quelques jours plus tard, dans le deuxième dossier qui m’est parvenu, j’ai découvert la photo d’une petite fille africaine.

Mukandayishimiye, une petite fille sans cheveux,au regard farouche,  née le 1er janvier 2004 dans la région de Gatsibo Pu, au Rwanda.
Lorsque je l’ai vue, il n’a évidemment pas été question pour moi de réécrire à l’association pour leur expliquer leur erreur.
Cette petite demoiselle m’est tombée du ciel, je la garde!
Mukandayishimiye vit avec sa maman et ses frères et soeurs dans une maison dont les murs sont construits en bambou et en boue, avec un toit et un sol en terre.
Ses conditions de vie, expliquées dans le dossier, sont celles des personnes vivant à une heure d’un réseau d’eau public.
Celles des enfants qui marchent durant environ 1h30 pour aller à l’école.

J’ai effectué un ordre permanent, et j’ai posé les documents sur mon bureau en me disant que j’allais lui écrire dès que j’aurais un moment.
Mais dévorée par le travail… je n’avais pas encore trouvé le temps pour le faire.

Ce matin, dans le courrier se trouvait une enveloppe portant le sigle de Plan.
À l’intérieur se trouvait une lettre dans une langue inconnue, accompagnée par sa traduction en anglais.
Mukandayishimiye m’écrivait…
Elle me remerciait, m’expliquait qui elle était en quelques mots simples, me demandait si je pouvais lui envoyer une photo.

Je vais terminer l’article sur lequel je travaille en ce moment, puis je vais lui écrire.
Je soutiens cette petite fille parce que je crois profondément que l’abandon scolaire chez les filles (comme chez les garçons, d’ailleurs) est une situation à éviter absolument.
Et ce risque est omniprésent dans les familles qui n’ont pas les moyens de soutenir financièrement leurs enfants.
Je souhaite donc aider sa maman à ma façon en prenant en charge les frais de scolarité de son enfant pour qu’elle puisse avoir une chance de choisir sa vie.

Mon geste est évidemment très modeste, mais j’ai tendance à penser que chaque goutte d’eau a son importance dans la formation des rivières.
C’est pour cette raison que je parle de Mukandayishimiye aujourd’hui.
Ils sont tellement à attendre un peu d’aide…

Martine Bernier

 

Association Plan

 

 

Nous sommes rentrés un jour plus tôt que prévu de nos courtes vacances.
Et ne l’avons d’ailleurs pas regretté lorsque nous avons vu la météo qui a sévi alors que nous aurions dû être sur la route.
Pourquoi ce retour précipité?
Parce que l’une de mes rédactions m’a commandé l’interview d’une femme de plume qui vient de sortir un nouveau livre.
Comme toujours lorsque je dois réaliser ce genre de travail, je ne donne pas le nom de mon interlocutrice avant parution de l’article.

Le rendez-vous téléphonique étant fixé à ce début de semaine, il me fallait pouvoir lire son ouvrage avant, et préparer mes questions.
Je suis donc rentrée et ai passé mon samedi à préparer le sujet.
J’ai ainsi réalisé que j’allais rencontrer une « pointure ».
Dans ces cas-là, une seule solution: bétonner mes questions, et lire un maximum de choses la concernant.

Je suis rentrée plus tôt, oui, mais c’était pour faire quelque chose que j’adore: la partie en amont de ce travail d’interview.

J’y pensais hier soir, en regardant le 20 Heures de France 2.
L’excellent Laurent Delahousse, qui est pour moi l’un des meilleurs intervieweurs du moment, recevait Robert Redford, cet homme que j’apprécie et respecte depuis des décennies.
En suivant l’interview, j’ai été enchantée par les questions du journaliste qui, visiblement, ont intéressé l’acteur.
Il a même réussi à le toucher en lui montrant une photo du film « Les hommes du Président », et en expliquant qu’il l’avait eue dans sa chambre pendant des années car c’est ce film qui lui a donné l’envie de faire ce métier. 
Robert Redford était ému.
L’intervieweur a fait mouche… quelque chose est passé dont nous n’étions pas exclus.
Quel beau métier!

Martine Bernier

 

Sur la route du retour de notre escapade en Provence, mon Capitaine m’a dit:

- Je voudrais que tu écrives une suite au texte que tu avais publié sur Ecriplume il y a quelques mois, et qui parlait du GPS.
-Mmmm… pourquoi?
- Parce que j’avais raison! Il est dyslexique, n’a pas le sens de l’orientation, et, en plus, a fait une erreur de 4 minutes sur l’estimation de notre heure de retour!
- Ah oui… quatre minutes sur plus de 600 kilomètres de voyage… c’est énorme!

Drapé dans sa dignité, Celui qui m’accompagne fait semblant de ne pas percevoir la touche d’ironie.
À part le fait que la  voix féminine m’agace avec sa façon de nous conseiller de tourner à « droiiiiiiiite » d’un air pédant, le fameux GPS nous a sorti de plusieurs situations improbables.
Mon Capitaine n’en a cure.
Il m’assène son ultime argument:

- En plus, lorsque nous sommes  partis pour repérer l’emplacement du musée Renoir, il nous a baladés dans Cagnes-sur-Mer en nous faisant faire des détours impossibles!
- C’est vrai. Mais il nous a finalement menés à bon port…
- Oui… et une fois arrivé, il ne savait même pas que le musée était fermé!

Martine Bernier