Catégories

Archives mensuelles : mai 2013

fong_paro_north_500

Au Japon, certaines entreprises développent depuis plusieurs années des « robots d’accompagnement ».
Ils sont censés leur apporter une tendresse que beaucoup d’entre nous ne reçoivent plus ailleurs.
Cette fois, c’est sur des robots bébés phoques factices que je suis tombée au hasard d’une lecture.
De grosses peluches qui ferment les yeux et s’endorment quand on leur donne leur tétine.
Tétines qui permettent tout simplement de recharger leurs batteries.
C’est l’entreprise Fuijitsu qui a créé celui qu’elle appelle le robot Paro, élu « le robot le plus thérapeutique du monde » par le Guinness World Records.
La peluche est équipée de capteurs placés sous sa fourrure, qui lui permettent de réagir aux commandes vocales, en sept langues.
Que peut-on apporter Paro?
« Relaxation, divertissement et compagnie par l’interaction physique », nous disent les articles consacrés au sujet.
Il s’agit en fait d’un tamagoshi en 3D: il se trémousse lorsqu’il est cajolé, boude et grogne quand on l’ignore etc.

Ce n’est pas la première fois que je consacre un article à un robot d’accompagnement.
Et à chaque fois, je me demande… dans quelle société vivons-nous pour que nous ayons besoin de robots pour offrir de l’affection  aux plus fragiles d’entre nous?
Je n’ai pas l’impression que nous soyons dans le juste…

Martine Bernier

Avez-vous déjà entendu parler de Frigyes Karinthy?
Non? Ce n’est pas étonnant: il est inconnu du grand public.
Et pourtant…
En 1929, ce Hongrois a mis au point une théorie surprenante. 
Selon ses recherches, il vous suffirait d’une suite de six relations individuelles pour relier une personne à n’importe quelle autre, dans n’importe quel pays du monde. 
En clair: si vous avez envie de passer un petit coup de fil au président des États-Unis, il vous suffit de six intermédiaires pour arriver à vos fins.
Sa théorie a été reprise depuis, notamment par une application Facebook, fermée aujourd’hui, qui estimait à 5,73 ce degré de séparation, tandis que des chercheurs iraniens et Nord américains ont, eux, trouvé un degré moyen de séparation de 3,43 entre deux utilisateurs de Twitter.

J’ai réfléchi.
En journalisme comme dans bien d’autres métiers, il est courant de devoir atteindre des personnes, souvent célèbres ou haut placées, qu’en principe il est compliqué de joindre.
Alors oui, en effet, la théorie semble à peu près plausible: en quatre ou cinq coups de fil, parfois moins, il est toujours possible d’atteindre au moins le secrétariat de la personne en question.
Car, c’est bien connu, la théorie de Karinthy a deux écueils: les secrétaires et les attachés de presse!
Tout dépend alors du bon vouloir de ces derniers… et là, aucune statistique ne détermine le taux de réussite!

Martine Bernier

1178078953

L’histoire est connue, mais mérite d’être racontée à ceux qui l’ignorent encore.
En septembre 1939, le peintre allemand Marx Ernst est arrêté en France où il vivait.
Considéré comme « étranger ennemi », il est interné dans un camp, près d’Aix-en-Provence.
L’homme n’est pas n’importe qui…
Ami de Miro, de Giacometti, de Paul Eluard, d’André Breton, il est un artiste doué et reconnu.
En 1940, il décide de fuir vers lesÉtats-Uniss.
Mais arrivé à la gare de Campfranc, dans les Pyrénées françaises, à la frontière de l’Espagne, il est retenu par le chef de gare.
Celui-ci lui confisque son passeport et fait fouiller ses valises.
Le peintre est inquiet… jusqu’au moment où une exclamation retentit.
Les hommes qui visitent ses valises viennent de découvrir l’ébauche du tableau « L »Europe sous la pluie ».
Le chef de gare, émerveillé, regarde le voyageur, le complimente sur son talent et le libère en lui conseillant de faire attention à ne pas se tromper de train.
Max Ernst est libre… il se réfugie auxÉtats-Uniss où il réalisera son chef-d’oeuvre.
Aujourd’hui, cette toile est considérée comme un tableau surréaliste exemplaire. 
Vous le trouvez morbide?
C’est normal: l’artiste y a représenté la guerre.
Pendant la Première Guerre mondiale, il a été enrôlé dans l’armée allemande.
Une expérience tragique qui l’a poussé à écrire, dans sa biographie: « Max Ernst est décédé le 1er août 1914. »
Ce tableau traduit l’horreur qu’il a ressentie, traduite en une fantasmagorie extraordinaire.
L’oeuvre de ce peintre marquant est passionnante, truffée de symboles, d’animaux mythiques, de personnages…
Des décors de scienc-s fictios dans lesquels chacun reconnaît ce qu’il a envie d’y voir…

Martine Bernier