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Archives quotidiennes : 8 mai 2013

goulue_1895

Savez-vous qui était Louise Weber?
Un destin de femme étonnant que le sien…

Louise est née en 1866, à Clichy-la-Garenne.
Sa vie, elle l’a débutée en étant blanchisseuse.
Peu à peu, elle a posé nue pour des peintres et des photographes, fréquentant peu à peu les bals et les cabarets parisiens.
C’est là qu’elle est devenue une vedette du cancan, beaucoup plus coquin à l’époque qu’il ne l’est aujourd’hui.
C’est là également qu’elle a hérité de son surnom de « La Gouule »… car Louise était réputée pour son insatiable amour de la vie.
En 1890, sa carrière est à son apogée: elle danse au Moulin-Rouge aux côtés de Valentin le Désossé, et est immortalisée par Toulouse-Lautrec.
Celui-ci fait d’elle le sujet des affiches qu’il réalise pour le cabaret.
Cinq ans plus tard, Louise a pris du poids… et son compte en banque aussi.
Elle est riche, très riche lorsqu’elle s’établit à son compte comme danseuse orientale se produisant dans les fêtes foraines parisiennes.
En 1896, son poids ne lui permet plus de danser avec grâce: elle devient donc dompteuse.
Pour ce faire, elle acquiert des serpents, des ours, des loups, des lions et fait tout ce que le public attend d’elle: placer sa tête dans la gueule de ses fauves, faire semblant de se battre avec eux…

Derrière cette image belliqueuse, Louise aime ses animaux passionnément.
Jamais elle ne les frappe, elle nourrit les lionceaux au biberon, partage son lit avec eux…
« Champion », son lion favori, la suit partout, dans les bistrots de Montmartre, provoquant l’ahurissement et la frayeur des clients.

En 1904, son époux, Joseph-Nicolas Droxler,ex-magicienn, est attaqué par un puma.
Louise rentre dans la cage pour attirer l’animal vers elle et subit à son tour la colère du fauve.
Elle sera blessée, mais ne renoncera pas à ses animaux avant la fin de la Grande Guerre.
Ruinée, la mort dans l’âme, elle doit se séparer de sa ménagerie.
Elle recueille alors les animaux de cirque malades et trop vieux, ainsi que tous les chiens et les chats abandonnés qu’elle rencontre.
Jusqu’à sa mort, en 1929, La Goulue vivra avec ses animaux, à l’extérieur en été, vivant dans sa roulotte deSaint-Ouenn, et dans son bel appartement du boulevard Rochechouart, à Paris, durant l’hiver.
Pour qu’ils ne prennent pas froid…

Martine Bernier