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Archives mensuelles : juin 2013

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Un jour, il y a très longtemps, alors que nous parlions des femmes qui ont marqué nos imaginaires, quelqu’un m’a dit: « Pour moi, c’est Hypathie ».
Je lui ai demandé de qui il s’agissait et il m’a répondu: « Renseigne-toi! Si je te raconte moi-même son histoire, tu l’auras oubliée demain! Tandis que si tu cherches… »
J’ai noté le nom et je me suis rendue dans une bibliothèque.
Internet n’existait pas encore à cette époque.

Hypathie…
Ma recherche m’a menée vers plusieurs livres et documents dans lesquels j’ai pu découvrir son histoire.
Hypathie est née en 370, à Alexandrie
Elle était la fille du philosophe et mathématicien Théon qui, exigea que lui fut donnée la meilleure des éducations.
L’enfant s’est très vite révélée brillante.
Elle étudia avec ferveur…
Dans l’Antiquité, les femmes de l’aristocratie avaient souvent  accès à la culture et aux études.
Et Hypathie avait des capacités intellectuelles qui sortaient de l’ordinaire.
Elle devint une grande mathématicienne et une philosophe reconnue, férue d’astronomie.
Ses travaux étaient prestigieux, sa renommée d’autant plus importante qu’elle était, dit-on, extrêmement belle et élégante, et que ses qualités de coeur la rendaient plus attachante encore.
Dans Wikipedia, vous pourrez lire que Socrate le Scolastique avait écrit à son propos, dans son « Histoire ecclésiastique »:
Elle était parvenue à un tel degré de culture qu’elle surpassait sur ce point les philosophes, qu’elle prit la succession de l’école platonicienne à la suite de Plotin et qu’elle dispensait toutes les connaissances philosophiques à qui voulait ; c’est pourquoi ceux qui, partout, voulaient faire de la philosophie accouraient auprès d’elle. La fière franchise qu’elle avait en outre du fait de son éducation faisait qu’elle affrontait en face à face avec sang-froid même les gouvernants. Et elle n’avait pas la moindre honte à se trouver au milieu des hommes ; car du fait de sa maîtrise supérieure, c’étaient plutôt eux qui étaient saisis de honte et de crainte face à elle. »

Ses travaux sont les premiers et les plus anciens dont les traces sont parvenues jusqu’à nous, émanant d’une femme.
Des traces seulement, car ses ouvrages ont disparu, sans doute brûlés dans l’incendie de la Bibliothèque d’Alexandrie.

Hypathie était très aimée, très admirée, fascinait ses élèves par ses capacités pédagogiques et la profondeur de sa pensée.
Et pourtant, sa vie a été abrégée par une mort épouvantable.

La jeune femme n’était pas chrétienne, mais néoplatonicienne, ce qui ne l’empêchait pas d’entretenir des relations amicales avec les chrétiens d’Alexandrie.
Mais, parmi eux, une poignée d’intégristes finit par ne pas apprécier qu’elle soit aussi appréciée tout en étant païenne.
À leur tête, Cyrille, le patriarche d’Alexandrie poussa ses moines fanatiques à lapider et lyncher Hypathie.
Son corps fut traîné dans la ville et mis en morceaux.
Cela se passait en 415.
Selon ses assassins, la simple présence de cette femme extraordinaire consistait un danger pour le christianisme.
Ce meurtre provoqua des réactions en chaîne qui enrayèrent définitivement le rayonnement d’Alexandrie: les savants inquiets de subir le même sort quittèrent la région pour parti vers l’Inde ou la Perse.
L’Occident venait de perdre sa lumière…

Hypathie est restée une figure de proue, un exemple.
Films, livres et même BD ont repris son histoire, son personnage.

Pour moi, ce qui importe, c’est qu’elle a été une femme d’exception, inspirée, érudite et droite, belle  et altruiste.
Quant à sa mort épouvantable, elle a fait d’elle un symbole nous rappelant les femmes martyrisées à travers le monde, les vies et les talents assassinés.

Pour ceux que cela intéresserait et qui ne le connaîtraient pas encore, je signale l’excellent livre « Le Bâton d’Euclide », de l’astrophysicien Jean-Pierre Luminet, paru chez Lattes en 2002.
Vous y  découvrirez notamment la vie d’Hypathie et de quelques autres, ainsi  que le destin de la mythique Bibliothèque d’Alexandrie.

Martine Bernier

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Le week-end est studieux, avec l’écriture d’articles qui ne souffrent pas d’attendre.
Hier soir, j’ai eu la surprise de recevoir un message d’une lectrice dont j’ai fait la connaissance, qui m’a envoyé cette photo.
Cet arbre, j’en croise beaucoup chaque année.
Il est en fleurs en ce moment et apporte des touches de couleurs somptueuses dans les paysages.
Je l’appelle l’Arbre Soleil, mais je ne connais pas son nom…
Je vous le livre… en me disant que, peut-être, quelqu’un pourra me donner son nom?

Martine Bernier

C’était hier soir…
Il était un peu plus de 21 heures et nous rentrions d’une assemblée, à l’autre bout du canton de Vaud.
En fin de course journalière, le soleil rasait les montagnes, à l’ouest.
Comme s’il offrait un dernier cadeau avant d’aller se coucher, il dardait ses derniers rayons en créant au passage une lumière exceptionnelle.
Très douce, elle transformait le paysage.
Le lac Léman était turquoise, la campagne vaudoise prenait des teintes de  Toscane.
Les langues de terre grise qui strient les montagnes apparaissaient rosées, l’atmosphère était couleur miel.

La journée avait été longue et celle d’aujourd’hui sera rude elle aussi.
Mais ce moment-là était une perle avant la nuit…

Martine Bernier