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Régulièrement, je suis confrontée à un problème de place, bien que j’ai la chance de vivre dans des appartements plutôt spacieux.
Ces soucis concernent toujours les deux mêmes lieux, stratégiques par excellence: ma bibliothèque et mon bureau.
Aaaah, mes livres…
Une fois tous les cinq ou dix ans, lorsque vraiment je me trouve au pied du mur, je me décide à me séparer de certains d’entre eux.
Ceux auxquels je ne suis pas attachée, qui sont arrivés là sans que je me souvienne de leur provenance.
Ces jours-là, je me blinde et j’agis vite, très vite.
La dernière fois, c’était il y a quelques mois. 
Au bout d’un quart d’heure, une pile d’ouvrages était mise de côté.
J’avais l’impression d’avoir fourni un effort énorme.
En regardant la vingtaine de bouquins exilés, j’étais plutôt fière de moi.
Mais que sont vingt ou vingt-cinq livres dans une bibliothèque qui en contient 5 ou 6000?
Rien.
Il va falloir recommencer en début d’année prochaine, et je le sais.
D’autant que, pour la première fois de ma vie, je partage l’existence d’un homme qui aime les livres autant que moi et qui ne leur résiste pas, lui non plus.
Epineux problème!

Autre sujet d’inquiétude: mon bureau, ma pièce fétiche, mon refuge, ma joyeuse caverne… mon bureau, dis-je,  étouffe, lui aussi.
J’y vis cernée par sept bibliothèques contenant une partie de mes ouvrages « de travail ».
Des dossiers y sont rangés à côté de mes précieux cahiers à spirales, les tiroirs sont pleins à craquer.
Je dois regarder les choses en face: si je ne me décide pas à agir rapidement, je vais être envahie par un désordre dont la perspective ne me séduit pas.
Et cette fois, la situation est cornélienne: ici, je ne peux rien jeter, tout est nécessaire, utile.
Depuis son panier, Pomme me jette un regard compatissant.
Elle a l’air de comprendre que la situation est grave.
En réfléchissant aux solutions possibles, je rêve de pouvoir pousser les murs, agrandir cette pièce du double ou du triple de sa taille…
J’imagine une grande maison claire remplie de vastes pièces (sans poussière, tant qu’à faire!) où nous pourrions accueillir confortablement les enfants et les amis, et dans lesquelles mes étagères ne seraient pas collées les unes aux autres.
Un jappement de Pomme me fait redescendre sur terre.
Hum.
Je viens de faire un exécrable rêve d’Occidentale nantie.
Honte à moi.
C’est décidé, je vais me débrouiller pour m’arranger avec ce que j’ai.

Martine Bernier

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