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Elle est née à Bruxelles, avenue Louise, en 1903,  et a reçu le nom de  Marguerite Antoinette Jeanne  Marie Ghislaine Cleenewerck de Crayencour.
Un nom qui respire la bourgeoisie de l’époque…
Dix jours après sa naissance, l’enfant perd sa mère et est alors élevé  à sa grand-mère paternelle, Noémie, une femme dure qui ne s’attache pas à sa petite-fille.
Marguerite ne l’aime pas.
Le bonheur de sa vie, c’est son père, Michel, ravi des conditions de vie liées à sa naissance, et toujours en quête de nouvelles découvertes, de voyages aventureux.
A la mort de Noémie, Michel vend le château familial où Marguerite a passé tous ses étés, et qui avait été construit par son grand-père.
Une tristesse pour elle qui y était attachée… 
En grandissant l’adolescente développe une intelligence vive, qui lui permettra de réussir facilement ses études.
Solitaire, elle se plonge dans les livres et remplace la présence d’amis par le goût de la plume.
Elle écrit… écrit… se protège  de ce qui la blesse, du tumulte de la guerre et de la destruction du château de son enfance par les Allemands, en alignant les mots…
A tel point qu’en 1921, elle publie à compte d’auteur son premier recueil de poèmes.
Pour le signer, elle choisit un pseudonyme: Yourcenar, anagramme de Crayencour, un « c » en moins.
Elle a crée celle qu’elle voulait être…

Ce premier ouvrage est un début.
Elle continue à écrire, utilise ses proches comme personnages de ses livres, et notamment son père, si inspirant.
Avec lui, elle voyage, part à la rencontre des gens et du monde, jusqu’à la mort de cet homme atypique, en 1929.
Il lui a transmis le goût de la vie.
La jeune femme voyage, connait une vie sentimentale tumultueuse marquée par sa bisexualité et les déceptions amoureuses.
L’amour, c’est en la personne de Grace Frick qu’elle le  rencontrera, en 1939, alors qu’elle part aux Etats-Unis pour fuir une Europe une fois encore se préparant à la guerre.
Grace sera sa compagne jusqu’à sa mort, en 1979.

Devenue citoyenne américaine, Marguerite Yourcenar connaîtra un succès international avec son roman « Mémoires d’Hadrien ».
C’est lui qui lui ouvrira les portes de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, puis, en 1980, celles de l’Académie française où, grâce au soutien de Jean d’Ormesson, elle sera la première femme à siéger.

Après la mort de Grace, l’écrivain continuera à écrire, à beaucoup voyager, vivant un dernier amour avec Jerry Wilson qui sera à la fois son compagnon et son secrétaire.

Femme engagée, elle mène un combat écologiste soutenu, se mobilise pour différentes causes parmi lesquelles la défense des animaux et la préservation de l’environnement.
Marguerite Yourcenar est partie dans la discrétion, le 17 décembre 1987.
Ses cendres ont été dispersées sur le sol de Mount Desert où elle a été heureuse.

D’elle, je garde le souvenir de ses livres, bien sûr, mais surtout le chemin qu’ils m’ont ouvert vers sa vision teintée d’humanisme, ses prises de position en faveur des femmes…

Martine Bernier

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