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Ecriplume fête ses cinq ans d’existence, ce mois-ci.
L’occasion pour moi d’avoir une pensée pour un blogueur dont je n’ai jamais su le nom, et pour l’expérience qu’il a vécue.

Alors que je tâtonnais et que mon site, alors hébergé sur un serveur gratuit, n’avait absolument pas le même aspect qu’aujourd’hui, j’allais de temps en temps regarder ce que faisaient les autres.
Comme toujours sur Internet, le meilleur côtoyait le pire.
Parmi la première catégorie, j’ai repéré un blog tenu par quelqu’un qui  pratiquait la randonnée à vélo.
Il parlait des balades effectuées, expliquant le côté technique tout en décrivant les lieux traversés.
Ses randonnées se faisaient seul ou en groupe, selon les cas.

Même si je ne pratique pas ce sport, j’étais admirative de l’affluence du blog qui avait déjà été visité par environ cent mille personnes en deux ou trois ans.
A l’époque, alors que j’ouvrais le mien et que j’étais impressionnées lorsque 50 personnes le visitaient dans la journée, de tels chiffres forçaient mon respect.
J’allais cliquer sur son site de temps en temps lorsqu’un jour, j’ai réalisé que le discours avait changé.
Le blogueur se plaignait de voir que ses lecteurs ne se manifestaient pas, ni sous forme de commentaires, ni par messages.
Il estimait que nous n’étions que « consommateurs », ce qui n’était plus acceptable pour lui qui avait besoin d’encouragements.
Au fil des textes, il expliquait la difficulté de tenir un blog, d’écrire souvent (il postait un texte environ une fois par semaine).
J’ai estimé que j’étais concernée par sa réflexion, et je lui ai écrit, en saluant son travail.
En apprenant que je commençais un blog, moi aussi, il m’a expliqué qu’il était déçu au point d’hésiter à poursuivre.
Il avait commencé plein d’enthousiasme, et là, il était déçu.
Ces phrases qui reflétaient son état d’esprit du moment, il les a reproduites sur son site.
Au point que ses textes ne parlaient plus que de son ressentiment.
Jusqu’au jour où il a posé un ultimatum: s’il ne voyait pas arriver une vague de réactions, il arrêtait.
Le lire était devenu douloureux: il se battait contre un mur… de silence.
Le compteur de son blog continuait à grossir tranquillement, mais aucun commentaire n’apparaissait.
Quand je suis retournée sur son site, il avait disparu.
Il avait jeté l’éponge.

J’ai beaucoup appris de  l’expérience de ce blogueur.
Ecriplume a grandi, a pris un autre chemin par rapport à sa vocation première.
J’ai marqué ce pas en changeant d’hébergeur, en achetant un nom de domaine.
Pour moi, c’est ce jour-là que le site a réellement pris vie sous son aspect actuel.
Et je le dois beaucoup à celui que j’appelle le bon ange d’Ecriplume, cet informaticien belge qui m’a aidée à le réaliser depuis la Belgique, sans que nous ne nous soyons jamais rencontrés.
Beaucoup aussi à mon Capitaine qui a « déménagé » mes textes d’un site à l’autre.
C’était en 2012.
Jusqu’alors, dans sa première vie, le blog avait reçu environ 300 000 visites.
Dès qu’il a déménagé, tout a changé.
Le temps qu’il soit bien répertorié… et il s’est engagé dans une nouvelle dynamique.

Au fil du temps, ce petit « chez moi » virtuel a changé, a trouvé ses marques.
Etrangement, c’est dès que j’ai commencé à écrire réellement « pour moi » que les lecteurs ont afflué.

Ces cinq ans m’ont permis d’apprendre beaucoup sur l’art et la manière de tenir un blog non mercantile.
Ecriplume m’apporte un nombre de choses dont peu de personnes ont idée.
Car derrière les textes quotidiens grouille un monde de contacts humains et d’expériences magiques.
J’ai compris depuis longtemps que le secret de la durée d’un blogueur qui n’écrit pas pour être payé, c’est… le plaisir.
Celui qu’il a en vivant cette aventure, et celui qu’il espère donner à ses lecteurs.

Martine Bernier 

 

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