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J’ai toujours aimé la poésie.
Rimbaud, Verlaine, Aragon, Prévert, de Nerval, Baudelaire, Neruda et tant d’autres.
Mais il en est un, très ancien, qui a laissé un poème qui me trotte toujours dans la tête.
Rutebeuf est un poète du Moyen Age.
Il serait né vers 1230 et mort vers 1285.
Il devait être clerc, pense-t-on, et jongleur à ses heures.
Mais il se sont ses talents de poète qui font que j’en parle encore aujourd’hui.
Les poètes du Moyen Age m’ont toujours troublée.
Celui-ci m’a envoûtée.
J’ai étudié ce poème alors que j’avais une quinzaine d’années.
Je le relisais le soir, enchantée par ses mots, par sa sensibilité.
Par la suite, j’ai découvert qu’il avait été mis en musique par plusieurs chanteur.
C’est la version d’Hugues Aufray que j’ai le plus aimée.
Sa voix éraillée épousait le texte sans avoir besoin de forcer la mise en scène, le côté théâtral.
Ce matin, il fait ce que j’appelle « un temps à la Rutebeuf ».
Un temps grisouille où tout semble figé.
Un temps qui peut pousser à écrire des vers nostalgique.
Je vous offre ce poème que je trouve  si beau, ainsi que la version chantée par Hugues Aufray.

Martine Bernier

 

La Complainte de Rutebeuf

Que sont mes amis devenus
Que j’avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L’amour est morte

Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta
Avec le temps qu’arbre défeuille
Quand il ne reste en branche feuille
Qui n’aille à terre
Avec pauvreté qui m’atterre
Qui de partout me fait la guerre
Oh vent d’hiver
Ne convient pas que vous raconte
Comment je me suis mis à honte
En quelle manière

Que sont mes amis devenus
Que j’avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L’amour est morte
Le mal ne sait pas seul venir
Tout ce qui m’était à venir
M’est avenu

Pauvre sens et pauvre mémoire
M’a Dieu donné le Roi de gloire
Et pauvre rente
Et droit sur moi quand bise vente
Le vent me vient
Le vent m’évente
L’amour est morte
Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta
Les emporta…

 

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