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Si son nom ne vous dit rien, je n’en serai pas étonnée…
J’ai « rencontré » pour la première fois Madame de la Sablière alors que j’effectuais des recherches pour les besoins d’un livre.
Marguerite Hessein  (1636 – 1693) était, fille d’un riche  banquier, devenue Madame de la Sablière par son mariage, ce que l’on appelle une salonnière.
Dans son salon, à la Folie-Rambouillet, elle recevait le gratin de la société française de l’époque.
En 1654, la belle Marguerite avait épousé un riche financier, Antoine de Rambouillet de la Sablière, régisseur des domaines du roi.
Mais cet homme à l’esprit spirituel et cultivé aimait trop les plaisirs,  trompa son épouse et se ruina.
Une déchéance pour Marguerite qui se retrouva séparée de ses enfants, privée de ses biens et, pour un temps, enfermée dans un couvent.
En 1677, les deux époux arrivent à trouver un accord qui permit à l’épouse flouée de retrouver enfants et dot et de vivre  en toute liberté.

Avant de vivre cet épisode difficile, Marguerite recevait déjà  les plus grands noms.
Des représentant de la noblesse, de fins esprits, des écrivains, des voyageurs…
Parmi eux, pour ne citer que les plus connus: Perrault, Marie de Sévigné, Chapelle, Boileau,  Gassendi, Ninon de l’Enclos, Mme de Lafayette, Molière, le duc de Nemours, Racine… et La Fare, qui deviendra son amant.
Mme de la Sablière ne se contentait pas d’être une charmante hôtesse: elle était elle-même très instruite, connaissant les mathématiques, la physique, l’astronomie, la musique, et parlant plusieurs langues.
Elle avait aussi à coeur d’aider les autres en intervenant de manière efficace dans leurs projets ou leurs malheurs.
Elle recueillit ainsi Jean de la Fontaine chez elle pendant vingt ans, de 1673 à 1693 date de son décès.
A l’époque, l’écrivain n’a plus d’emploi.IF
Sa protectrice lui ouvrira les portes de son hôtel particulier où il rencontrera des savants et des érudits.
Dans ses vers, l’auteur parlera de Mme de la Sablière sous le nom d’Iris.
Jamais elle ne lui a retiré son amitié et son aide.
Lorsqu’elle est abandonnée par son amant, en 1680, elle décide de se consacrer aux soins des malades.
Elle déménage, mais n’oublie pas le poète pour autant.
Elle le loge dans une petit maison, non loin de la sienne et prendra soin de lui jusqu’à ce qu’elle meurt d’un cancer du sein.
La Fontaine partira alors s’installer dans la famille d’Hervart qui tenait à lui.

Cette femme belle, intelligente, cultivée et généreuse a inspiré des artistes, a aimé et a joué un rôle de mécène.
Elle mérite de ne pas être oubliée.

Martine Bernier

 

 

 

8 réponses à Marguerite Hessein de la Sablière

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