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La soirée venait de commencer.
J’étais installée dans le canapé, à lire une revue d’Art.
Installée à moitié sur mon épaule, à moitié sur un coussin, Pomme regardait les chats de la voisine vaquer à leurs occupations dans le jardin d’en face.
Quand soudain, elle a remué la queue, balayant mes cheveux au passage et jappant.
Je me suis retournée pour voir ce qui la mettait en joie.
Deux jeunes enfants passaient dans la rue, suivis à une quinzaine de mètres par leurs parents.
Pomme aime beaucoup les enfants: elle ne pouvait qu’être ravie par le spectacle.
Elle l’a été… jusqu’à ce qu’elle se mette à grogner puis à aboyer furieusement.
Un comportement tellement différent de ce qu’elle est d’habitude que j’ai à nouveau regardé.
Le plus grand des enfants, qui devait avoir quatre ou cinq ans, courait à côté de son petit frère qui, lui, ne devait pas avoir plus de deux ans.
A chaque fois qu’il passait à sa hauteur, il lui donnait une tape sur la tête.
Le petit pleurait… jusqu’au moment où, en bonne logique, il est tombé.
La scène a scandalisé mon Mogwaï qui a déserté le canapé pour foncer vers la porte d’entrée, surexcité.
Elle était visiblement prête à bondir dans la rue pour aller dire sa façon de penser au petit garçon turbulent et pour consoler le cadet.
Pomme a un côté justicier qui m’attendrit beaucoup.
Elle déteste tout ce qui ressemble à une agression.
Quand mon Capitaine me taquine par jeu pour voir sa réaction, elle s’interpose entre nous, se dresse sur ses pattes arrières et lui fait face en levant ses pattes de devant.
Un petit bouclier humain.
Elle n’essaie jamais de mordre ou d’attaquer.
Mais elle s’oppose.
Je l’ai rappelée pour qu’elle assiste à la suite de la scène.
La maman, pressant le pas, relevait son petit et le consolait tandis que le père secouait son aîné comme un prunier.
Ce geste n’a pas calmé Pomme qui trépignait derrière la vitre, filant à la porte et revenant voir si les choses étaient rentrées dans l’ordre.
Le tout a duré à peine deux ou trois minutes.
Quand la famille s’est éloignée, mon Mogwaï a quitté son poste de guet pour aller s’asseoir à côté de moi.
Je lui caressais la tête et elle me regardait, toute ébouriffée:
- Et bien toi… tu es ma mini « zorrotte »! Encore heureux que tu ne regardes pas les actualités…

Martine Bernier

 

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