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Depuis quelques mois, nos fêtes de famille se sont enrichies de la présence de deux invitées de plus: la fille de mon Capitaine, et sa petite fille.
Eya est une petite puce de 2 ans, toute frêle, dotée d’immenses  yeux foncés, d’un rire perlé, d’un charme certain, d’une énergie inépuisable et d’un solide caractère.

Ce samedi, toute la famille s’est retrouvée au Nid pour fêter les anniversaires de mars.
Plus le temps passe, plus je trouve  ces moments incroyablement riches.
Les enfants apprennent à se connaître, les petits-enfants se découvrent à un âge où les différences sont immenses entre des bambins de 7 ans, 2 ans et 6 mois.
Chacun raconte ce qu’il vit, partage ses expériences, expose ses soucis, et chaque membre de la famille s’implique…
Kim me reproche un peu d’avoir un peu moins de temps pour lui… il va falloir que je propose à ses parents de le prendre seul de temps en temps…
Et Nawee, mon adorable petit-fils, continue à être un bébé joyeux, qui ne pleure pour ainsi dire jamais.
Eya, qui n’en était qu’à sa deuxième visite au Nid, a rapidement appris à identifier chacun.
Enfant unique, elle est comme tous les enfants du monde: curieuse de tout.
Lorsque quelqu’un la contrarie, elle manifeste très bruyamment son mécontentement, seul moyen qu’elle a pour le moment de faire comprendre sa frustration.
Je le comprends…
J’adore les enfants, mais je fais partie de ceux qui estiment qu’ils  ont besoin d’être cadrés pour éviter qu’ils n’imposent une loi qui ne me plaît pas.
La situation était délicate… mon Capitaine sait comment je fonctionne, et n’ignorais pas que je m’exprimerais clairement en cas de besoin.
Je le sentais un peu inquiet.
Il fond devant cette petite souris, sait qu’il faut poser des limites, mais craignait sa réaction.
Je n’avais aucune envie de blesser la maman d’Eya, qui élève sa petite fille avec beaucoup d’amour…
Durant le repas, cette dernière a passé beaucoup de temps sous la table, à manifester à Pomme un amour débordant… qui demande à être surveillé si je ne veux pas que Pomme soit innocemment torturée.
Je suis donc intervenue doucement deux ou trois fois.
Jusqu’au moment où, empoignant la balle de Pomme, la petite l’a envoyée sur la table du repas.
Il était clair qu’il fallait mettre un frein à cette situation.
J’ai levé la voix, ai pris Eya et lui ai dit clairement que, non, elle ne pouvait pas faire cela.
Le résultat a été immédiat, tel que je l’attendais: des pleurs et une crise.

Et… c’est là qu’Eya et moi avons réellement fait connaissance.
Je l’ai relevée, lui ai dit de me regarder, et je lui ai expliqué pourquoi je ne voulais plus qu’elle fasse cela.
Je lui ai montré les verres fragiles, la table dressée, en lui montrant que tout cela cassait facilement et que la place d’une balle n’était pas sur la table.
Elle m’a écoutée, a suivi mes explications.
Le regard que nous avons échangé a été  important.
J’ai terminé en lui disant que je n’étais pas fâchée, mais que je ne voulais plus la voir faire ce genre de bêtises.
A mon « d’accord? » elle a répondu oui.
Dès cet instant, notre relation a changée.
Je me suis excusée auprès de sa maman qui était plutôt contente de mon intervention.
Et, pour le reste de la journée, Eya m’a sollicitée pour jouer.
A petites doses, je la reprenais en douceur lorsqu’elle allait trop loin avec Pomme.
Quand mes enfants sont partis, mon Capitaine et moi sommes restés seuls avec sa fille et… sa craquante petite-fille, épuisée par une journée fatigante, mais incapable de se laisser aller au sommeil.
Je lui ai proposé de lire un livre.
Et nous avons passé le reste de la journée à explorer des univers que nous n’avions pas encore découverts ensemble.
Je lui ai dit: « Toi, tu es un cas: je suis la plus sévère de la bande et c’est chez moi que tu viens! »
Et sa maman a souligné: « Mais les enfants sont rassurés par les gens qui les cadrent… »

Nous nous étions comprises.
Désormais, Eya a sa place et ses visites seront plus paisibles: elle connaît les règles… 
Elle me passionne déjà, comme chacun des autres enfants de la famille…
Le soir, mon Capitaine était heureux: la journée a été belle.

Martine Bernier

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