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Archives mensuelles : mai 2014

Photo: Michel Ancay, mai 2014

Photo: Michel Ancay, mai 2014

Hier, mon amie, la Dame de Chiboz, m’a envoyé quelques photos.
Elles ont été prise par son mari, Michel qui est l’un des hommes qui connaît le mieux la montagne, sa faune, sa flore et ses dangers.

Photo: Michel Ancay, mai 2014

Photo: Michel Ancay, mai 2014

En début de semaine, malgré le mauvais temps, il a pris son chien avec lui et a emprunté  les sentiers lui permettant d’accéder à la cabane qui est la leur, quelque part tout là-haut, sur les pentes valaisannes.
Lorsqu’ils est redescendu, il ramenait avec lui une série de photos de ceux qui sont les seigneurs mythiques de la montagne: les bouquetins.

Photo: Michel Ancay, mai 2014

Photo: Michel Ancay, mai 2014

Il sait où les trouver, connaît leurs habitudes, leur mode de vie, leurs réactions.
Nous lui devons aujourd’hui ces clichés d’une rencontre rare que la plupart d’entre nous n’aura sans doute jamais l’occasion de vivre…
C’est un magnifique cadeau…

Martine Bernier

 

Le pont de pierre

Le pont de pierre

Parce que je fais une incursion dans les contes et légendes suisses, en ce moment, j’ai très envie de vous livrer celle qui m’a le plus touchée.
Elle est liée au pont du Diable qui se trouve dans le canton d’Uri, sur la route du col du Saint-Gothard.
Ce pont enjambe les impressionnantes gorges de la Schöllenen où coule la Reuss.
L’histoire raconte qu’il y a fort longtemps, les habitants ont souhaité construire un nouveau pont, en pierre.
Mais la tâche était difficile, il leur fallait un spécialiste.
C’est alors qu’un étranger de passage se proposa pour réaliser ce travail.
Il ne voulait pas d’argent, mais posa une condition.
En échange du pont, il voulait la vie de la première personne qui emprunterait l’ouvrage.
Après un moment de réflexion, les habitants acceptèrent.
Il ne fallut que trois jours pour bâtir le fameux pont.
Mais lorsqu’il fut terminé, réalisant que leur ingénieur était le Diable, personne ne voulu traverser l’ouvrage de pierre.
Mais à quoi sert un pont s’il n’est pas utilisable?
Il fallait trouver une solution!
L’un des habitants eu une idée.
Le lendemain, sous les yeux du village réuni, un bouc fut envoyé pour traverser le pont.
Le Diable, qui n’a décidément aucun humour, rentra dans une rage folle.
Furieux, il arracha un énorme rocher de la montagne pour le jeter sur le pont, le détruire, et punir ainsi les Uranais.
Par chance, il manquait autant d’adresse que d’humour: il manqua sa cible.
On n’entendit plus jamais parler du Diable, mais le bloc de pierre, lui, est toujours visible près de Göschenen où il a été naturellement surnommé « La Pierre du Diable ».

La pierre du Diable

La pierre du Diable

Pour la petite histoire cette pierre de 20’000 tonnes et de 12 mètres de haut a été déplacée de 127 mètres en 1977 pour laisser la place au chantier de l’autoroute du Gothard.
Une opération qui coûta la bagatelle de  300 000 francs suisses.
Mais depuis… l’histoire continue….
Certains racontent que l’augmentation du nombre d’accidents au kilomètre 16 de l’autoroute seraient due à la proximité de  la  Pierre du Diable.

 

Martine Bernier

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Je crois n’avoir jamais mis autant de temps à lire un livre…
Pas parce qu’il était ennuyeux ou mal écrit non, bien au contraire.
En deux mots, « Intrigue à Giverny » est une enquête policière menée par Pénélope, Conservatrice du Patrimoine, et nous entraîne dans l’intimité de Claude Monet.
Et c’est là que l’auteur, Adrien Goetz, m’a véritablement capturée.
Cet écrivain érudit, qui enseigne l’histoire de l’art tout en étant chercheur dans ce même domaine, mêle si bien la réalité et la fiction que chaque page de son livre ouvre un univers en soi.
Pratiquement, pour moi qui ai la fâcheuse habitude de vérifier quasiment tout ce que je lis ou entends, cela s’est traduit par une énorme prise de notes et beaucoup de temps passé à rechercher la confirmation de chaque point.
Je n’ai d’ailleurs pas terminé: il me reste beaucoup à tirer encore de cet ouvrage captivant que je vais relire.

Pour avoir beaucoup lu et étudié  la vie de  Monet, je suis comme tous ceux qui admirent l’homme et son oeuvre: je connais certaines choses sur sa vie, sa personnalité et ses tableaux.
Mais là…  
Adrien Goetz connaît tellement bien son sujet qu’il nous offre un condensé d’informations et de détails  passionnants… étroitement mélangés avec des éléments sortis tout droit de son imagination.
C’est si bien fait que même les personnages et les faits inventés pourraient avoir existé… ou sont inspirés de la réalité.
Il y a plusieurs manières de lire cet ouvrage formidable.
Soit vous vous laissez glisser au fil de l’intrigue et  terminez le livre avec le sentiment d’avoir lu un bon polars.
Soit vous êtes vous-mêmes très savants en la matière et vous saisissez dès le premier jet toutes les finesses du texte.
Soit, comme c’est mon cas, sans être experts, vous connaissez déjà certaines choses sur Monet et avez  quelques clés en main pour comprendre le travail énorme fourni par Adrien Goetz pour écrire ces pages.
Et là, vous vous laissez prendre au jeu et vérifiez chaque donnée, apprenant une foule de choses au passage en profitant de l’humour et de la finesse de l’auteur dans sa démarche.
Le professeur Goetz a alors atteint son but: non seulement il vous a divertis, mais, en prime, il vous a donné envie d’en apprendre davantage, de la manière la plus ludique qui soit.
Quel que soit le niveau de lecture choisie, l’aventure est palpitante.
Pour ma part, je suis ravie de ce livre, que mon Capitaine m’a acheté… à Giverny, dans la maison de Monet.
Et tiens… je place Adrien Goetz dans le panthéon des personnes que j’adorerais interviewer et écouter!
Je m’en voudrais d’ailleurs de ne pas préciser qu’il a écrit de nombreux ouvrages d’art très sérieux, et une quinzaine d’autres romans.

Martine Bernier

« Intrigue à Giverny » Adrien Goetz, Ed. Grasset