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Archives mensuelles : juillet 2014

De temps en temps, assez rarement, nous recevons la visite d’une tourterelle.
Elle arrive tôt matin, et commence à roucouler pendant de longues minutes, sans que nous puissions la voir.
Pomme, qui aime voir ses interlocuteurs, ne supporte pas cet oiseau fantôme dont les roulades l’énervent prodigieusement.
En début de semaine, elle m’en a fait une brillante démonstration.
Il n’était pas encore 7 heures, et  je venais de commencer à travailler.
Mon Mogwaï s’était langoureusement blotti dans son « panier du bureau », à deux mètres de moi, et terminait sa nuit.
A l’exception de quelques bruits de voitures matinales, tout était calme, tranquille.
Jusqu’au moment où le silence a été déchiré par une série de rou-rouuuu, rou-rouuuu.
Le chant paraissait très proche de nous.
Dans un premier temps, je n’y ai pas fait attention, notant juste machinalement que la tourterelle était revenue.
Mais Pomme ne l’entendait pas de cette oreille.
Bien que très consciente du fait qu’elle ne peut aboyer qu’en cas d’urgence, elle a décidé de me prévenir de la présence de l’intruse.
Mais pas en utilisant son aboiement traditionnel jouant dans le « wouaf » perçant.
Non.
Tout en restant dans son panier, elle a levé la tête, museau en l’air, et a lancé un « wou-ouuuu », qui l’a elle-même étonnée.
Elle se prenait pour un loup.
Un bichon loup au cri plutôt sourd.
Interloquée, nous nous sommes regardées, et je ne suis pas sûre que j’étais la plus étonnée des deux.
- Mais, Pomme… qu’est-ce que tu fais?

Elle m’a toisée et a ajouté un « wouf » bien distinct, mais peu sonore.
Illico, la tourterelle a répondu.
Cette fois, c’en était trop.
Mon Mogwaï a couru sur le balcon, s’est plantée sur ses pattes arrières pour prendre appui contre  le petit mur et a regardé ce qui se passait aux alentours, par l’ouverture que lui a aménagée mon Capitaine entre les fleurs et les tomates.
Rien à l’horizon, elle a repoussé un léger wouf et est revenue se coucher dignement dans son panier.
C’est le moment qu’a choisi la tourterelle pour recommencer à roucouler de plus belle.
Cette fois, comme j’avais envie de pouvoir écrire en paix, j’ai pensé mettre fin au manège en fermant la porte-fenêtre du balcon.
Mais… étrangement, les roucoulements qui nous parvenaient semblaient provenir de l’intérieur.
Inacceptable pour Pomme qui s’est levée pour faire le tour du propriétaire.
C’est en la suivant que j’ai vu qu’une fenêtre était largement ouverte au salon.
Et là, dehors, sur le rebord du toit de la voisine, j’ai aperçu la tourterelle que j’ai montrée à Pomme, très intéressée de voir enfin la « bestiole » qui émet ce chant si agaçant à ses yeux…. ou à ses oreilles.
Nous l’avons observée pendant quelques instants.
A chaque fois qu’elle roucoulait, Pomme grognait.
Vous me croirez ou non, mais lorsque nous sommes parties, la tourterelle nous a saluées de la tête.
Si.

Martine Bernier

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En 1969, un programme pour enfant débarque sur les télévisions canadienne et française.
D’origine italienne, les vedettes en sont les merveilleuses poupées de Maria Perego et Mario Gomboli.
13408320_galEt les enfants découvrent un petit bijou d’humour et de poésie en suivant les 18 épisodes proposés.

Chaperonnette est une petite fille aux grands yeux candides, entourée de personnages comme sa grand-mère ou Lupin le loup, qui ont fait fondre des milliers de petits téléspectateurs.hqdefault
Ses histoires étaient contées en chanson par un groupe de champignons musiciens disjonctés, et les décors étaient soignés, bucoliques, recréant une ambiance douce et tendre.

Si vous lisez les noms du générique, vous y retrouverez les noms de Michel Roux, Roger Carrel ou Pierre Tornade qui prêtaient leurs voix aux personnages.
Une perle… ce programme était une perle à faire redécouvrir aux tout-petits

Martine Bernier

Chaperonnette à pois

 

- C’est trop bien…

Entendre Kim, mon premier petit-fils de coeur, murmurer ces quelques mots m’a fait un plaisir fantastique, ce mardi après-midi…
J’avais pris congé pour aller fêter son anniversaire et celui de sa maman, notre Fleur d’Asie.
Mon Capitaine et moi emportions un grand sac rempli de cadeaux, et… je craignais un peu les réactions.
Au milieu d’autres paquets plus classiques, il y en avait deux dont je ne savais pas s’ils leur plairait… car il s’agissait d’objets que j’avais faits moi-même.
Pour Jee, une mlni armoire relookée pour ses bagues, avec de multiples petits tiroirs.
Pour Kim… une petite mallette en carton que j’avais transformée en valise d’aventurier remplie de trésors.
En l’ouvrant, il y a découvert du matériel qu’y a déposé mon Capitaine: un gros canif militaire multi-lames frappé aux armes de son bataillon, une boussole faisant aussi office de loupe et de règle, un carnet pour ses notes assorti d’un stylo, un mousqueton pour fixer tout cela à sa ceinture, un sifflet « vrai de vrai », etc.
Je me demandais s’il allait apprécier l’idée au milieu des jouets qu’il a l’habitude de recevoir…
Et… oui!
Je lui ai donné ce paquet en lui expliquant que c’était son premier cadeau « de grand ».
Quelques minutes plus tard, il avait fixé les objets à sa ceinture, et nous lui apprenions la manière d’utiliser le canif sans se blesser.
Mais comme Kim est un sage, il m’a glissé: « Je crois que je vais attendre d’être un peu plus grand pour m’en servir… »
En revanche, il a commencé à prendre des notes dans son carnet de naturaliste, dessinant le nid d’oiseau qui se trouve depuis peu sur le toit de la terrasse où ils habitent…
Quatre oeufs y ont éclos donnant naissance à des oisillons affamés que Yann a pris en photo depuis l’une des fenêtres de l’appartement.
Un petit bonheur que toute la famille observe avec délectation!
Alors que nous étions tous à table, avec Yann et notre petit Tanawee, Kim m’a parlé du livre présentant les métiers que je lui ai dit avoir acheté.

- Oui, il est à la maison… Quand tu viendras, nous le regarderons. Tu verras, il est assez bien fait. Les auteurs ont pris à chaque fois un milieu particulier et ont détaillé tous les métiers que l’on peut y trouver. Par exemple, si tu imagines  un hôpital, à quels métiers penses-tu?
- Heu… vendeur de choux?

Nous nous sommes tous regardés, complètement perplexes, pendant une seconde, le temps de réaliser pourquoi il me disait cela.
Lorsque sa maman s’est retrouvée à la maternité après avoir donné naissance à son petit frère, l’an passé, les infirmières lui donnaient des feuilles de chou à poser sur sa poitrine pour la soulager.
Une pratique utilisée auprès de toutes les jeunes mamans de cet hôpital, et, semble-t-il, très efficace.
Sa réponse avait un sens…

A chacune de nos visites, je découvre les progrès de Nawee, mon petit-fils qui aura bientôt dix mois.
Bébé très aimé, il est visiblement heureux et beau comme les chérubins des toiles des plus grands peintres de la Renaissance .
Je suis fascinée de voir son intelligence se développer à travers tout ce qu’il fait.
Assis dans sa chaise, il n’arrivait pas à prendre le quignon de pain que sa maman lui avait déposé.
Il a donc mis au point une tactique qu’il a désormais bien rodée: il se jette en arrière, contre son dossier, conscient que chaque secousse fait bouger le plateau de sa chaise et descendre le pain qu’il n’a plus qu’à cueillir lorsqu’il arrive à sa hauteur.
Un peu plus tard, alors que je jouais au Stratégo Junior avec son grand frère et que nous avions tiré son parc plus près de nous, il a manifesté sa frustration de ne pas pouvoir jouer avec nous en faisant mine de pleurer.
J’ai pris un « bourriquet », l’ai fait tourner devant lui, et ai improvisé une petite chanson expliquant que Bourriquet n’aimait pas voir les bébés pleurer.
Tanawee a posé son visage contre son bras, fixant sur moi ses grands yeux et… il a souri.
Un sourire à faire fondre ce qui nous reste de banquise.
A chaque fois qu’il faisait mine de pleurer, je recommençais mon manège, et à chaque chanson, il me gratifiait d’un sourire.
Je regardais Kim qui me demandait si éventuellement « vous ne pourriez pas rester dormir ici? »,  le regard innocent de Nawee, les supplications de Jee nous demandant de « passer sur ses hôtels » dans la partie de Monopoly que nous avons jouée tous ensemble, la bonne humeur de Yann qui se piquait au jeu, Pomme qui dormait entre moi et Celui qui m’accompagne… et le petit paquet bien emballé que mon Capitaine avait mêlé aux cadeaux à mon intention: un carnet paperblanks reproduisant sur sa couverture des extraits d’écrits de Léonard de Vinci.
Des moments de bonheur pur…

Martine Bernier