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IMG_0100 copieChine est l’une de mes quatre petites poules Pékin, celle qui jusqu’ici, a toujours été la cheffe du clan.
Depuis quelques jours pourtant, elle perd du poids et a adopté un mode de vie qui ne correspond absolument pas à ses habitudes.
Tout a commencé le week-end dernier, lorsque j’ai réalisé qu’après avoir pondu son oeuf quasi quotidien, elle ne quittait pas le nid.
Ce qui contrariait visiblement les trois autres qui venaient vérifier seules ou en groupes si elle consentait à sortir pour prendre sa place, exprimant  vigoureusement leur désapprobation de la voir squatter les lieux.
Il y a quatre couvoirs dans le poulailler, mais les quatre poulettes snobent les trois autres.
Elles veulent pondre dans celui-là, et pas ailleurs!
Lorsque j’ai réalisé que la scène se reproduisait et que Chine refusait de quitter le nid alors que j’en avait ôté les oeufs, je me suis inquiétée.
Et j’ai cherché dans la littérature consacrée à l’élevage ce que les experts disent de ce genre de phénomène.
J’ai découvert qu’il s’agissait d’une « découvaison ».
Le processus hormonal de la poule se « grippe » et elle se met en mode couveuse, même si elle n’a aucun oeuf à chouchouter.
Elle est alors prise d’une fièvre persistante, maigrit, dépérit … bref: il fallait réagir.
J’ai donc cherché les solutions.
Et j’avoue que j’ai été un peu choquée par certaines de celles proposées sur Internet.
Finalement, après m’être procuré une petite brochure sur le sujet, j’ai expliqué à mon Capitaine que la solution la plus respectueuse de la poule et, semble-t-il, la plus efficace était de l’isoler dans un petit enclos provisoire.
L’éloigner du nid durant trois à cinq jours devrait permettre à son rythme hormonal de retrouver son équilibre.
Nous avons donc été chercher le nécessaire pour installer Chichi dans un bel enclos herbeux que lui a installé mon Capitaine, à l’ombre des grands arbres.
Seulement voilà…
Elle n’a pas vu la chose d’un très bon oeil.
Peu de temps après qu’elle y soit installée, j’ai entendu du remue-ménage et j’ai vu mon Capitaine se présenter à la porte-fenêtre de mon bureau:
- Tu as vu ce qu’elle a fait?
- Non?
- Elle s’est échappée et je l’ai récupérée à côté de ton bureau! Là je l’ai remise dans son enclos…

Un quart d’heure plus tard, c’est moi qui retrouvais ma petite poule là où elle n’aurait en principe pas dû se trouver.
Elle avait volé hors de l’enclos pourtant bien haut et avait traversé le jardin pour rejoindre ses copines.
Je l’ai retrouvée derrière la porte de l’enclos « communautaire ».
Elle m’a brisé le coeur…
Je l’ai approchée doucement sans qu’elle cherche à s’enfuir, et lui ai ouvert la porte.
Et bien sûr… elle a couru vers le poulailler dans la ferme intention de retourner couver.
Comme toutes les poules avaient pondu pour la journée, j’ai interdit l’accès au poulailler jusqu’au soir, contraignant ma pauvre Chine à sortir et à s’alimenter, ce qu’elle a fait avec enthousiasme.
Mais pourquoi ne pas la laisser tranquille, tout simplement, me direz-vous?
Pour plusieurs raisons:  la poule s’affaiblit lors de ces jours où elle couve dans le vide (elle ne sort plus et ne mange plus), les autres occupantes sont stressées de ne plus avoir accès au couvoir pour y pondre, et la présence constante de la poule risque d’entraîner la présence nombreux parasites.
Après longue réflexion, j’ai donc opté pour une solution alternative.
Je la laisse dans l’enclos en allant la déloger du couvoir très souvent dans la journée  pour la forcer à vivre plus ou moins normalement, mais je lui en laisse l’accès lorsqu’il n’est pas occupé.
Et je croise les doigts pour que les choses rentrent dans l’ordre d’elles-mêmes.
Lorsque je la pose dans l’enclos et que je vais me poser devant le poulailler pour la décourager à y entrer, nous nous toisons d’un bout à l’autre de l’enclos et un petit jeu s’établit entre nous au cours duquel elle tente par tous les moyens d’arriver à ses fins.
Et moi… je reste là de longs moments, l’orientant en douceur loin du lieu convoité.
Me voilà transformée en pion pour poules, avec spécialisation « surveillante de récré »!

 

Martine Bernier

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