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Samedi.
La journée est chaude…
Dans le royaume de mes quatre poulettes, la vie se déroule entre bronzette et farniente à l’ombre des grands arbres.
Comme d’habitude depuis maintenant près de 15 jours, Chine continue à couver… un oeuf invisible.
Après avoir suivi à la lettre les conseils des spécialistes qui préconisaient de construire un enclos pour l’isoler sans lui offrir la moindre possibilité de couver, nous avons renoncé.
Elle s’en échappait pour retrouver les autres en volant par-dessus la clôture.
Impossible également de fermer le poulailler dans la journée: les autres poules ont  besoin d’y accéder pour pondre.
Finalement, j’ai appliqué une autre méthode, faisant désormais partie de ceux qui laissent faire la nature.
Enfin pas tout à fait.
Car si je la laissais suivre son instinct, Chine ne quitterait jamais son couvoir et ne s’alimenterait plus.
Donc, chaque matin et deux autres fois dans la journée, je la porte pour la poser parmi les autres lors des repas.
Elle mange, file se dérouiller les pattes en traversant l’enclos comme un bolide, en profite au passage pour tenter de piquer Kaki qui reste sa bête noire mais dont je suis le garde du corps attitré.
Puis elle regagne le poulailler et se blottit dans le pondoir préféré des Quatre Grâces.
Je l’en déloge à chaque fois pour la déposer dans son couvoir… jusqu’à ma prochaine visite.

Samedi, je venais d’accomplir toutes ces petites tâches pour la enième fois de la journée et j’étais rentrée depuis un quart d’heure lorsque la pluie a commencé à tomber.
Il pleuvait dru, l’orage approchait: il était temps d’aller mettre mes Boulettes à l’abri pour la nuit.
Je suis sortie sans prendre la précaution d’enfiler une veste.
J’ai facilement pu rentrer Kaki et Praline, mais j’ai réalisé que, si Chine n’avait pas bougé de son couvoir, Plume, elle, avait disparu.
Et me voilà sous la pluie, à appeler ma petite poule qui, au bout d’un moment, a consenti à me répondre.
Elle est sortie de sa cachette, s’est dirigée vers moi, a réalisé que la pluie, ça mouille… et a filé en courant s’abriter dans la « résidence d’été » que mon Capitaine a construite à leur intention.
– Plume! Viens! Il faut rentrer!
Protégée par le petit toit et les pattes au sec, elle m’a regardée avec intérêt sans bouger d’un pouce.
J’ai donc affronté l’averse pour essayer de la déloger, ce que je n’ai évidemment pas réussi à faire.
Le problème, c’est que je commençais à être trempée jusqu’aux os.
J’ai donc quitté les lieux en lui disant que je reviendrais plus tard, et je suis partie rejoindre Pomme qui m’attendait à la porte de la véranda, ne perdant pas une miette de mes activités aquatiques.

Un autre quart d’heure a passé…
Je m’en voulais d’avoir lâchement abandonné Plume sous la pluie ou presque.
Cette fois, j’ai pris une veste et je suis partie directement vers la maisonnette pour essayer de la convaincre.
Elle n’y était plus.
Toujours sous la pluie et l’orage, j’ai fouillé tous les recoins de l’enclos… et il est grand!
Rien…
En désespoir de cause, trempée, échevelée, je suis retournée au poulailler… pour constater que mes quatre protégées s’y trouvaient!
J’ai fermé la porte et suis retournée au sec, jurant, mais un peu tard, qu’on ne m’y reprendrait plus!

Quoique…

Martine Bernier

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