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La Bretagne n’a pas fini de me surprendre…
Grâce à une chaîne de personnes par qui a transité cette information et qui m’est finalement arrivée, j’ai découvert tout récemment que le long de la côte rocheuse de Saint-Malo, en direction de Cancale, se trouve un lieu très insolite.
Rothéneuf est connu grâce à l’abbé Fouré qui y a sculpté la roche, lui attribuant des formes humaines inattendues.
Réalisées entre la fin du 19e et le début du 20e siècle, ces sculptures monumentales relèvent de l’art brut et représentent des gargouilles médiévales, des créatures extraordinaires et des visages grimaçants.

Mais qui était leur créateur, cet homme d’église né Adolphe Julien Fouéré, qui deviendra l’abbé Fouré?i.img
Ce prêtre ordonné en 1863 a exercé son ministère à Paimpont, puis à Guipry, Maxent, et Langouët.
L’abbé souffrait de gros problèmes auditifs assez handicapants.
En 1894, malgré une pétition de ses paroissiens, il est contraint d’abandonner son poste de recteur.

C’est à cette époque qu’il se retire à Rothéneuf où il exercera une fonction de prêtre ordinaire.
Et c’est là également qu’il va commencer à ciseler au marteau et au burin les rochers de granit qui surplombent la mer.
i-1.imgDevenu pratiquement sourd, il aura tendance à se replier sur lui-même, consacrant treize ou quatorze ans de sa vie à créer ce qui restera son oeuvre.

Si les uns affirment qu’il se serait inspiré pour ses statues d’une famille locale de pirates du 16e siècle, les Rothéneuf, d’autres, beaucoup plus nombreux y reconnaissent les visages de personnalités connues, comme Jacques Cartier.

Il sculptera également des saints bretons légendaires jusqu’en 1907 où le malheureux abbé vivra une tragédie.
Il sera victime d’une attaque cérébrale qui le laissera  muet et paralysé, devra renoncer à son activité de sculpteur et ne quittera plus son fauteuil roulant jusqu’à son décès, trois ans plus tard.
Mais il laisse derrière lui un jardin de pierre d’une superficie de 500 mètres carrés visité chaque année par de nombreux visiteurs.

Merci à Monique et à Louis, en Belgique, ainsi qu’à André, au Canada, qui m’ont fait découvrir ce patrimoine breton étonnant!

Martine Bernier

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