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Dimanche soir.

Après une journée bien remplie, je me rends au poulailler pour rentrer mes protégées pour la nuit.
Comme d’habitude, je commence par les Quatre Grâces.
Lorsqu’elles rentrent, il ne faut en général que quelques secondes pour qu’elles soient suivies par les trois plus jeunes.
Je file donc au fin fond de l’enclos pour les prier de regagner leurs appartements, accompagnée par Kiwi qui a pris l’habitude de me suivre partout.
Lorsqu’elle a envie que je la prenne, elle se perche sur mes chaussures, m’empêchant d’avancer.
Nous avons donc un rituel.
Je la prends dans mes bras.
Soit elle s’y blottit et je la caresse longuement en lui parlant, soit elle se perche sur mon bras et je la repose sur le sol en douceur.
Ce soir-là, elle était d’humeur câline.
J’ai donc été chercher mes Boulettes avec ma belle Hollandaise dans les bras.
Kaki, qui reste la plus tendre de mes Pékin, a aussitôt fait preuve de bonne volonté et est partie vers le poulailler tandis que j’allais chercher ses copines.
Mais bizarrement,  elle est revenue en courant, chose qu’elle ne fait jamais.
Idem pour Plume.
Curieuse de voir ce qui les avait fait changer d’avis, j’ai suivi Chine qui marchait à son tour vers l’entrée.
Et là, j’ai assisté à une scène loufoque.
Neige, mon Hollandaise blanche, faisait les cent pas devant la porte ouverte, se découvrant une vocation de soldat en faction.
A chaque poule qui se présentait pour entrer, elle opposait une résistance farouche, la piquant pour bien lui montrer qu’elle ne plaisantait pas.
On ne rentre pas sans laisser-passer!
Après avoir vu Chine filer en piaillant d’indignation, elle qui est la reine du poulailler, je me suis adressée à ma terreur blanche:

Mais… qu’est-ce que tu me fais, toi? Voyoute!

J’ai posé Kiwi sur le sol et j’ai réglé le problème en kidnappant la rebelle.
Elle s’est laissée faire et est restée dans mes bras tandis que je faisais rentrer le reste de la troupe.
J’ai ensuite posé délicatement ma prisonnière sur un perchoir en lui recommandant de rester sage.
Quand tout le monde a été calme, je suis partie en me demandant pourquoi il faut toujours qu’il y ait un cerbère dans les cours de récréation…

Martine Bernier

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