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Il m’a fallu des semaines pour m’y résoudre, mais la décision s’est imposée d’elle-même: jeudi notre dernier couple de canards a déménagé et a été accueilli chez nos amis qui avaient déjà pris les deux premiers mâles.
Au poulailler, la situation n’était plus gérable pour nos poules, constamment attaquées par le canard en grande forme.
Elles vivaient donc perchées sur le puits et ne déambulaient plus.
Dans les abreuvoirs, l’eau fraîche qui était mise à disposition étaient remplie de terre un quart d’heure après avoir été déposée, transformée en pâte à modeler par nos canards dont les becs agissaient à la manière de pelleteuses dans le sol.
Les poules dépérissaient, l’harmonie avait disparu du poulailler et je vivais dans l’angoisse permanente que l’une d’entre elles subisse le même sort que Praline, retrouvée morte un matin.
Dès que les canards ont quitté l’enclos pour se rendre dans leur nouveau domicile, l’harmonie est revenue comme par magie au poulailler: plus de stress, plus d’agressivité, plus d’excitation, mais un grand calme…
Les poules ont recommencé à se balader, à picorer, à boire…
En revanche, étrangement, elles forment désormais deux groupes distincts, ce qui n’était encore jamais arrivé.
D’un côté les cinq Pékins, Chine, Bulle, Tina, Kaki et Kiki. 
De l’autre, les deux Hollandaises, Lune et Kiwi, la Padoue, Canelle, et la poule de Soie, Mousse.
Ce petit monde vit sa vie beaucoup plus sereinement, sans heurt.
Même si j’ai très mal au coeur de ne pas avoir pu maintenir une ambiance paisible entre poules et canards, je réalise  qu’en présence de certains comportements, il n’y a pas d’autres solutions que d’éloigner les sujets trop perturbateurs…
Ce qui m’interpelle, c’est que certains canards d’autres races s’entendent très bien avec les poules.
Et parmi eux… les coureurs indiens!
Hélas pour nous, nos canards n’étaient pas de purs coureurs indiens comme on nous l’avait annoncé, mais des croisements avec des colverts, ce qui explique peut-être la situation…

Martine Péters

 

 

Kali vit avec nous depuis quatre mois… et nous étonne encore, Pomme y compris.
Cette dernière, depuis qu’elle est bébé, a toujours mangé de manière très délicate. 
Elle prend une croquette, s’en va la déguster ailleurs, revient en prendre une autre etc.
Kali a une autre méthode.
Il y a deux ou trois jours, je la vois arriver au salon les joues gonflées.
Le temps que je me demande ce qui lui arrivait, et elle vidait ses bajoues, semant sur le sol un paquet de croquettes qu’elle a croquées à côté de son panier, reproduisant une scène de festin de la Rome Antique.
Elle a reproduit la même scène deux ou trois fois et, depuis, est devenue coutumière du fait.
Je n’ai pas adopté un bichon mais un hamster géant.

Martine Péters

 

Ce mardi soir avait lieu le premier atelier d’écriture  que je devais proposer aux enfants du centre périscolaire de la ville située à cinq kilomètres de chez nous.
Sans nouvelles depuis plusieurs semaines, j’ignorais s’il y avait des inscriptions et, si oui, quel âge avaient les enfants.
J’avais donc imaginé le pire… et c’était lui qui m’attendait!
Comme le thème adopté pour les activités avait changé par rapport au précédent pour lequel j’avais préparé mon atelier,  j’avais donc dû recommencer ma préparation
Je ne l’ai terminée que très peu de temps avant le Jour J, et l’organisatrice n’a pas pu présenter en détail le contenu de l’atelier aux enfants.
Personne ne me connaît pour le moment dans ce nouvel environnement, mon travail y est inconnu lui aussi, et j’avais conscience que ce n’était qu’en créant le contact avec les enfants que j’arriverais peu à peu à les entraîner dans mon univers… s’ils voulaient bien m’y accompagner.
Lorsque je suis arrivée, quatre enfants de 8 à 11 ans étaient attablés et prenaient leur goûter. 
D’emblée, j’ai été avertie: ils n’étaient pas inscrits et n’avaient bien sûr aucune obligation de le faire.
A moi de leur expliquer ce que je leur proposais et de voir si cela pouvait les intéresser.
Rires nerveux, regards en coin: l’accueil était… frais.
Je les ai laissé goûter en paix, puis j’ai rapproché ma chaise de la table.
Ils avaient décidé de me donner leur point de vue, ce qu’ils n’ont pas manqué de faire:
–  L’écriture on n’aime pas ça, ça ne nous intéresse pas. On n’a pas envie d’écrire.
Cela avait le mérite d’être clair et m’a fait sourire sous mon masque…
– Ca tombe bien, ce n’est pas ce que je veux faire avec vous.
Ma déclaration les a surpris et ils ont voulu en savoir plus. Je leur ai demandé s’ils avaient de l’imagination, s’ils aimaient les défis, les nouvelles aventures, la créativité…
Ils ont répondu oui à chaque question, commençant à être intéressés.
– Dans ce cas, vous pouvez aimer ce que je vous propose: écrire le scénario d’un film court, imaginer les dialogues et l’histoire, en faire le story-board… et tourner le film que je diffuserais éventuellement ensuite sur mon site internet si vos parents sont d’accord. 

En un instant, l’ambiance a radicalement changé.
Ils m’ont bombardée de questions…
J’ai commencé à les interroger sur leurs goûts en matière de films, puis sur leur personnalité, et je leur ai proposé de partir sur l’histoire d’une bande de quatre copains auxquels il va arriver une aventure tout à fait étonnante…
L’heure qui a suivi a été d’une richesse incroyable…
Nous avons travaillé sur le début de l’histoire, sur le lieu où elle allait se dérouler.
Je les guidais et ils fonçaient…
A la fin de notre rencontre, je leur ai demandé s’ils avaient envie que je revienne et s’ils souhaitaient continuer l’atelier.
Ils étaient enthousiastes… 
Chacun a reçu un petit cahier qu’ils ont commencé à décorer en imaginant le décor d’Halloween qui marquera le début de l’histoire.
Je leur ai expliqué le principe du Carnet des Délires, qui me suit dans l’écriture de chacun de mes ouvrages, et ils se sont approprié le leur à toute vitesse.
Ils ont décidé de se voir à la récré le lendemain matin pour discuter de notre projet.
Je verrai mardi prochain s’ils tiennent parole…
De mon côté, je leur réserve quelques surprises!

En retrouvant mon Capitaine, j’étais soulagée.
Je n’étais pas passée loin du naufrage!
Dans les jours à venir, l’histoire de ces ateliers d’écriture sera racontée sur le site de ma maison d’édition 
Si le  coeur vous en dit!


Martine Péters