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Dans les conversations que je partage avec Eya, il y a toujours un moment où nous parlons de mes poules.
Pas longtemps.
Juste quelques phrases.
Cette semaine, alors qu’elle était de passage avec sa maman, je lui confie que, si tout se passe comme prévu, deux petites poules hollandaises viendront rejoindre l’enclos à la période de Pâques.
Je lui explique pourquoi j’ai pris cette décision et j’ajoute:
– Tout est prêt pour leur arrivée, en espérant que tout se passe bien. Je leur ai même choisi leurs noms.
– Tu vas les appeler comment?
– Lilas et Sidonie.
– Et pourquoi pas Eya et Lou?

Son prénom et celui de sa petite soeur.
– Mmmm… non. Je risquerais de tout mélanger! Mais si tu veux, je peux commencer à t’appeler Sidonie? Dans l’autre sens ça marche aussi!

Un rire perlé m’a répondu.

Martine Péters 

Comme je l’ai déjà dit, au fil du temps, j’ai appris à connaître et à aimer les deux petites poules Pékin que m’a confié mon fils lorsqu’il a dû s’en séparer.
Tina et Kaki, rebaptisée Kiki vu que j’avais déjà donné ce nom à l’une de mes poules.
Comme je l’avais pressenti, je me suis très vite attaché à elles.
Ce sont elles les poules… et c’est moi qui les couve!
Aujourd’hui, les relations entre Kiki et mes autres protégées se sont apaisées.
Elle reste cependant très prudente, voire effarouchée au moment des repas.
Elle est respectueuse de chaque autre poule, mais celles-ci s’en méfient… peut-être parce qu’elles savent qu’elle était cheffe de son clan lorsqu’elle était en Suisse.
Sait-on jamais: elle pourrait fomenter un puch!
Cette belle poule grise a très vite appris que j’étais là pour elle, et n’hésite pas à courir vers moi dès qu’elle en a besoin.
Je peux désormais l’approcher et la porter sans souci.
Tina, elle est à l’aise avec tout le monde.
 Bonne pâte, elle a un caractère en or et une particularité qui m’amuse énormément.
Matin et soir, je la prends dans mes bras pour sortir et entrer du poulailler.
Comme, en hiver, un  petit radiateur occupe la place centrale en hiver, mes poules ont un peu plus de difficultés à aller et venir.
Comme j’avais pris l’habitude de porter Kiwi, qui souffre d’une patte, sur son perchoir, j’ai fini par faire pareil avec chacune d’elles.
Lorsque je prends Tina, c’est immanquable: elle entame la conversation, comme le faisait Plume.
Des petits « côôôt » intéressés et tranquilles, dépourvus de toute crainte.
Et bien sûr, je lui réponds, ce qui provoque illico une autre « question » de sa part.
Nous prenons mutuellement de nos nouvelles.
Cela peut durer très longtemps… en général, elle n’arrête de parler que lorsque je l’ai délicatement posée sur un perchoir ou une plate-forme.
Et je découvre qu’il en est pour les poules comme pour les humains: certaines ont l’art de transformer le quotidien en succession de moments très doux…

Martine Péters



 

Le Bibliomane (1897) de Frank Kuka

Frank Kupka a été le premier artiste à proposer au public une peinture abstraite, en 1912.
Je n’étais pas particulièrement touchée par son travail, lorsque, en 2018, le Grand Palais, à Paris, lui a consacré une exposition.
C’est ainsi que j’ai découvert ce tableau, qu’il a peint en 1897.
Jusqu’alors, je ne connaissais pas les oeuvres qu’il avait pu réaliser avant de devenir l’un des pionniers de l’abstraction, comme le soulignait le titre de l’exposition.
J’ai eu un coup de coeur pour la représentation de ce jeune homme observé sans qu’il le sache alors qu’il est plongé dans sa lecture.
Il semble s’être retiré à l’abri du monde, dans une bulle de verdure, et plus rien n’existe que cette lecture qui semble l’absorber…
Il ne voit même pas ces trois Grâces froufroutantes qui respirent la joie de vivre et s’amusent de son sérieux. 
D’un côté le contemplatif, et de l’autre les jeunes femmes pleines de vie éclaboussées de soleil.
Selon le dossier pédagogique qui avait été réalisé pour l’exposition, le peintre avait confié ceci à propos de son tableau:

« L’imbécile rat de bibliothèque dont j’avais si longtemps joué le rôle est assis sous un arbre, au milieu de la nature ensoleillée, à se casser la tête selon mon habitude. Les trois jeunes filles, qui l’épient à travers le feuillage sont censées représenter la vie, telle qu’elle doit être vécue dans la pratique, ce dont j’étais bien incapable.»

L’exemple type que certains peintres utilisent  leur art pour exprimer ce qu’ils n’arrivent pas à formuler avec des mots…

Martine Péters