février 2018
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Aurélien

- C’est quoi, ça?
- Aaaah… ça, c’est pour toi. C’est Papino qui l’a apporté. C’est un oeuf de dinosaure. Et si nous le laissons dans l’eau pendant quelques heures, un bébé dinosaure va naître. Tu veux essayer ?
- Ouiii!

Nous prenons un verre, le remplissons d’eau, y déposons l’oeuf et, après avoir lu la notice de l’emballage, j’annonce:
- Il faudra dormir une ou deux fois avant que le bébé dinosaure ne sorte de son oeuf. Donc, il faudra bien le surveiller, mais nous avons le temps.

Cette nuit-là, Aurélien décide de dormir au salon.
A trois ans… je ne pensais pas qu’il le ferait, mais si!
C’est une aventure qu’il avait envie de vivre… alors qu’il a pourtant une chambre à disposition.
Le lendemain matin, tôt,  je le retrouve au rez-de-chaussée de la maison où il court m’annoncer:
- Viens voir, Mamitine! Le dinosaure est presque sorti!
- Déjà?
Je le suis et découvre le verre rempli non plus d’eau mais d’une matière gélatineuse dans laquelle la coquille est en effet très nettement brisée.
Entre les débris, nous voyons apparaître une forme difficilement identifiable, de couleur bleue.

- Est-ce que tu veux que nous aidions le petit dinosaure à sortir?
- Oui!

Il file chercher sa petite chaise, la pose près de l’évier de la cuisine et, ensemble nous entreprenons notre opération « naissance d’un bébé dinosaure ».
Au bout de quelques minutes, il est là et débarrassé de la matière visqueuse qui le recouvrait.
L’événement a beaucoup intéressé Aurélien…

En fin d’après-midi, Papino, qui est allé faire quelques courses, revient avec une deuxième petite boîte que nous découvrons le dimanche matin.
- Mamitine!!! C’est un oeuf!!!
- Ah oui… mais cette fois, c’est un oeuf dans lequel il y a un poussin.
- Tu le mets dans l’eau?
- Ca va être trop juste, Loulou: tu sais que papa et toi vous repartez tout à l’heure.
- Mais… tu avais dit qu’il faudrait dormir deux fois pour le bébé dinosaure, et il est venu plus vite! Alors peut-être que si je vais faire une sieste…?

Sa remarque me fait sourire…
- Je comprends l’idée, mais il faudra un peu plus de temps. Ecoute, ce n’est pas grave: l’oeuf va rester là jusqu’à ta prochaine visite, et nous le mettrons dans l’eau dès que tu reviendras. D’accord?
- Bon, d’accord… mais alors on va encore vite jouer à Flash Mc Queen?
- D’accord!

J’ai posé l’oeuf sur une bibliothèque où il attendra le retour de son futur éleveur.
A moins que je demande à mes poules de nous donner un coup de main.
Mais vu leur manque d’intérêt pour la ponte je doute qu’elles fassent de bonnes couveuses!

Martine Bernier

Alor qu’il jouait avec moi, Aurélien, 3 ans, aperçoit une petite blessure sur ma main:
- Ooooh, Mamitine! Tu as mal?
- Ouiiiiii, affreusement!
- Je vais te soigner! Où est le badaboum?

Le badaboum?
Je m’attends à une formule magique,  à une poudre de perlinpinpin… et pas du tout.
Après avoir consciencieusement fouillé dans sa valise, le petit revient avec une fiole terminée par une bille distributrice d’un produit à base d’huile essentielle.

- Montre où tu as mal?
- Ici.

Toujours aussi minutieusement, il me soigne avant de me demander si je vais mieux.

- Ah oui, nettement! Merci! Tu veux être docteur, quand tu seras grand?
- Oui, pour te soigner!
- Super!

Dans la journée, à deux autres reprises, Aurélien a estimé que mon état exigeait ses soins et a eu recours au Badaboum.
Et dans l’après-midi, alors qu’il jouait à démonter une voiture, il m’annonce:
- Moi, je vais être « garagix »!
- Mais je croyais que tu voulais être docteur?
- Oui. Aussi!

Martine Bernier

 

Venu  passer deux jours au Grand Nid avec son papa, Aurélien, 3 ans, se montre toujours plus attentif et impliqué dans chaque détail de nos vies.
Samedi matin, au petit-déjeuner, la conversation roule sur la couleur des cheveux.
Et mon Capitaine, dont l’abondante chevelure tend un peu plus vers le sel que vers le poivre, affirme, pour plaisanter:
- Non, je n’ai pas de cheveux blancs!

Aurélien fait remarquer que si, si, les siens sont blancs alors que ceux de Mamitine ne le sont pas.
Gloup.
Je ne pouvais pas le laisser croire à ce qui n’est pas.
J’ai donc expliqué:

- Ce n’est pas tout à fait vrai. Mes cheveux sont aussi blancs que ceux de Papino, mais.. je triche.
- Tu triches comment?

- Je les teins. Ca veut dire que je les « peins » en noir avec un produit, pour faire joli. Mais en-dessous, ils sont blancs. Mais je pense que je ne tarderai plus trop à arrêter de le faire. Est-ce que tu m’aimerais encore si j’avais les cheveux blancs?

Il réfléchit profondément et… :
- Non!
- Ah bon?! Je ne pourrais pas changer de couleur? Même si je mettais d’abord du gris, par exemple?
- Non! Mamitine, toi tu as les cheveux noirs!
- Et je ne peux pas changer?
- Non!

Bon.
Et bien au moins, ça a le mérite d’être clair.

                           
Martine Bernier