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Bien-être

Je reçois beaucoup de courrier et de réactions, sur Ecriplume ou à propos d’Ecriplume.
Lorsque les messages sont personnels et assortis d’une adresse e-mail, je réponds toujours.
Cette fois, le courrier que j’ai reçu ne me permettait pas de le faire.
Un oubli, sans doute, car ce message, signé Romain, était un véritable appel.
Je prends donc la voie du blog pour y répondre.
Romain a 22 ans, vit en banlieue parisienne et m’explique son désespoir de ne pas trouver de travail, son impression de voir sa vie se terminer avant d’avoir commencé.
J’ai été très touchée par ses mots…
Je ne pensais jamais parler un jour de ce que je vais parler, mais je crois qu’il est positif de le faire.
Pour tous les Romain qui pourraient en avoir besoin.

Je me suis mariée très jeune, juste après avoir quitté mon pays d’origine.
Je savais que ce mariage était une erreur.
Mais je n’avais pas d’autres choix.
Je voulais rebâtir sur les cendres de ma famille dévastée.
J’étais arrivée en Suisse en catastrophe et j’avais pris le premier travail venu.
Dans un hôtel, je jouais le rôle de Cendrillon.
Il était donc normal que personne ne me connaisse pour ce que j’étais vraiment.
Lorsque mes enfants sont nés, j’ai décidé d’accepter de « faire des heures de ménages » pour pouvoir leur offrir des extras.
Et c’est ainsi que j’ai rencontré quelqu’un qui a transformé ma vie.

Je détestais cette activité pour laquelle je n’étais absolument pas faite.
Mais j’avais la chance de me rendre chez un couple d’instituteurs qui possédaient une maison magnifique.
Lui, était plus âgé que son épouse.
J’avais à peine 22 ans, il devait avoir la cinquantaine.
Il avait congé le jour où je venais chez eux.
Passionné de jazz, fumant cigarette sur cigarette, il lisait ou bricolait pendant que je m’occupais de sa maison, puis nous ménageait une pause-café au cours de laquelle nous parlions beaucoup.
Il me racontait sa vie, me questionnait sur la mienne, me faisait découvrir le jazz contemporain.
Je l’appelait Monsieur, et il tempêtait pour que je l’appelle par son prénom.
Il était rebelle et nonchalant, avait un franc-parler que j’adorais, un esprit contestataire, un coeur d’or.
Un soir, un ami a organisé mon premier concert public suisse.
J’ai interprété mes chansons, à la guitare.
Une soirée incroyable, qui n’en finissait pas…
Il y avait du monde, beaucoup de monde.
Les personnes présentes ne voulaient pas me laisser quitter la scène.

La semaine suivante, Monsieur S. m’a raccompagnée chez moi en voiture après que j’aie fait le ménage dans sa maison.
Il s’est arrêté une cinquantaine de mètres avant ma destination, a coupé le moteur et a dit:
- Bon, on va parler! Quand allez-vous vous décider à arrêter de faire l’andouille?
- Pardon??
- Je le savais déjà, mais j’en ai eu la confirmation lors de votre concert. Vous n’êtes pas faite pour nettoyez chez les autres! Vous avez épousé un homme qui ne vous convient pas du tout. Et ne protestez pas, je le sais: je l’ai eu parmi mes élèves, je le connais bien! Il faut que vous réagissiez. Vous évoluez vers le bas, en-dessous de ce que vous êtes. Il faut que, au dernier jour de votre vie, vous soyez fière et heureuse d’avoir accompli ce que vous avez accompli.
- J’ai des enfants, et…
- Et alors?? Vous comptez faire carrière dans la maternité? Vous n’êtes pas une poule pondeuse!
- Quel travail voulez-vous que je trouve???
- Si vous vous entêtez à montrer aux autres un visage qui n’est pas le vôtre, vous ne vous en sortirez pas. Il faut qu’ils sachent que vous écrivez, que vous êtes cultivée! Il y a des choix à faire dans la vie. Moi, à votre âge, je rêvais de faire le tour du monde sur mon bateau. Mais les enfants sont arrivés et je suis resté à quai. Nous avons acheté la maison. J’ai été heureux, bien sûr, mais j’ai toujours regretté de ne pas avoir réalisé mon rêve. Maintenant, c’est trop tard. Vous, je sais bien que vous n’avez plus de parents depuis longtemps et que personne n’est là pour vous aider. Vous vous débrouillez comme un bon petit soldat, vous avez pris votre vie en mains. C’est vraiment bien, mais là, vous vous trompez de chemin. Bifurquez!
- Facile à dire!
Il m’a secouée pendant une bonne demi-heure, terminant par:
- Et ne dites pas à ma femme que je vous ai parlé, elle m’en voudrait à mort! Elle n’a pas envie de vous perdre!

Après l’avoir quitté, j’ai réfléchi.
La semaine, suivante, je lui présentais ma démission.
Il avait raison. Je voulais que mes enfants soient un jour fiers de moi.
Je voulais pouvoir l’être, moi aussi.
J’ai prospecté autour de moi et accepté le poste bénévole de secrétaire de la Commission culturelle locale.
La suite a été longue et parfois très dure.
C’est moi qui, entre autres tâches, présentait les artistes et les spectacles dans des communiqués présentés à la presse.
Un journal local a aimé ma plume et m’a engagée comme pigiste, puis un deuxième.
Et enfin un grand journal romand.
A chaque fois, ce sont eux qui sont venus me chercher.
J’ai énormément travaillé, beaucoup étudié tout ce qui m’intéressait.
Ma vie sentimentale s’est modifiée, et j’ai vécu avec un homme bon, stimulant, intelligent et loyal qui m’a permis de réaliser mes projets, comme j’ai ensuite pu l’aider à réaliser les siens.
J’ai repris le chemin de l’Ecole de Journalisme, ai passé mon diplôme, et ma vie a totalement changé.

Le chemin du bénévolat est souvent inexploré, et c’est un tort.
Il permet de se créer un réseau social, d’apprendre une foule de choses, de s’enrichir du savoir et de l’expérience des autres, de faire ses preuves.
Et, par la suite, avec un peu de chance, de voir quelqu’un vous proposer des pistes d’évolution.

J’ai revu Monsieur S. bien plus tard.
Il était en chimio, portait un bonnet pour cacher sa calvitie.
- La cigarette m’a eu. Je savais que ça arriverait. Vous savez, je lis tous vos articles. Je suis content, vous avez réussi…
- Et vous m’y avez aidée…

Je pense parfois à ses mots.
Ne pas désespérer, évoluer vers le haut, toujours vers le haut…
Romain, tout est possible.
Essayez le bénévolat.
Il vous enrichira d’une façon ou d’une autre, vous fera connaître,et vous permettra de ne pas perdre courage.
Et qui sait, peut-être vous ouvrira-t-il des portes, à vous aussi.

Martine Bernier

Delphio dit :

Bonjour,
Ce texte est important. Il m’a fait réfléchir et je l’ai fait lire à mes deux enfants ados. Tout le monde ne nait pas avec une cuillère d’argent dans la bouche. Et ça ne vous a pas empêchée de réussi dans un métier ou il est très difficile de se faire sa place. Pourtant, quand on lit le début de votre vie, on se dit que ce n’était pas gagné. Vous avez eu beaucoup de courage. Et c’est un grand espoir pour nos jeunes qui se demandent s’ils trouveront du travail dans le métier qu’ils choisissent. Le bénévolat, je n’y avais pas pensé, mais c’est une excellente idée pour se frotter au autres et au monde et pour élargir son cercle. Merci beaucoup pour ce texte. J’espère que Romain le lira et pourra se sortir de son problème.
Delphine

Dany dit :

Respect. Ce n’est pas un parcours classique, vous avez galéré. Mais c’est un exemple pour ceux qui n’y croient plus. Je connais beaucoup de gens nés dans des familles « normales » et aisées, qui n’ont suivi que des études pas très impressionnantes et qui ne travaillent que pour gagner leur croûte. Vous n’aviez rien au départ, et c’est par ce que vous avez fait que vous avez un des rares métiers qui font rêver. Ca a du être difficile, vous étiez très jeune. bravo. Et courage à Romain.

Dominique Rougier dit :

Merci aussi Martine,tu me connais un peu,beaucoup même .Tu as déjà essayé de me faire comprendre ce que tu as si bien dis à Romain et même si je suis un tout petit peu plus âgé que toi ,j’essaie d’en prendre de la graine,..pour quand je serai grand . D’ailleurs hier,quand tu as écrit cet article,je mettais sur Facebook une phrase de Steve Jobs ,…
‘Votre temps est limité, ne le gâchez pas en menant une existence qui n’est pas la vôtre.’
Steve Jobs…

ecriplume dit :

J’espère que chacun aura compris que ce n’est pas pour mettre en exergue mon propre parcours que je l’ai partiellement confié ici. Je l’ai fait, comme tu l’as réalisé, Dominique, parce que je sais que tout est possible à condition de tenir bon et de prospecter des voies qui ne sont pas les plus flagrantes…
j’avais de l’admiration pour Steve Jobs qui a beaucoup apporté. Et qui, sur la fin de sa vie, a acquis une dimension spirituelle lumineuse. Quand nos parcours peuvent contribuer à aider d’autres à avancer ou à sortir d’une impasse, ils deviennent plus utile encore. Ces voix qui nous disent un jour d’avancer, de ne pas abandonner… elles sont si précieuses. Elles nous parlent parfois directement, ou par l’intermédiaire d’un livre, d’une interview, d’un film.
Comme quoi, il est toujours utile de laisser traîner ses oreilles! :)

Pierre dit :

C’est un grand texte. Il arrive à point nommé pour moi. Vous avez eu une sacré vie, que l’on devine très difficile. Mais ce que vous en avez fait est magnifique. Merci de nous donner parfois un texte de ce genre. Ils sont utiles.

MHM dit :

Un beau parcours qu’est le vôtre. Partie de rien ou presque pour arriver là où vous en êtes. Vous avez dû pas mal galérer à vous lire mais quelle récompense ! Félicitations ! Continuez ! on aime vous lire.

Romain dit :

Je voulais vous dire merci pour ce que vous avez écrit pour moi. Votre histoire me montre que se n’est pas parce qu’on a pas toute les cartes dans son jeu au départ qu’on ne peut pas réussir. Je suis allé ce matin discuter avec l’éducateur du centre de mon quartier et je lui ai dit que je voudrais faire du bénévolat. Il me prend dans son équipe pour animer les activités des plus petits. J’espère qu’on apprendra a me connaitre et que je pourrai aller plus loin. Je vais continuer a venir sur votre blog car vous me donnez envie de voir d’autre choses. Je découvre beaucoup de choses grace à vous. Et avec ce texte vous me redonnez du courage. Merci beaucoup.
Romain

bea lescop dit :

super ton texte Martine
moi j’ai beau avoir fait des études de langues, mon grand bonheur est de me lever le matin et de savoir que mon emploi d’aide-soignante va me permettre d’etre utile a des enfants handicapés totalement dépendants d’une tierce personne
et ils me le rendent tellement bien par un sourire ou un regard
pas de mots…..mais de l’échange quand meme
et cette chance d’etre utile à quelqu’un….

ecriplume dit :

Oui, Béa… Tu as un métier essentiel, et le chemin que tu as parcouru pour y arriver est lui aussi un chemin détourné. Comme quoi… les destins… Rien n’est jamais sûr…

Lire et présenter des livres de toutes sortes est une facette de mon travail.
Des dizaines d’entre eux me passent entre les mains chaque mois.
Avec parmi eux, quelquefois, un ouvrage marquant.
C’est le cas de celui du docteur suisse Daniel Dufour:« Rebondir. Une approche créative pour surmonter les obstacles ».
Ce livre concerne et intéresse chacun d’entre nous, parce qu’il nous parle de nous, de notre santé, de nos émotions.
Il diffuse un message particulier: nous possédons tous les clés pour nous maintenir en bonne santé et pour nous relever après avoir vécu une grande crise.
Ce médecin totalement hors-norme, qui a longtemps été chirurgien de guerre, nous propose dans ce passionnant ouvrage d’utiliser les outils essentiels à notre santé. Des outils qui passent par le respect de nos émotions, le savoir inné et la pensée créatrice.
Interview.

Vous avez un parcours un peu atypique… 
Il est un peu bizarre, oui. Dès l’âge de 7 ans, j’ai su que je voulais être médecin, et je n’ai jamais dévié de cette idée, même s’il n’y avait jamais eu aucun docteur dans ma famille auparavant. J’ai suivi mes études à Genève. Elles m’ont déçu, car je n’aime pas beaucoup la théorie. Mais dès que je me suis retrouvé devant des patients, j’ai compris que c’était bien ce que je souhaitais faire.
Un jour, je suis parti  en Rhodésie, qui s’appelle aujourd’hui le Zimbabwe, pour rendre visite à un ami. Là, j’ai rencontré la guerre. J’étais chirurgien orthopédique, j’ai décidé de rester. J’ai travaillé un an là-bas. Puis je suis rentré au CICR (Comité International de la Croix-Rouge), toujours comme chirurgien de guerre. J’ai vécu dans l’urgence pendant plusieurs années, au Liban, au Pakistan, dans tous ces pays en conflit. J’ai ensuite été coordinateur médical, toujours pour le CICR. Je passais du champ opératoire à un champ d’action plus large! J’ai fait des études de médecine tropicale à Londres, puis je suis rentré en Suisse et j’ai fait ce que je pensais ne jamais faire un jour: m’installer comme médecin généraliste, en 1987.

- Face à des patients présentant des problèmes d’Occidentaux protégés des situations de guerre, n’avez-vous ressenti aucune exaspération?
Non… Cette question m’a un jour été posée par une amie alors que je rentrais du Cambodge, travaillant pour l’Ordre de Malte qui lutte contre la lèpre. Je m’étais occupé de lépreux qui vivaient au fond de la jungle cambodgienne. Heureusement, je n’ai jamais fait ce lien, cette comparaison. La souffrance appartient à chaque personne. La misère est parfois beaucoup plus grande ici, avec des personnes qui meurent seules pendant la canicule sans que personne ne le remarque. Là-bas, les lépreux souffrent et sont retirés de la communauté. Mais leurs familles leur rendent visite, leur apportent à manger.

- Vous expliquez dans votre livre que chaque maladie est liée aux événements que nous vivons. 
Oui, tout provient d’une émotion mal vécue, ou du fait que nous ne sommes pas dans le moment présent. Cela provoque différents symptômes, un déficit d’immunité. Lorsque l’on vit dans le présent, on élimine les tensions. Ne restent que celles liées à l’éducation. Nous savons que si nous sommes tristes, il faut pleurer pour évacuer cette peine. Mais l’éducation nous empêche souvent de nous autoriser à exprimer la colère, la tristesse, la joie…

- Vous estimez que nous avons tous en nous les outils pour revenir à la santé. Une personne en pleine dépression a-t-elle elle aussi cette force en elle?

Oui, mais elle va avoir le sentiment d’être culpabilisée parce que je leur dis qu’elles ont en main les clés pour se soigner. On me le reproche souvent. Je dis aux gens: « vous êtes responsables de votre mal-être, mais aussi de votre bien-être. Je n’ai pas le pouvoir de guérir, mais vous l’avez. »
Nous devons utiliser nos outils. Le passé et le futur existent. Et, si l’on est très intelligent, on utilisera le passé pour mieux construire le futur. Mais la clé de tout est de vivre dans le présent, en exprimant ses émotions.

- Vous n’infantilisez pas vos patients, au contraire, vous les responsabilisez, apportant une vision très personnelle de la pratique de la médecine. Comment êtes-vous perçu par vos collèges?
Je pense qu’ils ont pour moi une douce indifférence ou un doux mépris! Je n’en suis pas dérangé: je ne cherche pas à convaincre. La médecine traverse actuellement une grande crise car de plus en plus de gens n’y croient plus. On maintient les médecins dans une notion de pouvoir absolu. De nombreux thérapeutes font d’ailleurs la même chose: ils ont le pouvoir face à leurs patients qui sont des lilliputiens en face d’eux. Je ne suis pas d’accord avec cette façon de pratiquer la médecine. Pour moi, il s’agit d’accompagner les patients. Tout ce que j’ai appris, ce sont eux qui me l’ont enseigné. Ce terme d’accompagnement est essentiel pour moi.
Les gens sont prévenus de ce qui les attend quand ils viennent me voir. A mes yeux, il est très important d’avoir une approche globale de la personne. L’être humain n’est pas un estomac, un bras ou un coeur. C’est tout un ensemble, une multitude de composantes. Je connais bien la médecine « mécanique », que j’ai pratiquée dans l’urgence, et que je pratique toujours lorsqu’il le faut. Mais je sais aujourd’hui qu’il y a toujours une raison à une maladie ou à un accident.

- Vous allez plus loin… vous dites que, selon vous, on peut guérir chaque maladie, y compris le cancer.
Oui. Je me souviens de l’une de mes patientes qui avait un cancer de la peau. Elle se guérissait de ce cancer, et, un jour, a décidé qu’elle en avait assez et qu’elle voulait s’arrêter. Il faut aussi respecter la personne lorsqu’elle prend cette décision. L’important est d’accompagner la personne pour qu’elle vive ou meurt en paix.
Lorsque les gens viennent me voir et me disent « j’ai un cancer » ou « j’ai des sinusites à répétition », je leur demande: « Pourquoi avez-vous cela? ».
Souvent, ils me répondent. Une personne qui a un cancer évoquera tel ou tel événement qu’elle a traversé. Un événement porteur d’émotion qui n’a pas pu être vécu correctement.

- Vous pensez réellement que quelqu’un de déjà très atteint peut guérir grâce à la pensée créatrice, en s’ancrant dans le présent, en exprimant ses émotions?
Oui, je le crois. On peut toujours revenir en arrière. Je sais qu’il y a des sceptiques qui me diront que je vends de l’espoir alors qu’il n’y en a plus. Cette phrase à elle seule est terrible. Il y a toujours de l’espoir.

- Vous estimez que l’aptitude à rebondir dans la vie est une démarche très différente de la résilience. Pourquoi?
La résilience est l’adaptation de certaines personnes à leur milieu. Tout le monde n’en fait pas preuve. C’est une façon de réagir par rapport à la société, elle fait appel aux facultés d’adaptation et à ce que la société peut offrir.
L’aptitude à rebondir est le phénomène inverse. Chaque personne peut y arriver, et c’est en elle qu’elle va trouver les moyens de le faire.

Propos recueillis par Martine Bernier

- « Rebondir! Une approche créative pour surmonter les obstacles », Docteur Daniel Dufour Les Editions de l’Homme
- Le docteur Dufour donnera une conférence au MEDNAT, à Lausanne, le samedi 27 mars 2010 à 13h30
- Site Internet:http://www.oge.biz/fr/index.php

 

Je suis depuis fort longtemps sensible aux bienfaits des minéraux. Même ceux qui ne croient pas aux facultés qui leurs sont attribuées ne peuvent qu’être touchés ne fut-ce que par leur beauté, leurs couleurs, leurs formes…

Vendredi, avec mon amie Sonia, nous avions décidé d’aller en acheter quelques-uns que je souhaite offrir. Mais cette fois, pas question de nous rendre à notre adresse habituelle. Nous avons décidé d’aller chez un monsieur, Monsieur Kaufmann, dont le compagnon de Sonia nous parlait avec enthousiasme.  Et la surprise a été totale… nous sommes entrées dans la caverne d’un extraordinaire et lumineux Ali Baba aux yeux bleus.

Nous sommes arrivées dans une boutique minuscule, remplies de pierres et de géodes aussi somptueuses les unes que les autres. Une boutique pleine de charme où nous avons été reçues par un homme passionnant. Les pierres, c’est sa vie, il les connaît, les a étudiées, en parle avec la rigueur d’un spécialiste et la poésie d’un passionné. Secondé par son épouse dont le savoir des minéraux semble équivalent à celui de son mari, il nous a entraînées dans un monde fascinant…

Il sait chacune de ses pierres, leur nom, leur origine, leurs facultés, montre des trésors sans se faire prier, partage son savoir sans jamais être ennuyeux…
Il respecte les minéraux, ne les attaque pas à l’acide pour en faire de jolis cailloux polis.
Beaucoup sont bruts, purs…
Dès qu’il a appris que la plupart de ces pierres sont destinées à un enfant, notre hôte en a choisi d’autres, en relation avec les besoins spécifiques de l’enfant en question, pour les lui offrir, aussitôt rejoint par sa femme qui lui a emboîté le pas.
Autant de générosité, de connaissance et de bonté m’ont totalement sidérée.

Les magasins proposant des minéraux ne sont pas rares.
Je ne retournerai pas dans les autres, je pense.
Car ici, dans ce lieu hors du temps et hors du monde, non seulement les pierres sont reines et aimée, mais le couple est un bonheur.

Lorsque celui à qui je destine ces minéraux viendra en Suisse, j’adorerais lui présenter ces personnes et ce lieu magiques.

Martine Bernier

M. et Mme Kaufmann, 2 ruelle Verte-Rive, place Gambetta, Clarens-Montreux, Suisse
Ouvert du mardi au vendredi de 10 à 12 heures et de 14 à 18h30