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Bretagne

J’ai craqué: j’ai acheté le dernier disque de Nolwenn Leroy.
Parce que j’aime sa voix, sa musicalité, sa grâce.
Parce que je trouve émouvant de la voir partir sur les traces de ses racines, de son enfance… même si on peut imaginer que l’aspect mercantile de la démarche n’a pas dû échapper à ses producteurs.
La musique celte se vend bien, paraît-t-il.

J’aime bien son album, sa griffe.
Je vais même vous confier quelque chose.
Je l’ai acheté pour une chanson en particulier.
Celle de Jean-Michel Caradec, dont j’ai déjà parlé ici: « Ma Bretagne quand il pleut ».
Je voulais la réentendre, revisitée par la talentueuse Nolwenn.
C’est une réussite.
Le timbre velouté de la voix fait merveille sur les paroles douces et tendres du compositeur qui, décidément, manque à notre ciel.
Peut-être la version de Nolwenn donnera-t-elle envie à ceux qui ne le connaissent pas de découvrir celui qui fut l’un des plus touchants troubadours de la Terre de Sel.

La Bretagne a donné naissance à bien des talents.
Mon ami Breton me parlait de sa maison, ce matin, au fil d’un message.
Les Bretons, les vrais Bretons, ressemblent à leur musique.
Riche et mystérieuse.

Martine Bernier

Georges Delaselle était assureur à Paris lorsque, en 1896, il a été pris d’un véritable coup de foudre pour l’île de Batz, en Bretagne.
Amoureux des jardins, il réalise que l’île profite du Gulf Steam, ce courant océanique venu des tropiques.
Le climat local s’en trouve adouci, ce qui provoque une idée inattendue dans le cerveau créatif du nouveau venu: créer ici un jardin colonial.
En plein Finistère, au large de Roscoff, il fallait oser…
Il l’a fait.
Pendant dix ans, de 1898 à 1918, il sera partout à la fois, dirigeant les travaux et les plantations, modelant un cordon de dunes artificielles plantées de végétaux de protection, creusant une cuvette profonde de cinq mètres dont les bords seront travaillés en terrasses.
Il creuse tant et si bien qu’il met à jour une nécropole datant de l’Age de Bronze, dont il reste encore dix tombes visibles aujourd’hui.
Le jardin, lui, prend forme petit à petit.
En mai 1918, Georges Delaselle apprend une nouvelle qui va changer sa vie: il est atteint de tuberculose.
Pour lui, il n’y a plus de temps à perdre.
Il quitte Paris, démissionne et s’installe définitivement dans son Jardin de l’Ile de Batz.
C’est à partir de là qu’une véritable légende va prendre forme.
Georges Delaselle aimait la solitude.
Son jardin, si singulier, s’y prête.
Dans cet univers de plantes mystérieuses, encore inconnues sous nos latitudes, il crée un havre de tranquillité, magique et insolite.
Un véritable Facteur-Cheval du jardin…
Mais la maladie ronge le maître des lieux.
Il cède son paradis qui va subir trente années d’abandon, puis deux hivers glacés, en 1953 et 1965, qui feront périr de nombreuses plantes.
En 1989, il ne reste plus que 49 espèces végétales sur les 102 estimées par son créateur.
Dans les années 1990, le Conservatoire du littoral reprend le jardin et lui donne un nouveau souffle.

Aujourd’hui, entre figuiers de Barbarie, camphriers importés de Chine, dattiers venus des Canaries, 2000 essences tropicales s’épanouissent sous le ciel breton.
Monsieur Delaselle peut reposer en paix…
Et les amateurs de botanique s’en donnent à coeur joie.

Martine Bernier

Lorsque j’ai vu les images des Monts d’Arrée en feu, j’ai eu une boule dans la gorge.
500 hectares de lande brûlés… c’est un crève-coeur terrible.
Le coeur de la Bretagne bat dans ces lieux.
Là rôde l’ombre de l’Ankou, des Lavandières de la Nuit, de l’Homme Noir et de son chien…
Et c’est bien normal: nous sommes à la porte entre le monde des vivants et celui de l’Au-Delà celtique.
La lande, c’est le refuge des Korrigans et de tous ces personnages qui nourrissent les légendes de Bretagne.
Quand elle est recouverte du mauve de la bruyère et de l’or des ajoncs, elle offre un paysage d’une beauté douce et mystérieuse.
Quand le brouillard se lève, ne laissant plus percevoir que la silhouette des buissons enrobés de nuages de brume, elle est magique, mélancolique.
La lande est grouillante de vie, elle qui cache une faune très particulière avec ses oiseaux, ses hermines, ses castors et ses visons européens.

Je suis très attachée à cet endroit, comme à beaucoup d’autres en Bretagne.
Je suis profondément attachée à cette terre.

Les Monts d’Arrées sont en feu.
Que les ondes de la lande lui donne la force de se régénérer.

Martine Bernier.

Je ne pensais pas encore me retrouver à l’hôpital. C’est pourtant depuis là que j’écris ce soir. J’ai un rendez-vous important qui m’attend. Il va falloir que je retrouve la liberté vite. Très vite…