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Création

Depuis que je suis devenue grand-mère, je réalise que j’aménage ma vie en tenant compte de cette nouvelle fonction.
Des jouets ont réintégré le Nid, deux bibliothèques sont réservées aux livres d’enfants et ne cessent de grandir…
Jeune maman, je passais les trois quarts de mon temps à « bricoler » avec les enfants.
Les miens, mais aussi ceux du village où nous habitions.
J’aimais fabriquer avec eux des déguisements loufoques de robots disjonctés, des calendriers de l’Avent sous forme de villages de Noël et mille choses qu’ils réalisaient  avec moi selon leur âge.
Lorsqu’ils étaient tout petits, je leur avais confectionné un livre en tissu et des jouets maison.
Parmi eux, les marionnettes, avec lesquelles nous avons passé un temps fou à  jouer et à raconter des histoires.
J’ai toujours trouvé que celles que l’on rencontre dans les rayons des magasins sont à la fois effrayantes et laides avec leurs têtes grimaçantes en plastique.
Le Diable, la Princesse, le Roi, Guignol et le Gendarme.
Toujours les mêmes visages…

Je dois avoir un « chromosome marionnette » car j’ai eu envie de reprendre mes vieilles habitudes alors que les premiers petits-enfants de la famille sont arrivés.
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Depuis quelque temps,  je réapprovisionne ma « boîte magique ».
Une boîtes remplie de perles multicolores, de rubans, de formes en mousse…
Et j’ai repris mes « outils » pour recommencer à inventer des marionnettes douces et sympas.

Pour la première, le Professeur Hibou  Jsétout, il a fallu que je m’appuie sur un modèle trouvé sur la Toile.
Pour la deuxième, le lapin auquel je n’ai pas encore trouvé de nom, je suis partie à l’instinct.
La troisième, que je termine en ce moment, sera toute noire à l’exception d’une tache blanche et de grands yeux noisettes.
Elle représentera Pomme, qui mérite bien un hommage particulier!

Pour tout vous dire, je me soupçonne de devenir gâteuse…

Martine Bernier
 

Comme je l’ai déjà dit: cette immersion sur la Côte d’Azur a été jalonnée par de très belles rencontres.
L’une d’elles m’a particulièrement touchée.
Nous visitions le délicieux village de St Paul de Vence lorsque, au détour d’une ruelle, Celui qui m’accompagne a attiré mon attention sur une boutique très différente des autres.
C’était celle d’une artiste peintre: Joëlle Lalagüe.
Avec son travail, elle est dans l’abstraction.

Je n’ai pas pu m’en empêcher: je suis rentrée.
J’ai découvert une femme chaleureuse, au visage doux, aux mots choisis.
La conversation s’est nouée immédiatement.
J’étais très attirée par  l’ensemble de ses tableaux en général et particulièrement par un paysage intérieur bleu, traversé par une fulgurance  blanche.

Je n’ai pas pu m’empêcher de l’interroger sur son travail, sur sa vie.
Après avoir fait les Beaux-Art et avoir enseigné le dessin et l’Histoire de l’Art, elle a décidé de se consacrer à sa peinture.
Elle peint depuis 40 ans, et arrive aujourd’hui à vivre de ses oeuvres.
Celles-ci, réalisées à l’acrylique,  sont lumineuses très colorées, chaudes, bienfaisantes.
Il faut dire que la personne en question possède une vie spirituelle riche, très présente dans ses tableaux.
Elle introduit dans ses toiles des éclats poudrés  d’or et d’argent, des pierres choisies avec soin.
Chacune traduit une facette de son voyage personnel.
Chacun y voit un monde différent, sa propre  quête de l’infini, du  commencement du monde…

Lorsque j’ai terminé ma rapide interview, elle a voulu m’offrir une miniature de ses oeuvres.
J’en ai acheté plusieurs autres, qui trônent aujourd’hui dans notre salon.
Et j’espère y retourner pour « adopter » une oeuvre plus grande.

Au détour d’une ruelle, dans une charmante maison en pierre, cette belle artiste est l’un des joyaux de St Paul de Vence…

Martine Bernier

http://www.lalague.com

De Jean Cocteau, nous avons gardé les dessins, les poèmes, les pièces de théâtre…
Mais s’il fut aussi connu, c’est certainement parce qu’il est né avec, non seulement, le don des arts, mais aussi… le don de plaire.
Le « prince frivole », toujours en avance sur les modes, qu’il fume de l’opium ou qu’il revendique son homosexualité, étonnait, dérangeait, séduisait.
Né en 1889 à Maison-Lafitte, dans une famille d’agents de change, il avait l’ambition de faire un jour partie de l’aristrocratie.
Et le destin le combla…
Le 4 avril 1908, le tragédien Edouard de Max organisa une matinée poétique au Théâtre Fémina.
Le Tout-Paris s’y pressa.
La séance était consacrée aux oeuvres d’un jeune poète inconnu, Jean Cocteau.
Du jour au lendemain, il devint la nouvelle coqueluche de la haute société.
Il fréquentait, comme il l’avait souhaité, les duchesses et les gloires littéraires du moment, d’Anna de Noailles à Marcel Proust en passant par Maurice Rostand.
Brusquement, il déserta leurs cercles pour rejoindre des individus résidant à Montmartre ou Montparnasse, dont les audaces faisaient hurler.
Ils s’appelaient Picasso, Max Jacob, Igor Stravinski…
Devenu leur ami, Cocteau devint le propagandiste zélé de cet art nouveau.
Après avoir lancé les Ballets russes avec, notamment, Nijinski, il est devenu le leader d’un mouvement musical: le Groupe des Six, dont le père spirituel était Erik Satie.

Cocteau, charmant bateleur, devint un faire-valoir de premier choix.
De santé fragile, il était pourtant très actif.
Romancier, poète, dramaturge, metteur en scène de théâtre et de cinéma, acteur, critique, essayiste, créateur de décors et de costumes de théâtre, dessinateur d’affiche, de portraits, scénariste, céramiste, potier, lithographe, créateurs de modèles pour les verriers de Murano et les vitraux d’église: il touchait à tout avec talent.

Très croyant, il aimait se retirer dans les chapelles où il peignait des fresques étonnantes à la gloire de Dieu.
Et puis un jour, le 11 octobre 1963, Jean Cocteau est mort d’une crise cardiaque, deux heures après la mort de son amie Edith Piaf.

Certaines phrases qu’il nous a laissées indiquent la personnalité de cet homme hors norme.
Lui qui disait « Nous sommes le rêve d’un dormeur endormi si profondément qu’il ne sait même pas qu’il nous rêve » reste l’un des hommes clés de la première moitié du XXe siècle…

Martine Bernier