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Cuisine

Quand j’étais enfant, puis adolescente, j’ai emprunté pendant des années le même chemin pour me rendre à l’école.
Il fallait longer la chaussée sur une quinzaine de mètres, tourner à droite pour remonter une rue résidentielle, puis, arrivée au bout,  m’engager dans la rue transversale qui arrivait sur celle où se trouvait l’école.
Banal?
Non.
Juste au coin de la rue qui aboutissait à celle de l’école, se trouvait une petite épicerie.
Elle était sombre et peu attrayante…. mais elle avait une botte secrète qui la rendait irrésistible.
La marchande y vendait des parts de gâteaux, et, en particulier, un gâteau absolument délicieux dont j’ai l’impression de pouvoir retrouver la saveur dès que je repense à lui!
Seules les initiées qui avaient osé franchir un jour la porte du magasin en question savaient qu’il abritait un trésor.
Nous en parlions peu, jalouses de ce secret que nous ne voulions pas partager.
Sait-on jamais: trop de demandes auraient pu être l’amorce d’une période de disette!

Ce gâteau dont je ne connaissais pas le nom, je l’ai recherché en vain pendant longtemps.
Jusqu’à  avant-hier. coupe-bresilienne
J’effectuais une recherche afin de trouver une recette pour les besoins d’un article, lorsque, en désespoir de cause, j’ai fini par inscrire dans le moteur de recherche: gâteaux belge.
La photo de celui-ci m’a sautée aux yeux.
Ciel! MON gâteau!
Enfin si ce n’est pas lui, il lui ressemble beaucoup.
J’ai donc regardé son nom.
Après tout, jusqu’ici nous n’avions jamais été présentés.
Et j’ai appris qu’il s’agissait de La tarte brésilienne de Belgique.
Non, ce n’est pas un canular!

Le moins que l’on puisse dire, c’est que j’ai deux ou trois petites choses à faire, en ce moment.
Mais, foi de moâ, dès que la période sera plus tranquille, je sens que je vais me lancer dans une tentative pâtissière.
Hop!

Martine Bernier

 

quoi-ramener-belgique-cassonade-graeffe

Je crois que tous les Belges connaissent ce produit…
Et tous ceux avec lesquels j’ai évoqué le sujet ont à peu près la même réaction en y pensant, allant du « mmmmm! » au « miam! ».
Si vous faites partie de ceux qui n’y ont jamais goûté, je vous présente la cassonade Graeffe.
Celle que ma grand-mère maternelle nous proposait pour tartiner les crêpes ou pour ajouter aux yogourts nature.
Une saveur de mon enfance dont je raffolais et avec laquelle je n’avais plus renoué depuis… houlà… trrrrrèèèès longtemps.
Le week-end dernier, alors que nous partagions un repas avec nos jeunes amis Stéphane et Céline, nous avons abordé le sujet.
Il existe dans le canton de Vaud une fromagerie qui en vend.
Nous nous sommes un peu attardés sur le produit puis nous avons changé de sujet.

Mardi, jour de mon anniversaire, mon Capitaine m’a offert des cadeaux tout au long de la journée.
Un véritable rêve…
Le premier m’attendait sur l’assiette du petit-déjeuner.
Impossible de deviner ce que contenait le paquet en le tâtant.
J’ai ouvert et… j’avais entre les mains un kilo de ladite cassonade!!
Suivi d’une dizaine d’autres venus assurer nos réserves pour un bon moment!
O merveille!!!
Depuis, le soir, puisque, en général, je me cantonne au repas-yaourt, j’ai proposé à ma cassonade de m’accompagner dans cette « aventure culinaire ».HPIM4938
Et j’ai retrouvé le goût de ce sucre blond que j’ai toujours trouvé moins sucré que les autres, et de ses petites boules de sucre foncé qui font le charme du produit.
Les puristes vous diront qu’il ne s’agit pas d’une cassonade, mais d’une vergeoise.
Caramba!

Sur Internet se raconte l’histoire de son créateur, Karl Graeffe, né en 1818 dans une famille de drapiers allemands installés à Bruxelles.

Karl a eu huit enfants et travaillait comme employé de banque lorsque, à 40 ans, il a décidé de changer de profession en espérant assurer un train de vie plus confortable à sa famille.
Il a créé une petite usine de sucre, à une époque où l’industrie sucrière n’en était qu’à ses balbutiements.
Au bout de deux ans, ce patron très préoccupé par le sort de ses employés était au bord de la faillite.
Mais il a continué, toujours aussi proche de son personnel… a créé cette cassonade, sucre roux provenant du mélange de sucre et de mélasse, fabriquée à partir de betteraves.
Quand il s’est retiré, à l’âge de 70 ans, ses fils ont repris le flambeau.
Karl est décédé à 84 ans, renversé par une voiture alors qu’il se rendait à son usine.
Ses fils ont mené l’entreprise à son apogée, jusqu’en 1953 où elle a été rachetée par la Raffinerie Tirlemontoise qui n’a pas modifié son nom
Quant à l’enfant qui figure sur le paquet, il semblerait que personne n’ait jamais vraiment su qui il était vraiment, en dehors des concepteurs de l’emballage.

Quant à moi, depuis mardi, je renoue avec des saveurs presque oubliées, et… je me régale!

Martine Bernier

 

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« Le Tour de Gaule » est l’album d’Astérix que je préfère.
Souvenez-vous: Astérix et Obélix y lancent un défi à l’envoyé spécial de César, et entament un voyage dont ils ramènent des spécialités gastronomiques  comme preuves de leurs étapes.
Je pense souvent à ce livre quand je suis avec mon Capitaine.
Il adore faire découvrir des saveurs et des produits de son pays… comme il l’a fait hier.
Ce mercredi matin, donc, il rentre au bercail avec, dans sa besace, un curieux trophée…
Son nom: le tourteau fromager.
Je l’avais entrevu la veille lors d’un reportage sur le Salon de l’Agriculture parisien.
Après le repas de midi (une raie sublimissime cuisinée au citron…), mon professeur personnel ès Terroir et Saveurs pose devant moi le bel OVNI en question.tourteau-fromager
Un peu suspicieuse, mais curieuse de voir de quoi il s’agit, j’en accepte un morceau, craignant secrètement de découvrir une brique au fromage.

Et au lieu de cela… j’ai goûté une spécialité du Poitou très légère, moelleuse et à peine sucrée,  réalisée à base de fromage frais, de farine, et recouverte d’une fine croûte noire et lisse.
Un régal… et une étape de plus dans notre Tour de  Gaule!

 

Martine Bernier