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Destins

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Quand Disney a sorti son Peter Pan, en 1953, il a rencontré un succès immédiat, autant auprès de la critique que du public, au point d’être sélectionné pour participer au Festival de Cannes.
Mais qui savait, parmi les enfants et les parents venus découvrir le film, que le petit personnage plein de grâce devait son côté aérien et sa gouaille à deux acteurs de chair et d’os: l’enfant prodige Bobby Dristoll, et le danseur Roland Dupree?
Ce sont eux qui ont servi de doublures humaines pour le personnage de Peter, selon une tradition établie par Disney pour permettre aux dessinateur de mieux capturer les mouvements.

Bobby, né en 1937,  a été la doublure secondaire réelle de Peter, lui prêtant sa voix au passage, et son histoire montre bien combien  peut être tragique le destin des enfants stars.

Bobby Driscoll

Bobby Driscoll

Lui qui a commencé sa carrière d’acteur a 5 ans est devenu la coqueluche de Disney qui l’a fait tourner dans plusieurs films.
Mais lorsque l’enfant a grandi, il n’a plus intéressé personne.
Passer de la lumière à l’ombre n’a pas été supportable pour lui qui a cherché un réconfort dans la drogue.
Il est décédé à 31 ans, sans que personne ne s’en soucie, et fut enterré anonymement, comme un sans-abri, avant d’être identifié quelques mois plus tard grâce à ses empreintes digitales…

Roland Dupree, qui est né en 1925, et qui vit toujours, a eu un destin bien différent.
C’est à lui que Peter Pan doit son côté aérien.
Le jeune danseur n’avait pas son pareil pour investir le personnage, lui apportant une

Roland Dupree, à droite

Roland Dupree, à droite

personnalité et une vivacité jugées d’incroyables par l’équipe de tournage.
Toutes les scènes qu’il a tournées ont servi de référence pour dessiner le personnage en action.
Après cette expérience, Roland a continué à vivre de sa passion, la danse, montant le trio Dupree Trio avec deux danseuses, puis ouvrant une école de danse.
Il était déjà un jeune adulte lorsqu’il a vécu l’expérience du tournage, ce qui l’a sans doute protégé.

Martine Bernier

 

 

mailla10

Voici quelques semaines, j’ai interviewé la productrice Dominique Rappaz à propos du film qu’elle présentera le 10 mars à Martigny avec le réalisateur Raphaël Blanc au Festival Visages, de Pro Senectute.
« Les voyages extraordinaires d’Ella Maillart » sera dévoilé le 10 mars au Cinéma Casino à 18 heures, en ouverture de la manifestation.

Pourquoi ai-je été touchée par cette interview?
Parce mon interlocutrice parlait merveilleusement de son travail dont elle m’a permis de découvrir quelques images, parce que je suis allée au Kirghizistan où a été notamment tourné ce documentaire, et parce qu’il aborde une partie de la vie d’Ella Maillart…

Voyageuse, écrivaine, journaliste, photographe, grande sportive, la Suissesse Ella Maillart (1903-1997) semble avoir eu plusieurs vies.
Son existence est passionnante, son regard enrichi d’une importante dimension spirituelle double d’une intelligence percutante.
Sa vision du monde reste totalement d’actualité, très moderne, sa démarche continue à être un exemple pour beaucoup de jeunes.

Ce documentaire émaillé de témoignages marque les vingt ans de la disparition de cette femme d’exception et donnera le ton du festival, parsemé de moments forts.

Si vous n’avez pas l’occasion de vous rendre à Martigny pour la première de ce film,  lisez ses livres ou cherchez les entretiens qu’elle a donnés.
Elle est inspirante…

Martine Bernier

 

http://www.plansfixes.ch/films/ella-maillart/

 

J.V_DaubiéSon nom ne me disait rien avant que je ne lise son histoire dans l’excellent magazine Historia.

En 1861, Julie-Victoire Daubé (1824-1874), enseignante de son état, devient la première femme à décrocher le baccalauréat, en France.
Et comme les pionniers et les pionnières ont souvent à franchir des parcours du combattant avant d’arriver à leurs fins, elle a eu à subir pas mal de revers avant d’obtenir le précieux document.
Julie-Victoire avait passé avec succès les épreuves, mais Gustave Rouland (1806 – 1878), à l’époque ministre de l’Instruction publique, a refusé de signer son diplôme.
Pourquoi?
Parce qu’il ridiculiserait le ministère.

Julie-Victoire avait 37 ans lorsqu’elle a réussi le bac.
Et le ministre n’a accepté de le signer que le 17 mai 1862, contraint de le faire par la reine Eugénie et Napoléon III.

Cette femme militante s’est battue et a ouvert une brèche vers l’égalité hommes-femmes.
Les discriminations la choquaient tellement qu’elle travaillait sur une thèse de doctorat sur le sujet La Condition de la femme dans la société romaine.
Thèse qu’elle n’a malheureusement pas pu finir, décédée prématurément.
Aujourd’hui, des écoles portent son nom.
Et il ne viendrait plus à l’idée de personne, en France, de refuser à une femme de droit de passer le bac.
Les temps changent…

Martine Bernier