juillet 2018
L Ma Me J V S D
« juin    
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
3031  

Catégories

Destins

Le journal intime est une discipline littéraire que j’aime depuis toujours.
J’aime les écrire et tout autant les lire.
Si certains sont passionnants grâce à la richesse de la vie ou des réflexions de celle ou celui qui l’écrit, d’autres sont tout simplement révélateurs d’une époque.
Et l’un des exemples les plus magistraux en la matière est celui de Mary Vial Holyoke.

Mary est née le 19 décembre 1737, fille unique d’un couple de commerçants de Boston.
A 21 ans, elle épouse le docteur Edwards Augustus Holyoke, de Salem.
Veuf aisé, c’est un homme respecté.

De son mariage jusqu’à sa mort en 1802, Mary va tenir un journal intime.
Elle y parlera notamment de la mort de ses bébés… car elle perdra 8 de ses 12 enfants.

J’ai eu l’occasion de lire des extraits de ce journal, uniquement édité en anglais, qui a la particularité d’être presque complètement dépourvu de toute émotion.
Les pages sont jalonnées d’événements tragiques que la jeune femme qu’elle est alors relate en se cantonnant aux faits, dans un  langage quasi télégraphique.
Pas de ressenti ou très peu, juste des faits… ce qui était peut-être une façon de survivre à l’insupportable à une époque où beaucoup d’enfants mourraient en bas âge.

En voici un petit extrait:

7 avril (1770). Enterrement de M. Fisk.
23. Visite chez Mme Thomas avec M. Eppes. Avons descendu les lits.
27. Fait de 
l’hydromel.
14 mai. Suis tombée gravement malade. Le docteur m’a saignée. Pris un calmant.
15. Restée au lit toute la journée.
17. Accouché d’un fils à 12 heures.
19. Le bébé est pris de crises comme les autres. Visite de l’infirmière. Décès de Mme Vans. 20. Bébé très malade. Me suis levée pour la première fois.
21. Il est mort à 11 heures du matin. A été ouvert. Origine du trouble trouvée dans les intestins.
22. Préparation. Mère Pickman ici. Mme Sarjant hier.
23. Enterrement de mon cher bébé.
28. Mme Pickman, Melle Dowse ont pris le thé ici. Mme Jones, Lowell, Brown, Cotnam, Melle Cotnam et Melle Gardner sont venues me rendre visite.
29. Ecrit à Boston et à Cambridge. Mme Savage a accouché. La veuve Ward a perdu 2 enfant du 25 au 29 mai à cause du mal de gorge.

(…)

 

Mvartine Bernier

peter-pan

Quand Disney a sorti son Peter Pan, en 1953, il a rencontré un succès immédiat, autant auprès de la critique que du public, au point d’être sélectionné pour participer au Festival de Cannes.
Mais qui savait, parmi les enfants et les parents venus découvrir le film, que le petit personnage plein de grâce devait son côté aérien et sa gouaille à deux acteurs de chair et d’os: l’enfant prodige Bobby Dristoll, et le danseur Roland Dupree?
Ce sont eux qui ont servi de doublures humaines pour le personnage de Peter, selon une tradition établie par Disney pour permettre aux dessinateur de mieux capturer les mouvements.

Bobby, né en 1937,  a été la doublure secondaire réelle de Peter, lui prêtant sa voix au passage, et son histoire montre bien combien  peut être tragique le destin des enfants stars.

Bobby Driscoll

Bobby Driscoll

Lui qui a commencé sa carrière d’acteur a 5 ans est devenu la coqueluche de Disney qui l’a fait tourner dans plusieurs films.
Mais lorsque l’enfant a grandi, il n’a plus intéressé personne.
Passer de la lumière à l’ombre n’a pas été supportable pour lui qui a cherché un réconfort dans la drogue.
Il est décédé à 31 ans, sans que personne ne s’en soucie, et fut enterré anonymement, comme un sans-abri, avant d’être identifié quelques mois plus tard grâce à ses empreintes digitales…

Roland Dupree, qui est né en 1925, et qui vit toujours, a eu un destin bien différent.
C’est à lui que Peter Pan doit son côté aérien.
Le jeune danseur n’avait pas son pareil pour investir le personnage, lui apportant une

Roland Dupree, à droite

Roland Dupree, à droite

personnalité et une vivacité jugées d’incroyables par l’équipe de tournage.
Toutes les scènes qu’il a tournées ont servi de référence pour dessiner le personnage en action.
Après cette expérience, Roland a continué à vivre de sa passion, la danse, montant le trio Dupree Trio avec deux danseuses, puis ouvrant une école de danse.
Il était déjà un jeune adulte lorsqu’il a vécu l’expérience du tournage, ce qui l’a sans doute protégé.

Martine Bernier

 

 

mailla10

Voici quelques semaines, j’ai interviewé la productrice Dominique Rappaz à propos du film qu’elle présentera le 10 mars à Martigny avec le réalisateur Raphaël Blanc au Festival Visages, de Pro Senectute.
« Les voyages extraordinaires d’Ella Maillart » sera dévoilé le 10 mars au Cinéma Casino à 18 heures, en ouverture de la manifestation.

Pourquoi ai-je été touchée par cette interview?
Parce mon interlocutrice parlait merveilleusement de son travail dont elle m’a permis de découvrir quelques images, parce que je suis allée au Kirghizistan où a été notamment tourné ce documentaire, et parce qu’il aborde une partie de la vie d’Ella Maillart…

Voyageuse, écrivaine, journaliste, photographe, grande sportive, la Suissesse Ella Maillart (1903-1997) semble avoir eu plusieurs vies.
Son existence est passionnante, son regard enrichi d’une importante dimension spirituelle double d’une intelligence percutante.
Sa vision du monde reste totalement d’actualité, très moderne, sa démarche continue à être un exemple pour beaucoup de jeunes.

Ce documentaire émaillé de témoignages marque les vingt ans de la disparition de cette femme d’exception et donnera le ton du festival, parsemé de moments forts.

Si vous n’avez pas l’occasion de vous rendre à Martigny pour la première de ce film,  lisez ses livres ou cherchez les entretiens qu’elle a donnés.
Elle est inspirante…

Martine Bernier

 

http://www.plansfixes.ch/films/ella-maillart/