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La première fois que j’ai entendu parler de la pédagogie des Octofun, j’ai très vite réalisé que Françoise Roemers-Pumey avait eu une excellente idée.
Cette institutrice belge formée à la méthode des intelligences multiples d’Howard Gardner a créé ces  boules d’énergie permettant à chacun de découvrir ses différentes facultés à l’aide d’un outil: les Octofun.

Françoise Roemers-Pumey  explique qu » il est important de comprendre que ce ne sont pas des personnages mais bien des boules d’énergie que nous avons tous en nous. Cette différence est fondamentale pour les enfants. Ils prennent très vite conscience de celles parmi leurs boules d’énergie qui sont petites et de celles déjà bien puissantes. Un lien d’affection se crée rapidement avec les Octofun qui sont en eux … avec leurs Octofun ! Cette conscience et ce lien d’affection changent complètement l’approche des enfants à l’apprentissage et sa dynamique : ils travaillent pour faire grossir leurs boules d’énergie et non plus pour faire plaisir à papa et maman, ou à madame ou monsieur.

Cette famille est donc composée de huit boules d’énergie colorées:

- Vitafun, le multicolore, aime observer, classer, respecter la nature. Il est intelligent avec la nature.
- Mathifun, le violet, aime organiser, analyser, compter. Il est intelligent avec la logique et les nombres.
- 3Dfun, le bleu foncé, aime regarder, dessiner, colorier. Il est intelligent avec les images.
- Alphafun,le  bleu plus clair, aime lire, écrire, raconter. Il est intelligent avec les mots.
- Multifun, le vert, aime partager, s’amuser avec ses copains, réconcilier. Il est intelligent avec les autres.
- Funégo, le jaune, aime être seul, utiliser ses forces, se concentrer. Il est intelligent avec lui-même.
- Mélofun, l’orange, aime chanter, siffler, jouer d’un instrument de musique. Il est intelligent avec les sons et la musique.
- Bodyfun, le rouge, aime bouger, toucher, manipuler. Il est intelligent avec le corps.

Vous commencez à comprendre le principe?
La reconnaissance des intelligences multiples ouvre la porte au respect des différences de chacun et révèle les multitudes de manières de s’épanouir et de laisser une trace dans ce monde.
Cette pédagogie s’appuyant sur les Octofun est intéressante pour tous, particulièrement pour les enfants en difficulté scolaire.
Son univers se base sur « la positive attitude pour apprendre » et permet notamment à l’enfant de découvrir et de connaître ses qualités,  ses intelligences multiples et le potentiel formidable qu’elles déclenchent lorsqu’elles sont associées les unes aux autres.
Le principe de base est simple et comporte quatre grands principes:
- Chacun de nous possède ses 8 Octofun.
- Tout au long de sa vie, on peut constamment développer chaque Octofun.
- Souvent, les Octofun agissent et s’amusent ensemble.
- Il y a de nombreuses manières d’utiliser chacun d’eux.

Parce que le sujet m’intéresse et que j’avais envie de contribuer à le faire connaître, j’ai pris contact avec Aurélia, la fille de Françoise Roemers-Pumey, et elle a eu la gentillesse de me faire parvenir le matériel en lien avec les Octofun.
J’ai donc passé ma soirée d’hier à découvrir cet univers ludique et c’est parce que leur utilisation  simple et intelligente m’a séduite que j’en parle aujourd’hui.
Car non seulement le Guide méthodologique pour les enseignants: La pédagogie des Octofun peut intéresser les instituteurs et leur donner de nouvelles pistes dans leur façon d’aborder leurs élèves,  mais, en plus, un jeu de cartes, un petit livre d’activité et livret Notre famille Octofun permettent de poursuivre l’aventure chez soi, à travers des activités drôles, créatives et intelligentes.
Des animations qui permettent de développer des méthodes de travail et d’organisation différentes en fonction de chaque enfant.
Un exemple?
Multifun, le vert, tourné vers les autres, vous vous souvenez?
Pour mieux travailler, il pourra apprendre par le jeu avec les autres (scrabble, jeux de cartes…), expliquer à quelqu’un ce qu’il vient d’apprendre, travailler avec les autres pour partager ses idées, réaliser des projets de groupe, aider et les autres à résoudre leurs problèmes…

Une prise de conscience de ses aptitudes multiples et une méthode joyeuse pour découvrir comment  les utiliser: une excellente manière d’aborder la vie et l’étude de façon sereine…

Martine Bernier

Les Octofun

Cette année, pour Noël, Kim, 7 ans, mon premier petit-fils de coeur et grand frère de Tanawee, mon petit-fils de sang, n’était pas là pour Noël qu’il passait dans la famille de son papa.
Il nous a énormément manqué.
J’attendais avec impatience ce réveillon de Nouvel An que la famille avait décidé de lui consacrer comme étant une sorte de deuxième Noël, rien que pour lui.
En fin de matinée,, Kim, sa maman, son petit frère et mon fils cadet sont arrivés pour passer la journée avec nous avant que nous ne nous déplacions  chez mon fils aîné et sa compagne pour le réveillon.
Comme toujours, Kim est venu se percher sur l’accoudoir de mon fauteuil et nous avons feuilleté les nouveaux livres pour enfants que mon Capitaine et moi avons installés dans la bibliothèque à l’intention des plus petits.
Il m’a raconté ce qu’il a vécu ces dernières semaines puis… nous en sommes venus au point délicat dont je voulais lui parler.
Cette année, j’ai décidé de ne pas céder à la pression: je voulais ne lui offrir que des jouets intelligents et créatifs.
Je ne voulais absolument pas tomber dans le travers des consoles et autres jeux électroniques et, de plus, ne lui offrir aucune boîte Légo.
Il fallait lui annoncer en douceur ce qui l’attendait.
Quand je lui ai appris mon choix, Kim a eu l’air très inquiet.
- Mais… les Légo, c’est intelligent!
- C’est vrai. Mais à force de t’en offrir, ce n’est plus une surprise. Et puis Yann t’aide à les faire et moi, je veux t’offrir des choses qui vont te surprendre, que tu vas reprendre souvent, qui vont t’accompagner.

Pour lui, ce n’était manifestement pas une bonne nouvelle.
Dans sa tête, clairement, jeu intelligent = jeu ennuyeux.
Je suis donc passée à l’attaque et j’ai sorti mes arguments les plus percutants.

- Tu sais ce que je pense des jeux vidéos. C’est bien de temps en temps, pour te distraire, mais, à la fin, tu finis par ne plus jouer qu’à cela si tu n’y fais pas attention. Mais tu n’apprends rien du tout avec eux. Ils vident ton cerveau… Quand tu joues à cela, tu ne parles à personne, tu ne touches rien, tu n’inventes rien, tu ne découvres rien. Et ton cerveau devient tout rabougri!

Kim est très réfléchi.
Je voyais bien qu’il sait au fond de lui que je n’ai pas tort.
Je lui ai donc envoyé mon argument massue:
- En plus, imagine un enfant qui ne joue qu’avec des  jeux vidéos. Il a tout: les consoles les plus belles et les plus modernes, tous les jeux, un ipad, un ordinateur, un iphone…

Il me regarde, émerveillé:
- Il a de la chance!
- Si tu veux. Et imagine maintenant que, tout d’un coup, c’est fini, il n’y a plus d’électricité. Plus rien… Elle ne revient pas, nous devons apprendre à vivre sans. Qu’est-ce qu’il devient?
- Heu… il peut encore jouer avec l’Ipad et l’Iphone.
- Oui, quelques heures. Mais après? Plus de batteries… et plus d’électricité pour les recharger.

Son regard est atterré.
Je continue:
- C’est fini. Il n’a plus rien pour jouer…

Cette fois, il a compris.
- C’est pour cela que, ce soir, tu découvriras d’autres jouets et d’autres jeux qui, eux, seront toujours avec toi même s’il n’y a pas d’électricité! D’ailleurs tu sais, tu peux jouer à plein de jeux sans rien avoir en main. Par exemple, puisqu’on parle de survie, j’ai toujours adoré le jeu du « Qu’est-ce que j’emmènerais sur une île déserte? »
- C’est quoi?
- Et bien… admettons que tu es sur un bateau qui fait naufrage. Tu te retrouves tout seul sur une île où n’y a que des cocotiers, une petite rivière d’eau douce, de la forêt  et une plage. Il y a du gibier et du poisson. Rien de dangereux, sur l’île, mais tu vas devoir te construire de quoi survivre en attendant que l’on vienne te chercher. Heureusement, tu as pu sauver un grand coffre dans lequel tu as tous les objets que tu as pris avec toi en cas de naufrage comme celui-ci, justement. Qu’est-ce que tu as mis dedans?

Il réfléchit longuement.
- Un seau.

Nous discutons sur le choix de son seau, puis nous demandons à sa maman et à mon fils ce qu’ils prendraient.
Le jeu prend de l’ampleur et Kim s’y « pique » au point d’aller chercher une feuille et un stylo dans mon bureau.
Il trace des colonnes, une par personne et inscrit la liste de chacun dans une orthographe un peu approximative,  convient que nous serons par équipe de deux ou de trois sur l’île (à deux, ça fait moins peur…).
A la fin du jeu, qui nous tient un bon moment, sa liste comprend un seau, un marteau, un couteau, un matelas, un bateau gonflable, une très grande tente dans laquelle il a installé un canapé,  des coussins, des clous et des bougies.
Et il rit de certaines autres listes dont celle de sa maman qui a pris un livre saint, un canif, une casserole, un sac à dos, des graines de soja, du Doliprane, des allumettes, une brosse à dent et du thé!

Il doit bien le reconnaître: nous nous sommes amusés… sans rien.

Après avoir joué à un « jeu des questions » très prisé dans la famille, arrive l’heure d’aller voir ce qui l’attend sous le sapin dans la maison de Sébastien et Magaly.
L’heure est grave…
Mais cela… c’est une autre histoire!

Martine Bernier

Dimanche, mon Capitaine et moi passions du temps en tête à tête avec mon fils aîné et sa compagne, avant que nous nous retrouvions tous pour le réveillon de Noël.
Hier, c’est avec mon fils cadet, Yann, sa compagne Jee, notre Fleur d’Asie, et son petit Kim que nous avons vécu des instants privilégiés avant l’arrivée des autres invités.
Kim… 6 ans et demi de beauté, de charme, de malice et d’intelligence.
J’aime cet enfant comme s’il était mon petit-fils, réalisant une fois encore avec lui combien un enfant peut -être passionnant.
Nous avions beaucoup de sujets de conversation à aborder, hier.
L’un de ceux qui me préoccupent est l’omniprésence des jeux vidéo dans la vie des enfants et, forcément, dans la sienne.
En parler entre adultes, c’est bien.
En parler avec lui, c’est mieux.

Comme à chacune de ses visites, nous avions repris nos places fétiches: moi dans mon fauteuil, lui perché sur l’accoudoir.
C’est là que nous discutons, que nous lisons, que nous philosophons, que nous échangeons nos secrets.
- Tu sais Kim, tu es très intelligent. Et j’adore ça. Tu as dans la tête des milliards de neurones, et ce serait bien d’en perdre le moins possible!
- C’est quoi les neurones?
- Des cellules. Pour faire simple,  on va imaginer que ce sont de minuscules petits bonshommes qui font fonctionner ton cerveau! Pour bien travailler, ils doivent se nourrir. Et ils se nourrissent de tout ce que tu peux apprendre.

Il est attentif, sourit devant l’image.
- Par exemple: quand tu joues avec un jeu vidéo, qu’est-ce tu apprends?
- Rien du tout.
- Et quand tu lis un livre?
- J’apprends plein de choses…
- Tu as tout compris… Des deux, qu’est-ce que tu préfères?
- Heu… les deux.
- Je comprends, c’est normal. Mais quand tu fais quelque chose qui ne t’apprend rien, tu as une équipe de neurones qui s’endort et ne se réveille pas. Alors, comment faudrait-il faire…
- Jouer un tout petit peu au jeu, et faire autre chose de mieux après!
- C’est une bonne idée!

Jee et Yann prennent la parole et m’expliquent que la récente tuerie dans une école américaine les a bouleversés, qu’ils en ont parlé à Kim qu’ils sont inquiets de le voir  jouer à la guerre alors qu’ils ne lui offrent jamais de jeux de ce genre.
Kim regarde son livre mais nous écoute attentivement.
Je ne suis pas spécialement inquiète: de tout temps, les enfants ont joué aux jeux guerriers sans devenir pour autant des tueurs en série.
Mais je n’encourageais pas non plus ce genre de choses lorsque mes fils étaient petits.
Kim parle un peu de cet épisode dramatique de l’actualité:
- Et en plus, il a tué sa maman…
- Oui, c’est horrible.
- Pourquoi il a fait ça, tu crois?
- Je ne sais pas. Il devait être malade dans sa tête.
- C’était un enfant.
- Pas vraiment, non: il avait 20 ans. Tu vois, il jouait peut-être avec des jeux vidéo où il tuait des personnages… et a fini par ne plus savoir où était la réalité.
Il reste songeur, puis va chercher les livres qu’il préfère et que nous lisons ensemble.

L’un d’eux parle des grands naufrages de l’histoire.
Il tourne les pages et je réalise qu’il a retenu tout ce que je lui ai raconté dans l’ouvrage
A présent, il arrive à lire presque couramment, je suis impressionnée par ses progrès.
Il me dit:

- Avant, les bateaux étaient en bois, et puis ils ont été faits en métal.
- Oui, c’est vrai.
- Mais… le métal, ça ne flotte pas. Alors pourquoi les bateaux ne coulent pas?
Je le regarde, perplexe.
Explication technique à l’horizon: rien ne vaut un homme pour être clair dans ce cas-là!
Je prend l’option de m’adresser à un expert: mon Capitaine est sollicité.
Il explique donc à Kim le pourquoi du comment.
Nous poursuivons notre lecture et, devant une reproduction du tableau de la Méduse, je lui dis:
- Tu sais, j’ai entendu quelqu’un, cette semaine, dire à la télévision que Géricault, le peintre qui a peint ce tableau, a mis des chaussettes aux naufragés parce qu’il ne savait pas peindre les pieds.
- Et c’est vrai???
- Je n’ai pas eu le temps de vérifier.

Nous envoyons Sébastien, arrivé entre temps, en service commandé, avec mission de nous ramener un bouquin sur les chef-d’oeuvres de la peinture, pris dans ma bibliothèque.
Une fois en possession du Graal, nous cherchons le tableau et… découvrons une multitude de chaussettes, et pas de pieds nus!

- C’était vrai!!!
- Oui!! C’est incroyable! Tu vois ce livre? Quand tu reviendras, je te montrerai les grands tableaux… Ils ont tous une histoire passionnante. Tu voudras l’apprendre avec moi?
- Oui!!

Voilà mon univers avec Kim…
Dès que nous sommes ensemble, je lui donne à peu près tout mon temps et nous parlons sans fin.
Ces rires, ces conversations, ces échanges, ces moments privilégiés, j’espère qu’ils lui laisseront des souvenirs.
Et qu’il piquera dans cet amas de découvertes communes, des éléments qui viendront enrichir sa culture…

Martine Bernier