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Eya

Eya, 5 ans 1/2, passe la journée avec nous, ce qu’elle devrait faire régulièrement.
Comme elle ne nous voyait que deux ou trois fois par an jusqu’ici, elle ne savait pas trop comment m’appeler.
Ce n’est qu’ici qu’elle semble s’être enfin décidée.
Hier donc, elle arrive au petit matin, menée par sa maman, et bien décidée à ce que je m’occupe d’elle à chaque minute.
J’ai prévu quelques petites choses pour canaliser un peu cette adorable petite tornade, et me voilà habillant des Barbie, faisant parler des marionnettes, entrant dans des jeux de rôles, testant tous les jeux de la maison, discutant avec ma petite interlocutrice de l’école et des choses de la vie, créant des colliers de perles et jouant aux dominos de couleurs.
Nous avons beaucoup ri, beaucoup joué, beaucoup parlé, beaucoup tout, comme je le fais avec Aurélien.
Le tout jusqu’à l’arrivée de sa maman et de son compagnon, dans la soirée, avec lesquels nous avons partagé un joyeux repas.

Au petit matin, Eya m’appelait par mon prénom.
Au milieu de la matinée, elle testait le « mamie Martine ».
Et dès midi, elle a repris le désormais habituel Mamitine qu’elle semble avoir définitivement adopté sans que personne ne le lui ait soufflé.

Me revoilà adoubée!

Martine Bernier

 

 

- Alors, Aurélien, tu as bien aimé venir nous voir dans la nouvelle maison?
- Ouiii!
- Tu auras envie de revenir?
- Oui!!!
- Qu’est-ce que tu as préféré?
Il réfléchit:
- Les cadeaux… et Kaki! Elle est tellement douce…
 Kaki, douce… étonnant qualificatif pour ma poule qui est aujourd’hui aussi dynamique que les autres…
- Et bien moi, j’ai tout aimé! Surtout tes énooooormes bisous!

Il me regarde d’un air malicieux, s’approche, fait semblant de s’asseoir à côté de moi sur le canapé et me saute au cou pour m’embrasser.
Puis me dit:
- Voilà! C’est fait!

******

En fin d’après-midi, Eya vient nous rendre visite en famille.
Elle rit beaucoup, semble avoir avalé du lion, déborde d’énergie, et réclame Martin, le petit âne marionnette, que nous ne retrouvions pas depuis notre arrivée.
- Tu l’as trouvé?
Oui, mais très tard! Il était dans un des tout derniers cartons de livres que j’ai ouverts vendredi! Il a donc passé trois mois enfermé… tu imagines son humeur!
- Je vais le chercher!!!!
Elle court au salon, ramène la marionnette et la glisse sur ma main.
Comme elle l’espérait, une fois articulé, Martin donne libre cours à sa frustration.
Elle a droit à un « Martin puissance 10″, vindicatif à souhait!
- Pauvre Martin! C’était quoi, le pire?
Le pire??? J’étais enfermé avec Jules, dans mon carton, serré entre les livres! Et Jules… il m’énerve! Il est toujours content!
- Attends!
Elle retourne en courant et revient avec Jules, l’autre petit âne, qu’elle enfile sur mon autre main.
- Bonjour, Jules! Et toi, qu’est-ce que tu n’as pas aimé pendant que tu étais enfermé dans le carton?
- Heu… rien! C’était très confortable! J’ai super bien dormi!

Et Martin de renchérir, indigné:
- Tu vois! Qu’est-ce que je te disais!!! Toujours content!! Il m’éneeeeeerve!

La journée se termine comme elle a commencé: dans les rires.

Dans la soirée, mon Capitaine et moi nous retrouvons avec Pomme, au salon fraîchement installé.
Fourbus, mais ravis de ce joyeux week-end…
Aujourd’hui, mes pensées volent vers mon fils aîné qui a fait une longue route pour venir  nous voir… et pour ma chère Dame de Chiboz qui voir débuter une semaine particulièrement difficile.
Je lui envoie un grand souffle d’amitié, en attendant sa venue et celle de son mari!

Martine Bernier

 

Dans un aménagement, prévoir, c’est bien.
S’adapter aux événements, c’est mieux.
Hier matin, nous avions une liste de choses à faire que nous n’avons que partiellement pu suivre.
Mais au fil des événements et des opportunités de la journée, nous en avons accompli d’autres que nous ne pensions pas envisager tout de suite.
Une chose est sûre, nous allons nous attaquer aujourd’hui aux soucis de connexion internet – messagerie – téléphone qui vont nous contraindre à nous rendre à Belfort… avec l’espoir que ces problèmes soient réglés dans les jours qui suivent.

Hier, alors que je venais de terminer l’installation complète des bibliothèques livres-jeux des enfants, je me retourne et me trouve nez à nez avec… Eya!
- Je suis revenue!
- Ah oui, je vois! Regarde, j’ai fini de ranger vos bibliothèques!
- Chic! On va lire!

Plus tard, au  jardin, elle m’apporte une série de livres qu’elle veut explorer en ma compagnie.
Dans l’un d’eux, il est question de dinosaures, le sujet si bien maîtrisé par Kim, l’aîné de nos petits-enfants.
- Il y en a encore, des dinosaures?
- Comme ceux que tu vois là, non… Il est arrivé quelque chose de très mystérieux.
- Quoi???
- Les savants ne savent pas exactement ce qui s’est passé, mais tous les dinosaures ont disparu. On pense qu’il y a peut-être un énorme rocher venu de l’Espace, une météorite, qui a heurté la Terre… mais il y a d’autres hypothèses.

Soudain,  je réalise qu’Eya a les yeux humides:
- Mais… tu es triste?
- Oui… tous ces pauvres dinosaures…
- Hum. Tu sais, ils n’avaient pas la réputation d’être charmants! Les herbivores mis à part, ils se dévoraient entre eux, étaient très agressifs, attaquaient tout ce qui bouge!
- Oui, mais ils ne m’auraient pas mangée, moi!
- Pas sûr… Ils étaient très grands pour certains. Ils t’auraient peut-être prise pour une olive apéritif!
Elle rit, mais continue:
- Moi, je suis sûre que j’aurais pu les élever pour qu’ils soient gentils…
- Re hum. Franchement, j’ai un léger doute. Et je te préviens que si tu apportes un oeuf de dinosaure à la maison, je vais être très contrariée!

Mais je vois à nouveau des larmes perler le long de ses cils:
- Eya… ce ne sont pas les dinosaures qui te rendent tristes, quand même?
- Non, j’ai une vraie raison. Ecoute… Liliane a disparu… je crois qu’elle est morte…
- Qui est Liliane? Une de tes tantes?
- Mais non, enfin! C’est mon lapin!!!

Mince, comment ai-je pu zapper l’information??
Bien sûr, Liliane!
La veille, Héloïse m’a expliqué qu’il a disparu et qu’il semblerait que la fouine y soit pour quelque chose.
J’écoute Eya m’expliquer la même chose et me confier son chagrin en sanglotant. Elle vient se blottir dans mes bras, tellement triste que je tente une amorce de consolation:
- Pauvre chouchou… Je comprends… c’est tellement dur lorsque l’on n’a pas de nouvelles…
- C’est méchant la fouine!
- Méchant, peut-être pas…
- Si, elle a mangé les poules chez Mamy!
- Ca nous paraît méchant, oui. Mais dans sa tête de fouine, elle veut simplement trouver à manger. Elle va dans un poulailler comme tu vas au supermarché! Voyons, qu’est-ce que  je pourrais bien acheter aujourd’hui pour dîner?

Elle sourit furtivement mais insiste:
- Elle a tué Liliane…
- Tu sais, je ne suis pas sûre du tout que Liliane soit morte. Elle a pu rencontrer des membres de sa famille Lapin, peut-être même son amoureux, et ils l’ont invitée chez eux pour les vacances.
- Mais c’est dangereux! Il y a des chasseurs dans la forêt!
- Nous ne savons pas où se trouve la maison de la Famille Lapin. Et de toute façon, les terriers sont sous terre, ils ne risquent rien…
- J’aurais dû faire un trou pour Liliane pour qu’elle fasse un terrier… elle ne serait pas partie.
- Peut-être… et peut-être pas… Je crois que vous avez beaucoup aimé Liliane et qu’elle avait envie de liberté et de retrouver ses cousins, ses frères et soeurs… Qui sait, peut-être qu’un jour elle reviendra te dire bonjour accompagnée d’une ribambelle de lapereaux!
- Ses enfants?
- Oui! Ah la la… il faudra que tu réfléchisses comment loger tout le monde!


Et nous échafaudons des plans sur la comète.
Elle a retrouvé son sourire, me demande de lui apprendre à lire, file chercher un cahier conçu à cet effet.
Les disparitions de Liliane et des dinosaures sont reléguées au deuxième plan… pour le moment!

Martine Bernier