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Hier

Il arrive que certains des articles sur lesquels je travaille m’interpellent plus que d’autres.
Et l’un de ceux que je viens de terminer m’a donné une idée.
Avez-vous remarqué que, aujourd’hui, les jeunes parents se sentent presque coupables lorsque leurs enfants leur dit qu’ils s’ennuient… alors qu’ils n’ont jamais été aussi sollicités et divertis qu’aujourd’hui?
Dans notre société actuelle, dès qu’un enfant sollicite notre attention, nous répondons à son attente, le distrayant, l’occupant…
Mais ce n’est pas forcément une excellente idée si l’on en croit le nombre de spécialistes qui estiment que l’ennui est tout aussi nécessaire au développement d’un enfant que les activités sportives ou culturelles qui lui sont proposées.

Et c’est là qu’un souvenir m’est revenu en mémoire.
Lorsque j’étais enfant, je passais beaucoup de temps, sans forcément l’avoir choisi, dans la cuisine de ma grand-mère maternelle qui vivait au rez-de-chaussée de la maison que nous occupions… et qui était la sienne.
Elle ne faisait pas partie d’une génération où l’on distrayait les enfants.
Mais elle m’avait attribué le tiroir du bas de l’un de ses meubles de cuisine.
Tiroir que j’avais secrètement baptisé « Le Tiroir anti-ennui ».
Comme je savais que le temps était long lorsque je passais des heures livrée à moi-même, à côté du fourneau à bois, je remplissais ce tiroir d’une foule de petites choses dans lesquelles je puisais pour me désennuyer.
J’y avais mis du papier, des crayons, des restes de laine multicolores, des boutons, des bouts de rubans, des morceaux de bois aux formes sympas, un petit pot de colle dont le parfum m’enivrait, des ciseaux à bouts ronds, un ou deux magazines remplis d’images…
Et je passais un temps fou à m’inventer des histoires, à classer les boutons par couleurs, à faire du scrapbooking avant l’heure, assise sur le sol en compagnie des animaux de la maison et de ma poupée…
Personne ne me dérangeait et je ne dérangeais personne.

Aujourd’hui, j’ai réservé des coffres et des poufs creux à l’usage des petits-enfants.
Leurs « poufs anti-ennui » bien à eux!

Martine Bernier

La vie n’est pas avare en coups durs, mais elle ne l’est pas non plus en cadeaux…
Pour la deuxième fois en un an, j’ai retrouvé l’une de mes amies d’enfance.
Je ne sais d’ailleurs pas trop laquelle de nous deux a retrouvé l’autre, pour être honnête, mais Facebook y est pour beaucoup!
Après quelques mois d’échanges épisodiques, puis la triste annonce du décès de son papa, tout s’est accéléré depuis quelques jours.
Et mardi soir, nous nous sommes téléphoné, ce que nous n’avions plus fait depuis une éternité.

Cet appel nous a évoqué des souvenirs…
A l’époque où nous sortions à peine de l’adolescence, nous n’avions pas le téléphone à la maison.
Or, très souvent le soir, lorsque nous n’étions pas ensemble à nous raccompagner, nous re-raccompagner et nous re-re-raccompagner, Nicky et moi terminions nos journées par une longue conversation téléphonique… grâce à la cabine publique qui se trouvait en face de chez moi.
Nos conversations étaient interminables… et bien souvent d’autres personnes se pressaient à la porte pour utiliser le téléphone elles aussi.
Je sortais donc et revenais après leurs conversations.
C’était épique… et je remercie encore ses parents et sa soeur qui supportaient que leur appareil soit souvent monopolisé!
La conversation que nous avons eue ce mardi a eu lieu comme si nous nous étions parlé la veille.
Mais cette fois elle est explicable: les années sans contact ont été longues et il s’est passé beaucoup de choses dans nos vies.
Nous avons reparlé de ces instants magiques pour moi au cours desquels sa famille et elle m’accueillaient pour quelques heures au cours desquelles j’étais enivrée par les parfums de leur jardin.
Bientôt, je l’espère je rendrai la pareille à Nicky et à sa maman  en les accueillant à mon tour dans notre petit coin de paradis…

Martine Bernier

alamo2

Avez-vous remarqué?
Beaucoup plus d’hommes que de femmes sont amateurs de « bons vieux » westerns.
Mon Capitaine, qui aime assez en revoir un de temps en temps, n’a donc pas hésité à enregistrer Alamo, la semaine dernière.
Et nous l’avons regardé ensemble il y a deux ou trois jours.

Ce film fait partie de ceux qui évoquent quelque chose de chose de fort en moi.
Lorsque j’étais enfant,  mon père se glissait dans la chambre que je partageais avec mon frère cadet, et s’approchait de mon lit à quatre pattes.
Je me glissais sur son dos et nous quittions silencieusement la pièce où mon petit frère dormait… pour nous rendre dans le salon familial où j’avais le droit de voir le film du samedi soir.
C’est ainsi que j’ai vu Alamo  pour la première fois.
Je me souviens avoir été choquée par le choix de ces hommes coincés à défendre un fort sans espoir de voir arriver les renforts à temps pour les sauver de l’attaque qu’ils s’apprêtaient à subir de la part des forces mexicaines.
Ils auraient pu partir… ils ne l’ont pas fait et ont presque tous été massacrés, le célèbre Davy Crockett, ici interprété par John Wayne, y compris.
Les réactions de certains personnages, aussi bien féminins que masculins m’avaient stupéfiée, et j’en avais longuement parlé avec mon père le lendemain.

Bref…
Alamo a donc vécu une nouvelle heure de triste gloire dans notre salon, voici quelques jours.
Le temps pour nous de constater que la première partie était décidément interminable (le film initial image-w448dure près de 3 heures), et que ces vieux films disposaient d’une épaisseur moralisatrice que l’on ne trouve plus que très rarement dans ceux d’aujourd’hui…
Le jeu des comédiens ne correspond plus non plus à notre époque… mais le film a toujours un certain charme, dû en grande partie à la présence de John Wayne, qui signait également la réalisation.
Et j’ai découvert que je n’ai finalement pas beaucoup changé en 50 ans…
J’ai été choquée par les mêmes réactions et nous en avons parlé, mon Capitaine et moi.
Une fois encore, j’ai constaté que regarder un simple western avec lui prend une dimension à laquelle je ne m’attendais pas, simplement en raison de son passé militaire.
Et de nouvelles questions apparaissent pour moi, du style de « Qu’aurais-je fait, si… »

Alors oui, le film a vieilli et je ne suis plus fan de western comme j’ai pu l’être lorsque j’étais enfant.
Mais il a réussi à me pousser à me pencher sur ce fait historique qui s’est déroulé en 1836.

Martine Bernier