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Humeur

J’ai toujours eu horreur de l’expression « faits divers ».
J’ai détesté les couvrir en tant que journaliste, lorsque je travaillais pour un grand quotidien.
Car même si le public en est friand, il y a toujours un drame et une souffrance terrible dans ces histoires d’accidents, de crimes, etc.

Depuis quelques jours, la Haute Saône où nous habitons désormais est traumatisée par une affaire tragique, la disparition d’une lumineuse jeune femme de 29 ans partie faire son jogging samedi matin.
Son corps calciné a été retrouvé, plongeant la région dans le chagrin, l’horreur et l’indignation.
Ce crime s’est passé dans la ville où habitent mes beaux-parents.
Tout le monde semble s’y connaître et pleure cette disparition incompréhensible.

Pour les médias, très vite, il n’a plus été question que de « disparition d’une joggeuse ».
Le titre et le vocabulaire  deviennent réducteurs, froids, mais on  parle de « l’affaire » chaque jour.
Comme à chaque fois dans ces cas-là, je pense aux parents, au conjoint, à la famille, aux amis, au cauchemar épouvantable qui est le leur.
Et je me dis qu’un peu plus de tact dans les mots choisis pour parler de ce sujet si sensible serait bienvenu…
J’apprécie d’autant plus  Gilles Bouleau,  présentateur du journal de TF1, qui fait toujours preuve de délicatesse dans le traitement de ses sujets.

Aujourd’hui, la région est dans l’attente d’une avancée de l’enquête.
Et s’associe à la douleur d’une famille déchirée.

Martine Bernier

 

Comme pas mal de gens en cette période, je reçois dans la semaine un courrier m’informant que j’ai payé trop d’impôts et que, ô bonheur, je vais être remboursée.
Pour ce faire, je dois faire parvenir un numéro de compte à mon interlocutrice.
Hop, hop!
Chose dite, chose faite par mail .
Je croyais l’affaire entendue lorsqu’une réponse m’arrive par courrier électronique, me demandant s’il serait possible de fournir un numéro de compte sur lequel apparaîtrait également le nom de mon Capitaine.
Voui, nous sommes mariés, mais nous ne portons pas le même nom.
J’appelle donc mon interlocutrice pour lui expliquer que, non, je ne peux lui donner ce qu’elle souhaite, mais que, comme elle a pu le constater, c’est de ce compte que partent les virements.
Donc… tout est logique.
Enfin… logique pour moi, mais pas pour ceux qui ont conçu le programme informatique gérant ce domaine.
Pour eux comme pour ceux qui ont conçu nos lois et ceux qui estiment sans doute qu’il ne vaut pas la peine d’ajuster ce point de droit, c’est le nom du mari qui prime, égalité des droits ou pas.
- Et bien, mince… c’est le genre de choses qui me révolte!

Mon interlocutrice avait un débit de paroles assez lent et a eu l’air assez perplexe:
- Ah bon?
- Oui. Vous êtes une femme, vous aussi. Cela ne vous irrite pas de voir que nous n’existons pour ainsi dire pas aux yeux de la législation, y compris si c’est nous qui réglons nos factures?
- C’est vrai… maintenant que vous me le dites… c’est un peu énervant.
- Hum… un peu… le mot est faible.
- Ecoutez, j’ai une solution: ma collègue va effectuer le remboursement à la main et utilisera les coordonnées que vous m’avez fournies. Mais chaque année, si vous devez être remboursée, il faudra savoir que vous devrez me retéléphoner pour me redonner ce numéro de compte.

Je n’ai pas demandé s’il ne serait pas plus simple de le conserver dans notre dossier.
Je me suis contentée d’opiner:
- Très bien. Cela me permettra de prendre de vos nouvelles. Et vous, de m’entendre vitupérer contre le système!

Non mais!
« Nous » n’est pas constitué d’une seule personne mais bien d’un « Je » et d’un autre « Je », si je ne m’abuse?

Martine Bernier

 

En 59, année de ma naissance, sont également nés Astérix et Barbie.
J’ai coutume de dire que ces deux sérieux concurrents ont quelque peu éclipsé la nouvelle de mon arrivée!

Je me souviens parfaitement de ma première Barbie, offerte par une femme belle comme un ange, dont le destin a été interrompu en pleine jeunesse.
Cette étrange poupée filiforme aux longs cheveux est devenue l’une de mes compagnes de jeux.
Je me suis empressée de troquer ses vêtements contre d’autres, créés par mes soins et ressemblant à ce que mon entourage belge appelait alors poliment des « loques », ce qui a étouffé dans l’oeuf ma vocation de styliste.
Un bout de tissu taillé dans une vieille panoplie de Sioux, deux trous pour les bras et hop: j’avais là un manteau « maxi » selon la mode de l’époque ou presque, et très pratique pour vêtir ma Barbie dans la jungle et la forêt, milieux où je la faisais quotidiennement évoluer.
Pour qu’elle n’aie pas froid, je la couvrais de « peaux de bêtes », bouts de tissus recouverts de fourrures synthétiques.
Ma merveilleuse Barbie sortie à la base d’un magazine de haute couture était relookée par mes soins en véritable sauvageonne, descendante directe de la  femme de Cromagnon.
Cristina Cordula en aurait fait une jaunisse.

Au fil du temps, d’autres Barbie m’ont été offertes et j’ai commencé à réaliser, en grandissant, que je n’arriverais jamais à leur ressembler.
Trop grandes, trop belles, trop figées, trop fines, trop blondes, trop… tout.

J’ai donc commencé à nourrir une certaine rancoeur vis-à-vis de cette copine de jeux que les petites filles étaient censées prendre pour modèles… alors qu’elle ne rappelait pas un être humain normal mais un fantasme un peu tordu.

J’ai voué à ma contemporaine une certaine rancoeur, ce qui ne m’empêche pas de l’offrir à celles qui tiennent à elle.
Jusqu’à hier où, au détour des journaux télévisés, j’ai découvert que Mattel se décidait à faire évoluer sa poupée. barbie-ronde-696x355
Enfin!!!!

Désormais, les fillettes pourront trouver des Barbie grandes, petites, voire « rondes », comme annonce la marque.
Même si, à mes yeux, notre ronde de charme (troisième à partir de la gauche), n’est pas si arrondie que cela.

Il était temps…
Notez que je soupçonne la marque de ne pas changer son fusil d’épaule pour le bien des petites filles… mais bien parce que les ventes de Barbie étaient en perte de vitesse et qu’une autre poupée ronde commençait à faire parler d’elle.

Ma contemporaine se décide donc à ressembler aux vraies femmes.
Bienvenue dans la normalité, très chère!

Martine Bernier