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Humeur

Comme pas mal de gens en cette période, je reçois dans la semaine un courrier m’informant que j’ai payé trop d’impôts et que, ô bonheur, je vais être remboursée.
Pour ce faire, je dois faire parvenir un numéro de compte à mon interlocutrice.
Hop, hop!
Chose dite, chose faite par mail .
Je croyais l’affaire entendue lorsqu’une réponse m’arrive par courrier électronique, me demandant s’il serait possible de fournir un numéro de compte sur lequel apparaîtrait également le nom de mon Capitaine.
Voui, nous sommes mariés, mais nous ne portons pas le même nom.
J’appelle donc mon interlocutrice pour lui expliquer que, non, je ne peux lui donner ce qu’elle souhaite, mais que, comme elle a pu le constater, c’est de ce compte que partent les virements.
Donc… tout est logique.
Enfin… logique pour moi, mais pas pour ceux qui ont conçu le programme informatique gérant ce domaine.
Pour eux comme pour ceux qui ont conçu nos lois et ceux qui estiment sans doute qu’il ne vaut pas la peine d’ajuster ce point de droit, c’est le nom du mari qui prime, égalité des droits ou pas.
- Et bien, mince… c’est le genre de choses qui me révolte!

Mon interlocutrice avait un débit de paroles assez lent et a eu l’air assez perplexe:
- Ah bon?
- Oui. Vous êtes une femme, vous aussi. Cela ne vous irrite pas de voir que nous n’existons pour ainsi dire pas aux yeux de la législation, y compris si c’est nous qui réglons nos factures?
- C’est vrai… maintenant que vous me le dites… c’est un peu énervant.
- Hum… un peu… le mot est faible.
- Ecoutez, j’ai une solution: ma collègue va effectuer le remboursement à la main et utilisera les coordonnées que vous m’avez fournies. Mais chaque année, si vous devez être remboursée, il faudra savoir que vous devrez me retéléphoner pour me redonner ce numéro de compte.

Je n’ai pas demandé s’il ne serait pas plus simple de le conserver dans notre dossier.
Je me suis contentée d’opiner:
- Très bien. Cela me permettra de prendre de vos nouvelles. Et vous, de m’entendre vitupérer contre le système!

Non mais!
« Nous » n’est pas constitué d’une seule personne mais bien d’un « Je » et d’un autre « Je », si je ne m’abuse?

Martine Bernier

 

En 59, année de ma naissance, sont également nés Astérix et Barbie.
J’ai coutume de dire que ces deux sérieux concurrents ont quelque peu éclipsé la nouvelle de mon arrivée!

Je me souviens parfaitement de ma première Barbie, offerte par une femme belle comme un ange, dont le destin a été interrompu en pleine jeunesse.
Cette étrange poupée filiforme aux longs cheveux est devenue l’une de mes compagnes de jeux.
Je me suis empressée de troquer ses vêtements contre d’autres, créés par mes soins et ressemblant à ce que mon entourage belge appelait alors poliment des « loques », ce qui a étouffé dans l’oeuf ma vocation de styliste.
Un bout de tissu taillé dans une vieille panoplie de Sioux, deux trous pour les bras et hop: j’avais là un manteau « maxi » selon la mode de l’époque ou presque, et très pratique pour vêtir ma Barbie dans la jungle et la forêt, milieux où je la faisais quotidiennement évoluer.
Pour qu’elle n’aie pas froid, je la couvrais de « peaux de bêtes », bouts de tissus recouverts de fourrures synthétiques.
Ma merveilleuse Barbie sortie à la base d’un magazine de haute couture était relookée par mes soins en véritable sauvageonne, descendante directe de la  femme de Cromagnon.
Cristina Cordula en aurait fait une jaunisse.

Au fil du temps, d’autres Barbie m’ont été offertes et j’ai commencé à réaliser, en grandissant, que je n’arriverais jamais à leur ressembler.
Trop grandes, trop belles, trop figées, trop fines, trop blondes, trop… tout.

J’ai donc commencé à nourrir une certaine rancoeur vis-à-vis de cette copine de jeux que les petites filles étaient censées prendre pour modèles… alors qu’elle ne rappelait pas un être humain normal mais un fantasme un peu tordu.

J’ai voué à ma contemporaine une certaine rancoeur, ce qui ne m’empêche pas de l’offrir à celles qui tiennent à elle.
Jusqu’à hier où, au détour des journaux télévisés, j’ai découvert que Mattel se décidait à faire évoluer sa poupée. barbie-ronde-696x355
Enfin!!!!

Désormais, les fillettes pourront trouver des Barbie grandes, petites, voire « rondes », comme annonce la marque.
Même si, à mes yeux, notre ronde de charme (troisième à partir de la gauche), n’est pas si arrondie que cela.

Il était temps…
Notez que je soupçonne la marque de ne pas changer son fusil d’épaule pour le bien des petites filles… mais bien parce que les ventes de Barbie étaient en perte de vitesse et qu’une autre poupée ronde commençait à faire parler d’elle.

Ma contemporaine se décide donc à ressembler aux vraies femmes.
Bienvenue dans la normalité, très chère!

Martine Bernier

Allons bon…
Le voilà arrivé, ce jour doté d’une soirée au cours de laquelle le monde à peu près entier va faire la fête pour accueillir la nouvelle année.
Et je ne comprends toujours pas pourquoi.
Elle aura été terrible cette année 2015, pourtant elle aussi fêtée comme il se doit lorsqu’elle a fait ses premiers pas.
Sept jours après sa naissance pourtant avait lieu la tuerie de Charlie Hebdo, point de départ d’un cycle maudit que nous ne connaissions pas encore sous nos latitudes.

Oui, elle aura été terrible, cette année 2015…
Mais c’est pourtant cette année que sont nés des bébés qui me sont chers.
Marcel, la dernière pépite de Chiboz, Timoté, notre merveilleux lutin, Juliette, le trésor de Stéphane et Céline…
Alors… je ne peux pas trop lui en vouloir, à cette année.
Elle n’est que ce que les hommes en ont fait.
Enfin… certains hommes qui, à mes yeux, n’en sont plus.

Comme je suis incorrigible, même si je sais que cette « guerre » vide de sens est loin d’être terminée, je fais partie de ceux qui gardent espoir.
Sur les plus de sept milliards d’habitants qui peuplent notre planète, ils ne sont qu’un infime pourcentage à vouloir tout détruire.
Les autres rêvent de paix, de pain, de travail, de conditions correctes pour vivre et faire vivre leurs familles.
Et tous les drames que nous avons connus au cours de ces derniers mois ont aussi engendré des élans de solidarité, des prises de conscience, des engagements…

Je ne suis pas convaincue que 2016 sera meilleure que la précédente.
Je l’espère et le souhaite…
Mais de là à sautiller de joie à minuit… non.

Ce soir, mon Capitaine et moi, nous offrirons un repas en tête-à-tête, en amoureux.
Et nous formulerons des voeux pour que cette année qui m’attend et qui, je le sais, me réservera des moments compliqués soit aussi riche que toutes celles que nous avons passées ensemble jusqu’ici.

Je souhaite au monde de voir la fin de ce cycle de violence destructeur.
Et à chacun de vous qui lirez ces lignes, je souhaite une santé solide, un entourage d’amour et de tendresse, un quotidien où vous ne manquerez de rien, et des rêves à réaliser…
Ce soir, quand l’année basculera à la suivante, j’aurai une pensée pour toutes ces familles endeuillées qui ne savaient pas que 2015 leur volerait un être cher à cause d’une poignée de fous sanguinaires.
Je ne sais pas si je vois arriver 2016 avec joie, mais je sais que je vois partir 2015 sans regret.

Martine Bernier