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Littérature

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Rolf, bienveillant compagnon de l’auteur. (Photo Jean-Paul Leclercq)

Si nous avons envie de nous cultiver, de nous enrichir intellectuellement, nous savons tous que Facebook n’est pas la meilleure des adresses, pas plus que ne le sont les autres réseaux sociaux, à quelques surprises près.
Et pourtant.
Voici quelques semaines, j’ai lu sur le site de l’un de mes amis, de nationalité belge, dont j’ai déjà parlé ici, Jean-Paul Leclercq, qu’il venait de sortir un nouveau livre: « Contes amphigouriques ».
Amphigourique n’étant pas un terme que nous utilisons tous les jours, je suis allée vérifier sa définition: « compliqué, confus ».

Les microbes hivernaux m’ayant joué quelques tours pendables je n’ai pas pu commander l’ouvrage tout de suite.
Mais je l’ai fait dès que j’ai retrouvé mon entrain, et je l’ai reçu vendredi.
Là encore, le week-end était trop chargé pour que je puisse commencer ma lecture.
Ce n’est que mardi que j’ai pu m’y plonger.
Ce livre n’est pas le premier de Jean-Paul.
Retrouver sa plume puissante, vive et directe est un régal.
Il est la démonstration vivante que l’être humain possède des ressources étonnantes.
Plus il avance en âge et plus il écrit bien…
Sept contes nourrissent ces pages, et tous ont le même pouvoir: ils vous happent, vous retournent, puis vous clouent sur place avec des chutes complètement inattendues.
Et ce toujours au fil de cette écriture fluide qui vous entraîne là où elle le veut, sûrement, sans mots inutiles.
Ses contes sont captivants…
Un pied dans le quotidien, ce qui nous plonge dans une réalité toute proche, et l’autre au coeur de la nature humaine qui nous concerne tous.

Nous nous retrouvons partiellement dans les personnages, en identifiant d’autres comme ressemblant à des personnes de notre entourage… bref, nous sommes concernés par ces histoires de vies particulières ou non.
Je suis attachée à ce Monsieur dont la vie est un roman et dont la personnalité pudique est si belle.
Ses livres ne sont jamais anodins.
Ils marquent, touchent.
J’aime…
Beaucoup.

Martine Bernier

 

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Saviez-vous que l’une des sources d’inspiration essentielle utilisée par les équipes Disney pour les décors de La Belle au Bois Dormant a été la tapisserie médiévale La Chasse à la Licorne?

Il s’agit d’une série de sept tapisseries réalisées entre 1495 et 1505 à Liège (Belgique) et représentant toutes les étapes de cette chasse mythique.
Elles semblent avoir été commandées par la reine de France Anne de Bretagne à l’occasion de son troisième mariage, avec Louis d’Orléans.critique-la-belle-au-bois-dormant-geronimi2
Ce chef-d’oeuvre se trouve aujourd’hui à New York, au Musée des Cloîtres, où John Hench, l’un des directeurs artistiques de Walt Disney, a longuement été  l’observer, s’en inspirant pour planter le décor de l’univers de la jeune héroïne.
Ne restait plus aux trouver celui qui pourrait superviser les couleurs et le stylisme des décors…
Disney a choisi Eyvind Earle, un centre visionnaire réputé à New York, qui accepta de travailler aux Studios Disney dès 1951.

La Chasse à la Licorne

La Chasse à la Licorne

Il a  complété sa documentation en s’inspirant également du manuscrit des Très Riches Heures du Duc de Berry dont j’ai déjà parlé ici, ouvrage qui date du XVe siècle.
Il a fallu cinq ans de travail à Eyvind Earle pour obtenir le résultat final, parsemé de détails minutieux et de clins d’oeil à de grands artistes comme Boticelli ou les peintres flamands.

Le résultat est une immersion dans l’époque médiévale, mais aussi une ode à la forêt…
Quant à la musique du film, essentielle, elle est l’adaptation du ballet de Tchaïkovski qui a donné son nom au film, et enrichi de chansons composées par Sammy Fain et Jack Lawrence.
Le dessin animé est sorti en 1959, l’année de ma naissance.
Mais lui a une particularité que je n’ai pas: il ne prendra jamais une ride!

Martine Bernier

 

J’aime bien découvrir les divagations des mythes de la littérature.
Et là, j’en ai trouvé deux exemples qui se sont amusés en leur temps à parodier des textes tout aussi prestigieux.
J’avais envie de partager ce que j’ai découvert…

Tout le monde connait les vers de Corneille:

« O âge! O Désesoir! O vieillesse ennemie!
n’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie?
Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers 
Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers? »

 

Dans Chapelain décoiffé (1664), Boileau, Racine et quelques complices se sont amusés à adapter les premières scènes de ce fameux Cid pour l’intégrer à une scène de querelle concernant une pension accordée à Chapelain.
Dispute qui conduira son rival à lui arracher sa perruque:

O rage! O désespoir! O perruque ma mie!
N’as-tu donc tant duré que pour tant d’infamie?
N’as-tu trompé l’espoir de tant de perruquiers 
Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers?

Tsss…
Garnements, va!
Mais celui qui a été le plus impertinent reste le très irrévérencieux Apollinaire qui, lui, s’est attaqué au poème de Verlaine: I pleure dans mon coeur.

L’original est le suivant:

Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville:
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur? 

Et Apolinaire en a fait ceci:

Il flotte dans mes bottes
Comme il pleut sur cette ville.
Au diable cette flotte
Qui pénètre mes bottes!

Quand je vous disais qu’il était irrévérencieux!
Le temps a fait de ces auteurs et poètes des figures de cire intouchables figées entre les pages de nos livres.
Nous avons presque oublié qu’ils étaient des hommes!

Martine Bernier