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Mon Capitaine

Samedi matin, j’avais quelque chose à demander à mon Capitaine.
Et mieux valait faire preuve de finesse…
Je l’ai donc cueilli au saut du lit:

- Dis… j’ai quelque chose à te demander.
- Aïe.
- Mais rappelle-toi que tu as fait la Bosnie, que tu es un homme brave et que tu en as vu d’autres!

Devant son air plus intrigué qu’inquiet, j’ai continué:
-  Héloïse a besoin de nous pour garder ses chats.
- Oh non…

Sa fille, qui doit s’absenter, possède deux maine-coon: Belle, que nous connaissons déjà car elle a passé deux séjours avec nous lorsque nous étions encore en Suisse, et un autre petit mâle de six mois que nous n’avons encore jamais rencontré.
Il était donc évident pour moi d’accepter de m’en occuper pendant quelques jours.
Seul léger détail à gérer: Belle a eu cinq petits qui ont aujourd’hui quelques semaines.
Ce sont donc sept chats qui vont avoir besoin de notre sollicitude pendant l’absence de leur protectrice.
Mon Capitaine a donc dit oui à reculons…

Mais la démonstration de son abnégation ne sera finalement pas nécessaire: ma belle-fille a entre-temps trouvé une autre solution.

Dommage!

Pomme aurait adoré jouer à la nounou!

Martine Bernier

 

 

Il y a quelques jours, mon Capitaine m’a offert un somptueux bouquet de roses grosses comme des pivoines, généreuses…

Exactement les fleurs que j’aime…IMG_0588
Mais il m’a aussi apporté une branche portant quatre petites roses rouges.
Elle est tellement jolie que je l’ai prise en photo, bien décidée à chercher dans mes livres si je trouve le nom de ce charmant rosier.

Ce que j’ignorais, c’est qu’il avait une histoire…
J’ai demandé à mon Capitaine d’où il venait, et il m’a répondu:

- Il vient du Jardin des Soeurs….

Et il m’a expliqué qu’il n’y a pas si longtemps, des religieuses vivaient dans une maison aujourd’hui mise en vente.
Dans leur jardin, elles cultivaient des roses…
Ce coin de verdure est aujourd’hui laissé à l’abandon, envahi par les herbes folles, et des travaux d’aménagement condamnent involontairement la plupart des plantes qui y vivaient.
Parmi elles, ce rosier.
J’ai demandé à mon Capitaine s’il ne serait pas possible de le sauver et de le replanter à côté des nôtres.
Je pense qu’il y a de bonnes chances pour qu’il nous rejoigne bientôt.
Et j’espère qu’au printemps prochain, nous verrons refleurir les roses du Jardin des Soeurs…

Martine Bernier

IMG_0495-ConvertImage

Il est évidemment hors de question que je diffuse sur Internet des photos de Lui… Mais en voici une version filtrée à la mode picturale!

Vendredi.
Je travaille dans mon bureau lorsque je vois entrer un bel officier en grande tenue.
Mon Capitaine…
J’ai eu un choc.
Je ne l’avais encore jamais vu vêtu de cet uniforme.
Par la même occasion, j’ai découvert, sur sa veste, les médailles et les barrettes qui sont les témoins de sa carrière militaire.
Son autre vie…

- C’est pour la cérémonie du 11 novembre?
Oui. Je vais y aller, demain. Tu m’accompagnes?

Cela allait de soi.
Je ne l’ai pas connu à l’époque où il était encore en fonction: je n’allais pas manquer l’occasion!

Samedi 11 novembre.
L’Armistice de 1918 est salué par une petite cérémonie officielle, dans le village.
Nous nous y rendons.
Pour moi, c’est une première.
Je suis touchée d’être là, rendant par la même occasion hommage à mon grand-père qui a été soldat durant cette horrible guerre, et qui a été gazé dans les tranchées.
Il en était sorti vivant, mais à quel prix…
Mon Capitaine s’aligne à côté des officiels.
En civil déjà, grâce à sa stature, il en impose.
Là, il est martial, grave, et les regards qui sont portés sur lui me touchent.

Le maire a prononcé un discours sobre, ponctué par la lecture des noms des hommes tombés pour la France, dont le souvenir reste gravé sur le Monument aux Morts.

En les écoutant, j’ai réalisé que, lors de la Grande Guerre, ce petit village qui compte aujourd’hui moins de 350 habitants, a déploré la disparition de plusieurs jeunes, dont certains étaient membres de la même famille.
La Seconde Guerre Mondiale a emporté un autre enfant du pays, et un autre encore a perdu la vie en Indochine.
Lourd tribu pour une commune dont la superficie ne dépasse pas 5 km2…

Ce 11 novembre, chaque commune a célébré l’Armistice en organisant des cérémonies comme celle-ci.
La pluie a, paraît-il découragé pas mal de monde à se déplacer.
Mais même sous nos parapluies, nous étions une bonne quarantaine à être présents.
Et parmi nous, des enfants qui ont tenu à être là comme chaque année pour chanter la Marseillaise.
Emouvant…

Martine Bernier