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Monet

 

Giverny Photo Bruno Guédot

Giverny
Photo Bruno Guédot

Ca y est…
Hier, mes derniers livres d’art ont disparu des rayonnages pour se retrouver dans des cartons.
Et parmi eux, ceux consacrés à Monet et à sa peinture.
Un petit crève-coeur pour moi.
Je me répète sans doute, mais une fois que ces livres s’éclipsent, je ne me sens plus chez moi.

Le soir, mon Capitaine et moi avons passé une soirée délicieuse au cours de laquelle il a su me faire oublier ces inconvénients momentanés.
Cerise sur le gâteau, au moment de regarder un journal télévisé, je découvre un reportage consacré au jardin de Monet à Giverny…

J’y ai appris à ma grande stupéfaction que James Priest, le jardinier anglais qui en était responsable depuis 2012, est parti en janvier, et que le poste a été repris en intérim par Gilbert Vahé, le jardinier chef qui en a été responsable pendant de longues années jusqu’à sa retraite.
J’ai eu la chance de rencontrer les deux hommes au cours de deux visites différentes, et de leur consacrer à chacun un article.
Je les ai appréciés tous les deux, et j’ai appris une multitude de choses à leur contact.
Mais la nouvelle est étrange, même si elle n’était pas au coeur du reportage diffusé.
C’est bel et bien le jardin et son histoire qui en étaient le coeur.
Je l’ai suivi avec délice… et n’ai pas pu empêcher de me dire que la coïncidence était amusante…
Monet semblait revenir me faire un clin d’oeil!

Martine Bernier

monet

Coïncidence?
Sans doute, oui…
Toujours est-il que, au cours de cette semaine marquée par l’exposition dont j’ai parlé, à la Fondation Gianadda, un livre m’a été envoyé par en service de presse par une maison d’édition.
Une bande dessinée appelée « Monet, Nomade la lumière ».

Des albums consacrés à de grandes personnalités, artistes ou autres, j’en ai lu beaucoup.
Lorsque j’ai vu la couverture de celui-ci, j’ai apprécié le choix du dessin qui y figure.
Monet à Giverny, debout sur son pont japonais surplombant le bassin des nymphéas.
Et j’ai commencé la lecture de ce roman graphique.
L’histoire commence en 1923.
Accompagné par son ami Georges Clemenceau, Oscar-Claude Monet doit se faire opérer d’une double cataracte qui lui fait perdre la vue.
A son retour à Giverny, il doit rester durant trois jours les bandés.2137_P2
Il ne lui reste pas d’autres choix que de rester tranquille et de profiter de ce repos forcé pour revenir sur sa vie, ses souvenirs, ses tourments, ses réussites, ses regrets, sa vie d’homme et d’artiste…

J’ai lu bien des biographies et autres livres consacrés au chef de file des Impressionnistes, mais jamais sous forme de BD.
Monet au panthéon du 9e Art, comme l’ont déjà été avant lui Picasso ou le Caravage: le clin d’oeil est audacieux…

Le travail fourni par le dessinateur Efa, et par le scénariste Salva Rubio est énorme, remarquable.
La documentation est solide, fouillée, l’histoire bien construite…
Quant au dessin, il rend hommage à Monet, y compris à travers la reproduction de certains de ses tableaux.

Claude Monet à Giverny

Claude Monet à Giverny

J’aime particulièrement la planche ci-dessus, le paysage, l’intimité amicale entre Clemenceau et Monet, le retour à Giverny après l’intervention…

L’ouvrage de 117 pages se termine par un dossier bien conçu, revenant sur les oeuvres citées dans l’ouvrage.
Si je devais émettre un petit regret, ce serait celui de voir l’album ne pas développer les années Giverny, période qui aurait mérité un deuxième tome… et qui aurait permis de prolonger le plaisir de cette belle lecture.

Martine Bernier

« Monet, Nomade de la lumière », Salva Rubio et EFA, Ed Le Lombard

La Barque (1887)

La Barque (1887)

Lorsque s’est terminée l’exposition consacrée à Monet à la Fondation Pierre Gianadda, en novembre 2011, j’ai été envahie de nostalgie.
Je m’y étais rendue plusieurs fois sans jamais me lasser…
Et savoir que ces tableaux repartaient m’avait laissée mélancolique.

A peine plus de cinq plus tard, le Maître de l’Impressionnisme revient donc à la Fondation en compagnie d’Holder et de Munch… et c’est un cadeau.
J’ai toujours la même habitude, lorsque je pénètre dans les lieux: installée au premier étage,  je contemple une première fois l’exposition depuis la galerie, ce qui me permet de repérer les oeuvres en un regard.
C’est ainsi que j’ai réalisé que La Barque était de retour, cette toile que je ne me lasse pas de voir et revoir, dans laquelle il excelle à peindre les mouvements de l’eau.
De longs traits de couleurs ondulants représentent les herbes aquatiques flottant à la surface de l’eau.
Il suffit de reculer de quelques mètres pour que l’illusion soit parfaite…
Et puis… il y a la star incontestée de l’exposition, celle qui a laissé son nom à

Impression, soleil levant (1872)

Impression, soleil levant

l’impressionnisme: Impression, soleil levant (1872).
C’est un monument, l’un des tableaux qui a sans doute fait couler le plus d’encre… sans doute bien plus qu’il n’aura fallu de peinture pour le réaliser…

Pour l’instant, c’est une reproduction qui est présentée au public, mais dès le 9 mai, elle sera remplacée par l’original, jusqu’au 11 juin.
En arrivant devant la copie accrochée, aux premières minutes d’ouverture de l’exposition, nous avons pu la regarder seuls pendant quelques minutes.
Savourer cette boule solaire rayonnante éclairant d’une lumière à la fois vive et tendre la vie  du port.
Plusieurs fois pendant notre visite, je suis repassée devant la copie du chef-d’oeuvre et j’ai écouté les commentaires des visiteurs.
Ils étaient nombreux à le contempler…

Un autre tableau m’a happée au passage: La Vallée de la Creuse, effet du soir.
Comme pour La Barque, il propose plusieurs lectures, selon qu’il est regardé de près ou de loin.

Vallée de la Creuse, effet du soir (1889)

Vallée de la Creuse, effet du soir (1889)

La Creuse devient sa muse et l’inspire avec bonheur…

Et puis… il y a certains de ces tableaux qu’il a peints à une période très difficile de sa vie, alors qu’il perdait son acuité visuelle.
(voir http://www.ecriplume.com/2012/06/les-yeux-de-monet/ )
Des toiles émouvantes, qui nous parlent du combat qu’il a livré pour pouvoir continuer à pratiquer son art.

Le printemps 2017 est un régal à la Fondation Gianadda… autant sur les murs que dans les jardins!

Martine Bernier

A la Fondation Pierre Gianadda
jusqu’au 11 juin 2017
Tous les jours de 10h à 18h
Rue du Forum 59
1920 Martigny (Suisse)
http://gianadda.ch