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Peinture

Expoaquarelles

Il y a deux ans, je m’étais rendue à Martigny pour les besoins d’un petit reportage.
J’y avais rencontré les participants à un cours d’aquarelle organisé par Pro Senectute Valais, et placés sous la bienveillante houlette de leur professeur, Pierre-Alain Corthay, peintre, guide de montagne et éducateur.

Une belle brochette d'artistes

Une belle brochette d’artistes

Point d’orgue de leur cheminement, ils  avaient proposé une exposition de leur travail au Centre de Loisirs et de Culture, et j’étais allée à leur rencontre, découvrant au passage des personnalités attachantes et quelques jolis talents.

Deux ans plus tard, donc, Pierre-Alain Corthay, Nathalie Humbert, animatrice socioculturelle de Pro Senectute Valais, et sa collègue Evelyne Emery ont récidivé avec une deuxième exposition, un peu particulière.
Cette fois, c’est dans un lieu bien différent qu’a eu lieu le vernissage, puisque  les aquarelles sont exposées à la fois dans les vitrines des commerçants du Bourg de Martigny et dans un endroit très particulier appelé la Grange à Emile.

J’avais annoncé l’exposition sous forme d’encadré, et il n’était pas prévu que je rédige un autre article.
Mais mes interlocuteurs m’ont invitée à leur rendre visite, et j’ai promis que je trouverais un moment pour le faire.
Hier donc, je m’y suis rendue avec mon Capitaine, et j’ai découvert un lieu plein de charme et de cachet, et des aquarelles de belle tenue, mariant différents styles et sensibilités.
Les exposants s’appellent Dominique Hennemann (seul homme du groupe), Thérèse Fragnière, Liliane Michaud, Claudine Rotelli, Josiane Wehrli, Liliane Grandi, Agnès Luisier.
Tous sont des amateurs doués, débutants ou avertis.
Découvrir les talents artistiques qui sommeillent au fond de chacun d’entre nous est toujours touchant, et quelquefois surprenant.
Les surprises et de séduisantes petites perles ne manquent pas parmi les tableaux accrochés à la Grange à Emile.
Cette grange, d’ailleurs, parlons-en…

Grâce aux explications de nos hôtes et à la plaque placée sur la façade, j’ai appris qu’elle avait été construite par Emile Darbellay (1887-1972) pour les besoins de son exploitation agricole.

Pierre-Alain Corthay devant la Grande à Emile

Pierre-Alain Corthay devant la Grande à Emile

En 2008, son fils, Maxime, l’a cédée à la commune de Martigny.
Huit ans plus tard, l’administration communale de Martigny a accepté de baptiser le lieu « La grange à Emile », et ce sur une proposition du petit-fils d’Emile Darbellay… qui n’est autre que Léonard Gianadda.
La Fondation Annette et Léonard Gianadda a d’ailleurs soutenu la restauration de ce bâtiment témoin du passé, qui, aujourd’hui, commence à recevoir des manifestations culturelles.
Voilà donc deux bonnes raisons justifiant la visite: la découverte d’un bouquet de talents, et celle de cet espace culturel hors normes, dans le cadre plein de charme du Bourg de Martigny…

Martine Bernier

Exposition à la Grange à Emile: jusqu’au 9 avril ouvert les mercredi, vendredi, samedi et dimanche, de 15 à 19 heures.

La grange se trouve à la rue de Fontaines, à Martigny.
Information Pro Senectute Valais: 027 322 07 41

 

Depuis quelques jours,  je me penche sur un aspect de la peinture auquel je suis moins sensible: le fauvisme.
Et particulièrement sur la démarche de Matisse, dont les oeuvres seront présentes à la Fondation Gianadda l’an prochain.
Contrairement à beaucoup  d’autres courants comme tous ceux qui ont précédé le cubisme ou, plus tard, le surréalisme ou la peinture métaphysique, celui-ci ne déclenche pas chez moi d’émotion particulière, à quelques exceptions près, comme « La Danse ».

Matisse: "La Danse"

Matisse: « La Danse.

Donc, j’ai décidé de me pencher sur la question et d’étudier plus en profondeur ce mouvement amorcé par Cézanne, pour me préparer à l’exposition 2015.
Il est pour moi moins abordable que les autres au premier abord.
À défaut d’aimer naturellement, il faut au moins que je comprenne!
J’en ai parlé à mon Capitaine et je me suis procuré un livre sur Matisse, sur sa vie, sa démarche artistique, son travail.
Celui qui m’accompagne a voulu participer à ma petite recherche, sans rien dire.
Dimanche, en allant au salon, j’ai réalisé qu’il y avait un livre inconnu sur la table basse.
Un petit livre carré, aux pages cartonnées, présentant sur chaque page le détail d’un tableau de Matisse, le tout accompagné d’une phrase sans intérêt pour un adulte.
Public cible: les enfants de 2 à 4 ans.
Un peu interloquée, j’ai pris le livre et je suis allée vers mon Capitaine, qui m’a regardée, un peu confus:

- Ah, tu l’as trouvé? Oui… j’ai voulu te trouver un bouquin sur Amazon. Je crois que je me suis fait avoir… Je n’ai pas osé te le donner. Donc je l’ai posé sur la table en me disant que tu le trouverais.

Il avait l’air  tellement penaud, que j’ai été prise par un fou rire magistral, très contagieux.
Nous étions là, tous les deux, à pleurer de rire dans la cuisine sous l’oeil inquiet de Pomme qui avait l’air de craindre pour notre état mental.
Entre deux hoquets, j’ai réussi à articuler, en désignant l’ouvrage:
- Merci beaucoup! Il va bien m’aider!

Martine Bernier

 

 

 

 

 

 « Danaé », peinte en  1905-1906

 

                                                                                                                                                                                                     

 

Klimt

 

                                                                                                                                                                                                                                                               

 J’aime le monde pictural de Gustav Klimt sa façon de traiter le thème de la femme, la profusion d’or et de couleurs dans ses tableaux.                                                            

Impossible de ne pas le remarquer: il était très en avance sur son époque, ce peintre né le 14 juillet 1832 près de Vienne, dans une famille qui comptera sept enfants.
Klimt a débuté sa vie en suivant sagement les cours de l’Ecole des Arts Décoratifs de Vienne.

La première partie de sa carrière, il la consacrera à la décoration, réalisants des fresques, ornant des plafonds de théâtres et d’édifices publics.Il excelle dans son métier où il se taillera une belle réputation, laissant de plus en plus libre cours à une modernité qui bouleverse la société.

Il peint également des toiles où il laisse éclater sa créativité.
L’or déferle dans ses toiles.
Comme dans « Le Baiser », peint entre 1907 et 1908.
Il s’y représente, enlaçant sa compagne Emilie.
Bien que les personnages sont au centre d’une scène au fort pouvoir érotique, la censure n’a pas pu intervenir: couverts, ils ne sont pas choquants.

Le scénario n’a pas été un peu plus tôt, avec « Danaé ». 
La sensualité raffinée des oeuvres de Klimt ne cadre pas avec la peinture traditionnelle viennoise.
C’est ce qui le pousse, en 1887, à fonder l’Association des artistes autrichiens avec dix-huit de ses amis, après avoir quitté avec fracas l’association des artistes viennois (Künstlerhaus).
Dans l’Histoire de l’Art, cet épisode restera sous le nom de « Sécession viennoise ». 

Ces artistes ont provoqué un véritable schisme, mais rien ne les arrête.
Ils se démarquent de leurs aînés, s’intéressent aux nouveaux courants de l’art à l’étranger, encouragent les conceptions modernes.
Leur devise? « A chaque siècle son art, à l’art sa liberté ».
Gustav est le porte-drapeau de ce groupe rebelle.

En 1906, il termine son chef-d’oeuvre: « Danaé ».
Un nu magnifique qui va choquer l’héritier du trône, François-Ferdinand.
Sa réaction ne se fait pas attendre: il refuse la nomination de Klimt en tant que professeur à l’Académie des Arts Décoratifs.
Danaé est très belle, née de la mythologie grecque qui dit d’elle qu’elle a été fécondée par une pluie d’or envoyée par Zeus, et qu’elle donna naissance à Persée.
Il a beau être le symbole d’un grand vent de liberté, le tableau choque parce qu’il représente l’extase amoureuse.
Le symbolisme des pièces d’or roulant sur Danaé est trop fort, son visage trop expressif, son corps trop voluptueux. 

Adolf Loos, un architecte viennois, est l’un des détracteurs les plus virulents de Klimt:
« Celui qu’à notre époque encore quelque compulsion interne pousse à maculer les mus de symboles érotiques, celui-là est un criminel ou un dégénéré. »

Qu’importe les avis des frileux, l’artiste restera fidèle à la ligne qu’il s’est choisie.
Et tant pis si ses oeuvres scandalisent le milieu universitaire viennois: cela ne l’a  pas empêché de recevoir la médaille d’or à l’Exposition universelle de Paris en 1900, puis le premier pris de l’Exposition internationale de Rome pour sa toile « La Vie et la Mort ».

La mort, qui hantait le peintre, l’a rattrapée en 1978 où il est décédé d’une crise d’apoplexie le 6 février.

Martine Bernier