septembre 2017
L Ma Me J V S D
« août    
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
252627282930  

Catégories

Politique

1070franzoliviergiesbertb.jpg
Quand Franz-Olivier Giesbert écrit une biographie, il n’est pas tendre.
Ce n’est d’ailleurs pas sa vocation, lui qui s’applique à rendre la réalité des faits… à travers le filtre de sa sensibilité.
Le livre qu’il a consacré à Nicolas Sakozy, « M. Le Président, Scènes de la vie politique 2005 — 2011), est à la fois réussi et dur.
Réussi parce qu’il se lit comme un roman.
Rien ne semble lui échapper, et surtout pas les travers du président.
Dur, justement, parce qu’il passe en revue, très méthodiquement, tout ce qui fait de Sarkozy un personnage controversé, raillé, parfois insupportable, caricatural.
En contrepartie, honnête, Giesbert fait également l’inventaire de ses qualités, de ses réussites, explique l’enfance mal vécue de ce président qui a un énorme besoin d’être aimé et reconnu.

Le livre est dérangeant, mais captivant.
Et puis, il y a la fin.
Un épilogue qui, pour moi, est la meilleure partie de l’ouvrage
Une réflexion sur la difficulté du travail de biographe et le récit d’un entretien entre les deux hommes, dans lequel Nicolas Sarkozy se livre.

Touchant.

Et puis… ces dernières phrases de l’auteur, lapidaires:

« Parfois il faut cinquante ans pour faire un homme. Parfois soixante
Nicolas Sarkosy n’est plus tout à fait le même.
Il a peut-être enfin commencé à se trouver.
Il est fait ; il est fini. »

Martine Bernier

« M. Le Président, scènes de la vie politique 2005 — 2011″, Franz-Olivier Giesbert, Editions de Noyelles. Disponible désormais aux Editions France Loisirs.

J’ai toujours eu le sentiment que la culture que nous accumulons au fil de nos vies provient de diverses sources différentes. Il y a ce que nous apprenons lors de notre cursus scolaire, ce que nous étudions par passion ou par intérêt, et ce qui nous vient des différentes rencontres marquantes que nous pouvons faire au cours de notre existence. Si vous aimez un homme qui aime Napoléon, vous l’écouterez en parler, même si vous ne partagez pas son enthousiasme. Mais vous approfondissez le sujet, vous apprenez… et c’est finalement bien le but de l’opération.

Un jour où nous faisions le questionnaire de Proust, l’un de mes proches m’a dit qu’il admirait profondément Jean Jaurès. J’avoue humblement que, si je savais bien sûr qui était le personnage et si je connaissais deux ou trois grandes lignes de sa vie, ma connaissance en la matière était très minimaliste. Aussi ai-je regardé, lundi soir, le téléfilm que France 2 lui a consacré, avec le décidément excellent Philippe Torreton.
Puis, ce soir, j’ai pris mes livres et j’ai cherché à en savoir un peu plus.

La complexité du personnage m’a intriguée. Né dans une famille bourgeoise, agrégé de philosophie, professeur en faculté, c’était un intellectuel pur. Sa carrière politique a révélé sa dimension humaniste, courageuse, engagée, son éloquence. J’ai redécouvert ses combats en faveur de la classe ouvrière. Et je me suis rappelé  la phrase qui termine la chanson de Brel: « Pourquoi a-t-on tué Jaurès?… »

Oui, au fond, pourquoi? J’ai questionné celui qui l’admire, et il m’a expliqué les bases de l’histoire, que j’ai complétées par ma lecture.
Il militait contre le service militaire de trois ans, estimait que la guerre était aberrante sur le plan humain, mais aussi par le fait que, du point de vue socialiste, elle était une diversion du capitalisme international au détriment des citoyens les plus démunis.
Son attitude lui a valu l’hostilité des milieux patriotiques et modérés. Lui qui a lancé des appels de portée mondiale en faveur de la paix a reconnu, au fur et à mesure qu’évoluait la crise de 1914, que le gouvernement français souhaitait la même chose que lui.
Et puis, dans la soirée du 31 juillet 1914, il a été assassiné à Paris, au Café du Croissant, par un nationaliste, Raoul Villain, qui portait plutôt bien son nom.
Quelqu’un a écrit que lorsque l’on a tué Jaurès, il n’y a plus eu d’obstacle à la guerre.
Son meurtrier a dit avoir agi seul, sous aucune influence, pour « éliminer un ennemi de son pays ». Et le comble… c’est qu’il a été acquitté, alors que son procès se déroulait dans une ambiance fortement nationaliste, après avoir passé toute la durée de la guerre en prison, en attente de son procès.

Combien de grands hommes ont été assassinés par des êtres limités… Gâchis.

Martine Bernier

Soit vous vous abstenez de voter, soit nous prenons votre vie.

C’est le choix que donnent les talibans à la population dans le sud de l’Afghanistan. Alors que dans quatre jours auront lieu les élections provinciales et présidentielle, ils ont averti qu’ils attaqueraient les bureaux de vote. Pour être bien sûr que leur message passe bien, ils ont distribué des tracts  en soulignant qu’ils utiliseraient de “nouvelles tactiques”.

L’attentat-suicide de samedi à Kaboul a donné un aperçu très clair de ce que sont capables les talibans. Leur attaque menée près du quartier général des forces de l’Otan dans le secteur réputé pour être le plus sécurisé de la capitale a fait 7 morts et près d’une centaine de blessés.

Encore un pays où le simple fait de s’exprimer met la vie de ceux qui le font en danger. En Suisse, nous votons très régulièrement. Beaucoup plus souvent qu’en France où le vote est aussi un acte quasi banal. Nous avons de la chance. Nous avons le droit de donner notre avis, en toute quiétude. La liberté est si précieuse…

Je pense au commandant Massoud, cet homme dont j’ai profondément admiré le courage, et qui s’est battu pour protéger son peuple des talibans. Les hommes sont-ils vraiment capables de revenir un jour à la raison? J’en viens à douter…

Dans quelques jours, la maison protégée par la petite statuette dans sa niche de pierre ne sera plus « ma » maison. Je comprends le sens de l’expression: vivre un véritable chemin de croix. J’essaie de prendre sur moi, de tenir. Et lui, dans tout cela, direz-vous? Je pense qu’il n’est guère possible de faire pire.

La nuit commence à tomber. Il fait une chaleur étouffante. Peut-être le visiteur du soir, mon visiteur des étoiles,  viendra-t-il me faire sa visite téléphonique dans quelques minutes comme il le fait depuis une semaine. Un moment de grâce que je déguste en regardant passer les étoiles filantes, quand elles viennent elles aussi au rendez-vous.

Martine Bernier