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Pomme

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Pour  habiller le hall d’entrée, j’ai acheté un tapis choisi de concert avec mon Capitaine.
Et pas n’importe lequel…
Je le voulais rond, et si possible particulier.
J’ai donc cherché, cherché, cherché… jusqu’à tomber en arrêt devant celui-ci dont l’histoire est étonnante.
Avec ses motifs orientaux, il est  la copie conforme du plus ancien tapis dans le monde, nous dit-on.
Les dessins reproduits sont ceux recopiés dans les moindres détails de celui découvert dans une tombe scythe.
Pas de date, mais juste cette mention.

Lorsque le tapis est arrivé, Eya, 5 ans 1/2 passait la journée avec nous.
J’ai installé mon trésor dans l’entrée et je l’ai découvert en sa compagnie:
- Je le trouve magnifique… et toi?
- Oui, il est beau. Et il est doux!!!
- Tu as vu ces dessins? Mais… c’est un éléphant?

Eya éclate de rire:
- Mamytine, tu n’as encore pas mis tes lunettes!
- Pourquoi??? Ce n’est pas un éléphant??
- Non! C’est un cheval!

Hum.
Je suis illico partie chercher mes lunettes pour poursuivre l’étude de l’objet en question.
Pomme, de son côté, en est tombée amoureuse dès l’instant où je l’ai installé.
Elle s’y prélasse, couchée sur le dos, les pattes en l’air, s’y installe pour y déguster une friandise, y joue en lançant ses jouets aux quatre vents…
Ce qui m’a poussée à établir quelques règles:
- Pomme, tu as le droit d’aller sur le tapis à une condition: à chaque fois que tu rentreras depuis le jardin, je t’emmènerai dans la douche pour t’y laver les pattes.
C’était il y a trois jours.
Depuis, Pomme prend d’elle-même le chemin de la douche après chaque sortie.

Quant à moi, il était évident que je n’allais pas en rester là.
Depuis hier matin, je me suis plongée dans l’histoire du peuple scythe dont je connaissais à peine l’existence.
Et ce que je découvre me fascine…
Mais ça… c’est une autre histoire!

Martine Bernier

 

Depuis que nous avons émigré en Franche-Comté, Pomme a radicalement changé de vie… et, par moment, de personnalité.
Sans trop rentrer dans les détails, elle me fait sa crise d’adolescence (à presque 8 ans, c’était le moment!), devient plus indépendante, et rechigne parfois  à rentrer quand l’heure arrive de quitter son jardin adoré.
Fière de son territoire, elle y accepte les poules, tolère les mésanges, mais voit d’un très mauvais oeil les passages du chat habitué des lieux qui continue à estimer que ce territoire est le sien.
Lorsque les élans de mon Mogwaï sont coupés par le fait que je ne lui ouvre pas les portes-fenêtres, ledit chat,  cabotin à souhait, réprime un geste de fuite et, dès qu’il a compris qu’il ne risquait rien, parade devant le nez de mon lion domestique, passant la tête haute, d’un pas nonchalant, dédaigneux de la fureur qui éclate de l’autre côté de la vitre.
Très fâchée, Pomme révèle alors son côté Mogwaï Hyde!

Evidemment, lorsqu’elle a accès à l’extérieur, le scénario est différent.
Mistigri fonce alors vers les passages sous les haies, poursuivi par un bichon tonitruant qui le raccompagne manu military hors des frontières.
Mais je sais pertinemment que si notre visiteur ne fuyait pas, Pomme serait nettement plus amicale envers lui.
Pour elle, cette course est un jeu… et elle redevient mademoiselle Jekyll…

A force de passer sa vie à parcourir le jardin et à refuser de chausser des bottes, Pomme est… sale.
Je dirais même très sale.
Fini les mines précieuses de ma bichonne de salon.
Désormais, lorsqu’elle lève délicatement une patte en nous regardant pour donner l’impression qu’elle nous écoute, la patte en question est boueuse, voire dégoulinante lorsqu’elle a pataugé avec volupté dans la gadoue.

Samedi, constatant que mon Mogwaï avait bien besoin d’un rafraîchissement, je l’ai invité à me suivre à l’étage, à la salle de bains.
A ceci près que laver ma bichonne est nettement plus compliqué aujourd’hui qu’hier.
Après moult supplications, j’ai fini par la voir apparaître à l’entrée de la salle de bains, aussitôt félicitée comme il se doit.
J’ai donc commencé à faire couler de l’eau dans la baignoire pour lui donner un bain.
Mauvaise idée…
En me retournant pour l’inviter à entrer dans l’eau… elle avait disparu.
Mes appels n’y changeaient rien: plus de Pomme à l’horizon.
Après cinq bonnes minutes de recherches à travers la maison, j’ai fini par la retrouver et la ramener vers le lieu du supplice.
Je l’ai posée dans un fond d’eau tiède, convaincue que tout serait désormais simple.
Grossière erreur…. les éléments semblaient s’être ligués contre moi.
En prenant le pommeau de douche pour la mouiller complètement, j’ai eu une surprise un brin désagréable.
Personne ne m’avait prévenue que le flexible fuyait.
Je vous épargne les détails, mais… je me suis retrouvée trempée tandis que Pomme, elle, les quatre pattes dans un fond d’eau, n’avait pas pris une goutte.
Et le comble, c’est qu’elle semblait trouver cela très drôle.
Dépitée, je lui ai exposé mon plan B:
- Bon. Je vais te mettre dans la douche pour terminer ta toilette…
Chose dite, chose faite.
Je la pose dans la douche italienne, me retourne pour prendre son shampoing, revient et… plus de Pomme.
Elle en avait profité pour filer.
J’ai rattrapé la fuyarde alors qu’elle s’engageait dans l’escalier, l’ai ramenée et ai terminé sa toilette.
Dernière phase de l’opération après l’avoir frottée dans sa serviette personnelle: le passage au sèche-cheveux.
Mais là encore: pas question pour elle de coopérer.
Elle s’est couchée sur le flanc gauche, ne me permettant de sécher que le côté droit.

Bilan des opérations, après une bonne heure de combat: Pomme est repartie jouer, séchée uniquement sur un côté, pateaugeant sans le moindre remord dans la première flaque de boue rencontrée.
Que dire…
Om mani padme hummmmmm….
Martine Bernier

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Depuis que nous avons posé nos bagages en Franche-Comté, Pomme s’éclate.
Entre ses explorations interminables du jardin et de la maison, ses jeux, l’intérêt qu’elle porte aux visiteurs et aux artisans, et nos propres visites pour lesquelles elle nous accompagne, elle ne sait plus où donner de la tête.
Mais l’activité qui lui prend le plus de temps, il faut bien l’avouer, c’est… la surveillance des oiseaux.
Pas des poules, non.
Elles, elle se contente de les observer du coin de l’oeil discrètement.
Les oiseaux, eux, ont adopté un comportement qui semble l’agacer prodigieusement.
Ils sont une vingtaine de passereaux à se percher sur la barrière de l’enclos des poules et à plonger en direction des mangeoires.
Rien n’y fait.
Si la nourriture est à l’intérieur, ils s’empressent d’entrer, laissant un ou deux guetteurs derrière eux chargés de donner l’alerte.
Leur manège est très drôle… sauf pour Pomme qui s’est fixée pour mission de ramener l’ordre dans nos colonies!
Et qui surveille même depuis la maison quand le temps la contraint à ne pas sortir!

Martine Bernier