juillet 2018
L Ma Me J V S D
« juin    
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
3031  

Catégories

Pomme

Aaaah…

Ce premier jour de retour après avoir été mal en point, qu’est-ce que je l’apprécie!
Je suis passée depuis hier de l’état de zombie à celui de ressuscitée encore un peu faiblarde, mais bel et bien revenue parmi les vivants.
Ce matin, aux aurores,  j’ai tenu à remercier mes deux fidèles gardes-malade.
J’ai commencé par Pomme que j’ai cajolée en lui disant combien j’étais touchée qu’elle ne m’ait jamais quittée un instant pendant cette semaine compliquée.
Ravie, elle m’a gratifiée de léchouilles joyeuses.

Puis je suis passée à mon Capitaine qui a été merveilleux lui aussi.
Je lui ai exprimé ma reconnaissance et il a eu cette phrase sobre:
- C’est normal d’être là pour la femme que l’on aime.

Finalement, être malade, ça a aussi ses bons côtés!

Martine Bernier

 

Nous ne sommes pas les seuls à recevoir fréquemment la visite d’amis.
Pomme a elle aussi quelques copains qui portent des noms aussi exotiques que Vegas, Dandy ou… Sankha.
Par son physique et sa personnalité, Sankha ressemble beaucoup à Clochard, le chien rendu  célèbre par Walt Disney dans « Belle et le Clochard ».

disney-film-belle-et-clochardComme lui, il est extrêmement attachant, a une personnalité  et un look un peu gavroche.
Le mimétisme entre l’homme et son animal est ici flagrant.
A force de partager la vie du jeune homme qui l’a adopté, il a fini par lui ressembler.
Il se sent bien partout, a déjà beaucoup voyagé, est connu comme le loup blanc dans l’enceinte de grands festivals d’été européens, dans une île espagnole et dans une station de montagne où son maître a travaillé en saison.
Sankha le baroudeur est indépendant mais très bien élevé.
Lorsque son maître revient dans la région pour rendre visite à ses parents, il les retrouve avec une joie débordante.
Il faut dire qu’il connaît très bien Bernard, ami de mon Capitaine et père de son compagnon de route.
Il l’a gardé souvent, parfois pour de longues périodes, et tous deux sont habitués l’un à l’autre.

Il y a quelques jours, nous n’avons donc pas été surpris de les voir arriver tous les deux, à la grande joie de Pomme, ravie de retrouver ce copain à l’aura d’Indiana Jones.
Comme Sankha n’est pas dépourvu de galanterie, il joue avec elle sans jamais la brusquer, l’invite à le suivre dans ses courses folles dans le jardin.
Mais s’il a de longues pattes, ce n’est pas le cas de Pomme qui prend des raccourcis pour l’attendre au point de départ où elle sait qu’il va forcément revenir.
Comme notre visiteur est malin, il a très vite compris que j’aime les animaux et que ses frasques m’amusent.
Il sait que Bernard ne veut pas le voir entrer dans notre maison, ne le tolérant que dans la véranda, mais comme il a ma bénédiction, il s’aventure parfois à faire quelques pas dans la cuisine, voire un peu plus loin si personne n’intervient.
Au cours d’une précédente visite, je l’ai donc vu faire irruption timidement dans mon bureau précédée par Pomme qui semblait lui dire: « Viens, je t’emmène voir où on travaille! Non, non, ne t’inquiète pas, elle ne dira rien… »

Autant dire que j’ai craqué devant leurs regards interrogateurs qui me guettaient à l’entrée, accompagnés par de légers battements de queue un peu hésitants: allons-nous être bien accueillis ou va-t-elle nous chasser?
Autant dire aussi que j’ai recraqué à sa plus récente visite lorsque je l’ai vu se glisser dans la cuisine en douce et où je l’ai entendu croquer le plus discrètement possible quelques croquettes de Pomme.
Comme, amusés, nous l’avons laissé faire, Sankha s’est aventuré un peu plus loin, jusqu’au salon.
Quelques secondes après, il revenait discrètement dans la véranda, tenant dans sa gueule un jouet en fausse fourrure de Pomme.
Ce qui a bien sûr fait réagir Bernard:
- Mais dis donc, toi! Il n’est pas à toi, ce doudou!

La scène était à la fois hilarante et touchante.
Pomme, qui est très partageuse, le regardait avec bienveillance.
Mais comprenant qu’il y avait une réprimande dans la voix qu’il venait d’entendre, Sankha a lâché le doudou, le posant délicatement sur le tapis de Pomme.
Irrésistible…

Martine Bernier

Mardi matin.
Comme chaque jour, Pomme attend avec impatience que je m’engage dans l’escalier pour ouvrir les stores et les volets du rez-de-chaussée et… la porte du jardin donnant sur son royaume.
Ce jardin qui semble la passionner autant que moi vu le temps qu’elle y passe ou qu’elle passe à l’observer depuis mon bureau… pourtant ouvert.
Lorsque je me dirige vers l’enclos des poules en vérifiant chaque rosier en passant, elle ne me suit pas.
Les poules ne présentent aucun intérêt pour elle, elle préfère les surveiller de loin et m’accueillir lorsque je les quitte.
Je l’ai déjà expliqué: le rituel matinal reste toujours le même.
En entrant dans l’enclos, je m’annonce par un « C’est moi! Je suis là… » puis j’ouvre la porte du poulailler où je suis accueillie par le traditionnel tintamarre contenant les revendications de chacune.
Sur le perchoir, Kaki tend son cou vers moi et ne se tait que lorsque je l’ai caressée, Plume attend sa papouille plus calmement, Praline me recherche et me tolère tout en restant très méfiante et Chine… continue à ne pas vouloir bouger de son couvoir.
Elle roucoule avec ce chant si particulier des poules couveuses, se laisse caresser, mais ne bouge pas d’un iota.
Comme chaque matin, j’ouvre les tiroirs en plastique contenant les différentes graines que je leur offre et je choisis le menu du jour.
Je connais leurs préférences mais ce jour-là, je veux essayer de les cantonner au  blé.
D’habitude, dès que je sors avec mon pot rempli de graines, elles volent et me suivent avec empressement.
Là… rien.
Juste un concert de jérémiades.
Je retourne dans le poulailler où elles attendent clairement que je les dépose moi-même par terre.
Je m’exécute donc et les pose une à une sur le sol, y compris Chine qui mange (un peu), part au galop se dérouiller les pattes en parcourant deux fois la longueur de l’enclos  au pas de course avant de regagner ses pénates.
Si je pensais être tranquille, je me suis trompée…
Il n’a pas fallu deux minutes pour que je sois rattrapée par un nouveau concert de trompettes indignées.
Et je sais pourquoi…
Depuis cet hiver où je leur ai donné quelques graines destinées aux oiseaux pour voir leur réaction, mes poules ont développé un amour immodéré pour cet aliment qui ne leur est pourtant pas destiné.
Je m’arrange donc toujours pour leur en donner un peu.
Or, ce matin-là, je ne l’ai pas fait.
Elles ne m’ont pas lâchée tant que je n’ai pas cédé.
J’ai fini par ajouter quelques graines  sur lesquelles elles se sont précipitées, mettant un terme à leurs revendications.
Si, au cours de l’une de mes visites de la journée, je leur apporte des pâtes cuites  ou du pain mixé avec du raisin, le tout posé dans « leur » assiette, je sais qu’elles m’accueilleront avec des cris de joie dès qu’elles reconnaîtront l’assiette en question.
Elles savent très  bien que ce récipient contient toujours des aliments dont elles raffolent et m’en remercie à leur façon.

Après un bon quart d’heure, je quitte l’enclos, et je retrouve Pomme qui vient à ma rencontre en remuant la queue.
La journée peut commencer….
Sauf que…
Durant toute la période du petit-déjeuner, j’ai eu l’impression que Pomme me boudait.
Impression confirmée lorsque, de retour dans mon bureau, elle s’est installée dans son panier en me tournant le dos.
Perplexe, j’en étais à me dire qu’elle adoptait les mêmes comportements que mes poules lorsque j’ai compris.
J’avais oublié de lui donner la récompense du matin, une friandise pour chien qu’elle reçoit d’habitude lorsque nous rentrons de notre première sortie.
- Oh! J’ai oublié le nonosse! Pauvre Popomme! Viens…

Nous retournons à la cuisine où je répare mon erreur en offrant à mon Mogwaï sa friandise préférée pour me faire pardonner.
Puis retour dans mon bureau où Pomme se réinstalle dans son panier… face à moi.
Cette fois, la journée peut vraiment commencer…

Martine Bernier