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Pomme

Lundi après-midi.
Dans la matinée, j’étais retournée revoir mes poules, une fois de plus un peu déprimées de devoir supporter un jour humide.
Comme je ne voyais pas une plume à l’horizon du jardin, je les ai appelées sans même élever la voix: « Mes poupoule? Où êtes-vous? »
Je n’avais pas terminé ma  phrase que mes sept royales Boulettes arrivaient en courant de toute la force de leurs petites pattes.
Bulle et Kaki en tête, Kiwi et Neige, mes deux petites Hollandaises, fermant la marche, et le peloton composé de Chine, Praline et Plume galopant gaillardement.
Elles se sont massées autour de moi, je leur ai parlé, les ai caressées et leur ai redonné quelques friandises pour les aider à passer la journée plus joyeusement.
En rentrant je me demandais si la nourriture était vraiment la seule motivation qui les menaient vers moi…
En fin d’après-midi, je me glisse dans la véranda pour enfiler ma veste et pour les rentrer pour la nuit.
Et c’est là que je m’aperçois qu’elles sont toutes massées devant la porte vitrée, sur les graviers blancs.
En général, elles se rendent là pour des raisons bien précises.
Cette fois, il s’agissait de quémander mon aide.
Au début, je n’ai pas compris ce qu’elles voulaient alors qu’en principe elles rentraient d’elles-mêmes dans leurs appartements lorsque la journée s’achève.
J’ai regardé distraitement en direction du poulailler et c’est là que j’ai vu…
La porte était  obstruée par une solide bâche en plastique que nous utilisons le soir pour isoler doublement le poulailler lors des grands froids.
Le vent l’avait renversée et elles ne pouvaient plus entrer.
Mes protégées étaient donc venues me chercher, tout simplement…
Je suis sortie, avec Pomme qui a aussitôt retrouvé avec enthousiasme ses deux copines hollandaises, je leur ai parlé et j’ai longé l’allée des roses pour aller redresser la bâche.
En cours de route, je me suis retournée… et ce que j’ai vu m’a donné envie de rire.
J’étais suivie par une longue file rappelant les 7 Nains rentrant de la mine.
Derrière moi, à la queue leu leu se trouvaient Bulle, Kaki, Chine, Plume, Praline, Pomme, Neige et Kiwi. 
Cherchez l’erreur!
Il m’arrive de me demander si Pomme, bichon havanais de son état, n’est pas en train de virer sa cuti et de se prendre pour une poule!

Martine Péters

 

Lorsque Pomme a réalisé que je n’allais pas bien, voici deux nuits, elle s’est inquiétée.
Pas question pour elle de me quitter.
Trop faible pour me lever, j’avais décidé de rester au lit durant la journée pour être à nouveau opérationnelle le lendemain.
Je manquais un repas du soir avec deux de nos proches, mais je savais que je les reverrais le lendemain.
Le matin, Pomme a refusé de me quitter.
A peine a-t-elle suivi mon Capitaine pour une petite sortie de quelques minutes et elle est remontée, sans boire ni manger.
Au fil de la journée, pas de changement.
Elle ne voulais pas quitter son poste de Nurse Pomme, malgré mes supplications:
– Pomme… ce n’est pas toi qui est malade! Va vite manger un peu… et boire, c’est important.
Rien à faire.
J’ai eu beau lui apporter un bol d’eau, elle refusait de bouger.
En début de soirée, la sonnerie de la porte d’entrée a résonné.
Les invités arrivaient.
Pomme a aboyé et est descendue.
Ne la voyant pas remonter alors que tout le monde était passé à table, j’ai été rassurée: elle allait reprendre sa petite vie de Mogwaï.
Mais au bout de trois-quarts d’heure, je l’ai vue revenir.
Elle est venue mettre sa truffe contre ma joue, histoire de prendre la température, puis est retournée dans son panier, me couvant du regard.
Lorsque mon Capitaine m’a rejointe, il a confirmé:
– Elle les a accueillis, a bu un peu, a mangé une ou deux croquettes. Puis elle est restée un moment et est repartie te retrouver…
L’art et la manière de concilier le rôle d’infirmière et… d’hôtesse!

Martine Péters
 

Je dis souvent de Pomme qu’elle est un petit chien tout-terrain.
Elle s’adapte à toutes les situations, douce et affectueuse avec ceux qui lui témoignent de la sympathie, discrète avec ceux qui ne sont pas à l’aise avec les chiens, ferme ans être agressive pour éconduire les jeunes amoureux trop entreprenants.
Elle nous accompagne partout où elle a le droit d’aller, est de toutes les fêtes, accueille tous les visiteurs, humains et animaux, avec la même gentillesse.
Lorsque nous nous retrouvons à trois, mon Capitaine, elle et moi, elle se coule dans son rôle de « Pomme relax », vautrée sur le canapé, étendue de tout son long, une ou deux pattes en l’air, grognant légèrement si l’un de nous (moi en général) a le malheur de la déranger pendant sa sieste.
Durant cette période de fin d’année où nous recevons beaucoup, mon Mogwaï est une véritable éponge.
Elle connaît tous les signes annonciateurs de visites.
Lorsqu’elle voit mon Capitaine s’éloigner à pied vers le bout du jardin, elle semble savoir qu’il va chauffer la maison d’à-côté en prévision de l’arrivée de ses occupants.
Elle le guette puis change de comportement.
Ce même comportement qu’elle adopte lorsqu’elle me voit préparer les chambres d’amis ou dresser la table sous la véranda.
Elle devient alors un véritable chien de garde, à l’affut du moindre bruit du côté de la porte principale ou de l’arrivée d’une voiture côté jardin.
Elle aboie au moindre bruit, ce qu’elle fait rarement, très vexée lorsque je lui prouve par A + B qu’elle s’est trompée et qu’elle manifeste pour rien.
Durant cette période où nous perdons la notion du temps et où nous contentons d’apprécier chaque moment de bonheur, les moments de solitude sont rares.
Et c’est là que, pendant que je retrouve mon bureau, elle recharge ses batteries…

Martine Péters