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Traditions

saintecatherine

Le 25 novembre est une date rituelle, notamment en France.
On y fête la Ste-Catherine, fête des fillettes, qui offre aux femmes et aux hommes  célibataires l’occasion de prier pour trouver un conjoint.
Et, bien sûr, on y fête les Catherinettes, qui sont les femmes qui ont atteint l’âge de 25 ans sans s’être fait passer la bague au doigt.
cf238152_a1
catherinettes-portrait-mb-copiePendant des années, alors que la mentalité n’était pas exactement la même que celle d’aujourd’hui, j’ai trouvé cruelle cette tradition qui pointait du doigt ces jeunes femmes dont certaines souffraient peut-être de ne pas avoir encore trouvé l’âme soeur.
Et puis j’ai appris que Ste Catherine était aussi la  patronne  des philosophes et qu’elle a refusé de se marier avec un roi, mariage qui aurait pu lui éviter de mourir suppliciée.
Elle a tenu bon par conviction personnelle, ce qui lui a valu une mort épouvantable, et le fait d’être toujours connue aujourd’hui.

Au 18e siècle, les Catherinettes portaient un soin tout particulier à leurs chapeaux.
Et, depuis quelques années, la tradition est à nouveau respectée à travers des couvre-chef jaune ????????????????????????????????????????????????????et vert portés par les Catherinette le jour de leur fête.
Ce sont ces chapeaux qui m’amusent…
Des chapeaux souvent délirants, remplis d’accessoires insolites, drôles.

Une tradition légère et joyeuse…
Si, coiffées d’un tel chapeau, les prétendants ne les remarquent pas, c’est à ne plus rien y comprendre!

 

Martine Bernier

 

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Dès leur plus tendre enfance, nos enfants sont entourés de chansons.
Il y a celles que nous leur fredonnons en famille, celles qu’ils apprennent à l’école… et celles, très particulières, qu’ils répètent entre eux lorsqu’ils ont par exemple à effectuer un tirage au sort ou un décompte pour jouer à cache-cache.
Cet univers m’intéresse depuis longtemps.
J’ai donc dressé l’oreille lorsque, ce week-end, les personnes avec lesquelles nous parlions, et qui habitent Genève, ont évoqué une comptine dont je ne connaissais pas l’existence.
A Genève, donc, pour procéder à un tirage au sort dans les cours d’école, les petits élèves utilisaient cette formule égrenant les noms de famille typiquement genevois.

J’ai  demandé aux trois femmes attablées en ma compagnie de fouiller leur mémoire pour trouver les paroles de cette comptine… ce qu’elles ont eu la gentillesse de faire.
Puis j’ai fait une recherche sur Internet et j’ai trouvé l’orthographe exacte de ce qui est appelé l’Emprô genevois.
Le voici:

Emprô Giro
Caro
Dupuis
Simon
Carcaille
Brifon
Piron
Labordon

Tant est follhe mollhe
Tant est clu

Une autre version est reprise dans le Glossaire genevois (paru aux éditions Slatkine):

Ampro, Giro, Carin, Caro, Dupuis, Simon, Carcaille, Brifon, Piron, Labordon, Tan, Té, Feuille, Meuille, Tan, Té, Clu!

L’empro genevois

Et les deux se traduisent par:
En premier lieu, plaçons-nous en cercle.
Carin, Caro, Dupuis, Simon, Carcaille, Brifon, Piron, Labordon.

Tant est la feuille mouillée, qu’enfin elle tombe.

Un jeu d’enfant dont j’ignore s’il hante encore les cours de récréation, mais que j’avais envie de partager en clin d’oeil à nos compagnons genevois!

Martine Bernier

 

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Photo provenant du site de l’Office du Tourisme de Thiers

Nous parlions couteaux, hier, avec la Dame de Chiboz, lorsque, dans la conversation, elle m’a demandé:

- Connais-tu les chiens réchauffeurs de Thiers?

Non, je ne connaissais pas…
Elle m’a expliqué qu’elle était un jour allée spécialement à Thiers pour en savoir plus à leur sujet, et m’a raconté ceci…

Thiers est une ville de France bien connue pour  ses industries.
La papeterie, la tannerie, le fil de chanvre, les cartes à jouer: ces secteurs recelaient un précieux savoir-faire qui a permis le développement de la ville.

Et puis, il y avait les émouleurs.
La coutellerie est l’une des cartes de visite de l’endroit.
Au début du XXe siècle, les émouleurs travaillaient dans des conditions très dures.
Descendant le long d’un sentier pentu en direction de la rivière, ils se rendaient au « rouet », un moulin à entraînement hydraulique.
Là, ils se  couchaient sur les planches au dessus de meules de grès qui tournaient, tournaient…
C’est sur ces meules placées dans la fosse qu’ils affûtaient la lame des couteaux, à bras tendus.
Le lieu était évidemment très humide, les conditions de travail terribles.
En hiver, le petit poêle n’arrivait pas à réchauffer la pièce.
Non seulement les hommes souffraient de cette position de travail leur déformant la cage thoracique, mais, de plus, ils vivaient dans un froid humide constant.

C’est là qu’intervenaient les chiens.
Des petits chiens qu’ils emmenaient avec eux au travail et qui se couchaient sur les jambes de leurs maîtres tandis qu’ils travaillaient.
Ils leur apportaient un peu de chaleur… et le pichet de vin de la pause  achevait de réchauffer l’atmosphère.
Sur des photos trouvées par la Dame de Chiboz, les émouleurs, sympathiques gaillards le plus souvent moustachus, posent avec leurs chiens sur les genoux.
Ils avaient l’air de les aimer…
L’un d’eux tient un canard dont on ne sait s’il tenait lui aussi le rôle de réchauffeur.

D’autres photos des groupes les montrent avec des femmes.
Les polisseuses qui, souvent, épousaient les émouleurs.
On dit des émouleurs de Thiers qu’ils étaient de joyeux drilles.
Et c’est vrai que, sur les photos, ils ont des sourires  francs qui donnent envie d’en savoir davantage sur eux.

C’est toute une tranche de vie que j’ai découvert  là grâce à la Dame de Chiboz.
J’ai fort envie d’aller visiter Thiers…
Le passé industriel de cette ville mérite que l’on s’y attarde…

Martine Bernier

(source: « Du tranchant pour nos lames, les émouleurs de Thiers », par Christian Lemasson