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Albin Michel

Frappe-toi le coeur

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Cela commence à se savoir: comme pour le retour des hirondelles, les premières cerises ou l’arrivée des châtaignes, j’attends chaque année la sortie du dernier roman d’Amélie Nothomb avec curiosité et impatience.
Car, outre le bonheur de retrouver cette écriture précise et fine, elle a le don de surprendre ses lecteurs avec des scénarios inattendus, et n’a pas son pareil pour décrypter les méandres des relations humaines.

Cette fois, son ouvrage porte un titre inspiré de Musset  (« Ah! Frappe-toi le coeur, c’est là qu’est le génie ») et trempe sa plume dans une encre incisive pour nous offrir un roman axé sur les femmes.
Marie, la plus jolie jeune fille de sa ville de province savoure l’envie qu’elle suscite chez les autres femmes et se plaît à être l’objet de toutes les attentions masculines.
Enceinte, elle se marie sans en avoir vraiment envie avec Olivier, futur pharmacien et parti des plus prometteurs.
Leur bébé, Diane, est une beauté dont tout le monde tombe amoureux… sauf sa mère qui en devient si jalouse qu’elle est incapable de ressentir pour elle autre chose que de la jalousie.
Ce qui ne sera pas le cas pour les deux enfants suivants qui eux, auront droit à toute l’affection maternelle.
Que va devenir Diane privée de cet amour essentiel?

Comme dans chacun de ses meilleurs titres, Madame Amélie nous capture et nous captive sans faillir, pour ne nous relâcher qu’une fois la dernière ligne terminée.
Car la fin est surprenante et la trame concerne chacun de nous puisqu’elle nous parle de beauté, de jalousie, de narcissisme, de goût des études, et de ces rapports parfois si complexes parents-enfants.

Et comme à chaque fois que je termine un des livres de cette plume si particulière, je n’ai qu’une envie: relire les précédents en attendant le suivant!

Martine Bernier

 

Frappe-toi le coeur, d’Amélie Nothomb, Albin Michel, également disponible aux Editions France Loisirs.

Amélie Nothomb: Une forme de vie

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Je l’ai déjà dit: ses livres, je les ai tous lus.
Au début avec scepticisme, puis avec délectation.
Je les ai pratiquement tous aimés.
Il n’était donc pas question que je manque le dernier, que j’attendais avec impatience, faisant partie des inconditionnels de cet écrivain attachant.

« Une forme de vie », tout le monde en parle ou en a parlé.
Une lettre arrive un jour chez Amélie Nothomb, provenant d’un certain Melvin Mapple, soldat américain en Irak.
Melvin souffre de ce qu’il vit et, comme certains de ses collèges, a trouvé un réconfort dans la nourriture.
Il mange… mange tellement qu’il est devenu obèse.
Une correspondance s’instaure entre lui et celle qui est son auteure préférée.

J’aime le style d’Amélie, sa réflexion, le chemin de mots qu’elle utilise.
Certains ont critiqué l’ouvrage, estimant qu’elle y faisait preuve d’un auto encensement.
Ce n’est pas ainsi que je l’ai ressenti.
Je la crois beaucoup plus claire, plus pure que ceux qui lui prêtent ce genre de sentiment.
Son livre est étonnant, sensible, surprenant, inattendu sur la fin.
Alors que l’on croit s’être installé dans le train de l’histoire, elle bifurque brusquement.
Impossible de se lasser.

A travers ces pages, l’auteure en profite pour expliquer, en douceur, certaines règles de savoir-vivre à celles et ceux qui lui écrivent.
Elle est connue pour répondre à son courrier personnellement.
Certains en profitent outrageusement…

J’aime cet écrivain, et je crois que j’aime cette femme dont les interviews me touchent.
Comme d’habitude, son livre est en tête des ventes depuis sa sortie.
Et comme très souvent… je trouve qu’elle le mérite.

Martine Bernier

« Une forme de vie », Amélie Nothomb, Albin Michel

La manipulation affective dans le couple: faire face à un pervers narcissique.

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Excellent livre que celui de Pascale Chapaux-Morelli, présidente de l’association d’aide aux victimes de violences psychologiques, et du psychanalyste Pascal Couderc, consacré à la manipulation affective dans le couple.
Le mécanisme des comportements de pervers narcissique y tient en une phrase: « manipuler l’autre, c’est l’utiliser à son profit.
Mais il faut faire la différence entre la manipulation « normale » que rencontre chaque couple une fois ou l’autre de son histoire, et celle nettement plus insidieuse et grave qui est le thème de cet ouvrage.
Une large partie est destinée aux femmes, car ce sont elles, selon les auteurs, qui, dans la quasi totalité, affrontent les conséquences d’une relation avec un pervers narcissique.
Derrière ses masques, ce dernier endosse des rôles de manière habile, fait croire à ce qu’il n’est pas, séduit pour mieux briser ensuite.
Il renverse la situation pour que la personne qui subit soit accusée à sa place.
Une phrase de l’introduction du livre est frappante pour tous ceux qui ont eu à subir le comportement de ce genre de personnages: « Il se présente comme dévoué alors que, pour lui, l’autre n’existe pas, il fait croire qu’il aime alors qu’il n’éprouve aucun sentiment durable, il s’exprime verbalement dans un sens et agit dans l’autre. Par exemple « je t’aime, mais maltraite à l’excès parce que ces mots-là ne représentent rien pour lui. Bref, tout est renversé… »

Les témoignages et explications de cet ouvrage sont passionnants, troublants.
Un excellent livre qui méritera prochainement une interview de son auteur.

Martine Bernier

« La manipulation affective dans le couple: faire face à un pervers narcissique ». Pascale Chapaux-Morelli et Pascal Couderc, Albin Michel.