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Romans

Soif

Je lis les ouvrages d’Amélie Nothomb depuis sa première parution.
Et j’attends toujours avec impatience et curiosité celui qui sort chaque année en été, et que je présente ensuite… sur Ecriplume!
Cette femme étonnante a le chic pour m’étonner.
Cette fois, elle a fait plus que cela.
Je n’ai pas voulu lire ou écouter les interviews qu’elle a données avant d’avoir lu son livre, afin que la surprise soit totale.
Je ne savais donc pas que, pour écrire Soif elle s’est glissée dans la peau de… Jésus.
Lorsque je l’ai compris, j’ai été extrêmement mal à l’aise.
Je n’avais pas envie de ce sujet, pas envie de lire ce qui nous avait été enseigné pendant des années, pas envie de revivre encore et encore le calvaire que l’on a fait endurer à cet homme.
Mais je me suis accrochée.
D’un bout à l’autre, le malaise par rapport au sujet ne m’a pas quittée.
Et pourtant, j’ai la sensation, à présent que je l’ai terminé, d’avoir lu un roman philosophique important  dans lequel l’auteure a mis beaucoup d’elle-même.
Elle s’est glissée dans la peau de Jésus à partir de son procès jusqu’à sa mort, en passant par l’épisode atroce de la crucifixion.
Et ce que dit le personnage est passionnant: ses analyses, ses réflexions, que ce soit sur Judas, sur l’incarnation, sur l’amour, sur les hommes, sur les choses de la vie qu’il a aimées (ah, le doux passage de la pluie sur le toit…), sur les phrases qui lui seront attribuées dans les Evangiles mais qu’il n’a pas prononcées…
J’ai refermé le livre avec le sentiment qu’il était différent des précédents, plus fort, plus profond.
Jésus, cet homme qui a vécu il y a si longtemps et que la tradition religieuse nous a présenté comme une lointaine icône, prend ici une dimension humaine qui le rend plus attachant encore.
J’ai aimé ce livre.
Et, étrangement, alors que je l’ai terminé depuis plusieurs heures, il continue à évoluer en moi.
Certaines phrases me reviennent, j’en relis des passages.
J’ai été très interpellée par celui consacré à Judas.
Et notamment par ceci « Si je n’avais fréquenté que les autres disciples, j’aurais peut-être oublié que j’étais venu pour des gens comme Judas: les problèmes vivants, les faiseurs d’embarras, ceux que Simon appelle les emmerdeurs. »

Martine Péters

« Soif », Amélie Nothomb, disponible, entre autres, aux Editions France Loisirs

La chorale des dames de Chilbury

Nous sommes en 1940, dans un petit village anglais où les hommes sont partis pour le front.
Ne restent plus que les femmes, qui se fixent une mission: sauver la chorale locale privée de ses voix masculines, et continuer à chanter pour exorciser la guerre.
Toutes ces femmes, très différentes les unes des autres, se retrouvent  autour de leur professeur de chant, Miss Primrose Trent, et vont unir leurs efforts pour être à la hauteur.
Dans ce délicieux roman très british, vous craquerez pour les portraits de ces femmes et pour leur quotidien fait de potins, de peurs, d’amour secrètes, de jalousie et d’amitié.
C’est intelligent, attachant… un de ces livres que l’on n’a pas envie de quitter…

Martine Péters
« La chorale des dames de Chilbury », Jennifer Ryan, disponible notamment aux éditions Frances Loisirs.

 

Lebenstunnel

La Seconde Guerre mondiale s’était achevée sur la victoire des nazis. La race aryenne a dominé le monde et deux cents ans ont passé lorsque naît Krista qui va grandir dans cette idéologie. Une fin de journée alors qu’elle rentre de son travail, le hasard la conduit à assister une femme dans la rue. Elle va découvrir qu’une société secrète de non-aryen se terre dans les égouts de Germania.

Entrainé de force dans une aventure extraordinaire au coté d’Elias, un jeune rebelle séduisant, qui va ébranler toutes ses convictions et déclencher le rejet du fonctionnement même du monde dans lequel elle vit.

Mais tout ne se passe pas comme elle le souhaiterait, reprise par les brutes nazies, elle va vivre des heures très difficiles, frôlant la mort à plusieurs reprises. Ballottée entre la réalité de sa vie et un monde virtuel qu’elle ne maîtrise pas, elle perd pieds…

Un roman osé plein de rebondissements qui maintiennent l’attention du lecteur au point d’avoir des difficultés à s’éloigner de ce texte. Le style et la plume d’ Oxanna Hope sont agréables, fluides et simples. La redondance de certaines choses, gênantes au début du roman, donne de l’épaisseur à la trame psychologique de ce thriller qui force l’intérêt pour le dénouement de l’histoire.

Bruno Guédot

 

« Lebenstunnel », Oxanna Hope, disponible, entre autres, aux Editions France Loisirs.