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Photo Eric Bernier

Thierry Cardis exerce un métier devenu rare: celui de souffleur de verre. Spécialisé dans la réalisation d’instruments de laboratoire, il navigue entre l’extrême rigueur et la créativité.

Sur une étagère de son atelier de Monthey (VS), Thierry Cardis a posé une série d’objets en verre aux formes complexes: des appareils extracteurs d’essences, des refroidisseurs en forme de serpentins. Autant d’instruments qui font partie de ce que réalise régulièrement ce jeune souffleur de verre spécialisé dans les ustensiles destinés à la chimie. Pour en arriver à réaliser des pièces aussi particulières, Thierry Cardis a suivi un cursus atypique. Alors qu’il est encore enfant et qu’il n’a aucune idée de sa future profession, il découvre le travail d’un souffleur de verre sur un marché. Le déclic est immédiat: c’est ce métier-là qu’il veut exercer un jour.

Études en Allemagne

Comme il n’existe pas d’école en Romandie, il doit partir à Bâle où il suit son apprentissage dans l’entreprise Glaskeller. Pour les cours théoriques, il doit  passer un mois en Allemagne tous les trimestres. Suivre ses études dans une langue qui n’est pas la sienne n’est pas simple, mais, au bout de trois ans, l’étudiant obtient son diplôme de constructeur d’appareils de chimie en verre. Dès la fin de l’École de Recrues, fraîchement diplômé, il travaille durant quatre ans dans une verrerie neuchâteloise.  Puis, en 2007, il rentre à Monthey où il s’installe à son compte. Ce trentenaire calme et minutieux confectionne toute sorte d’objets complexes pour les laboratoires, mais aussi des bijoux et des objets décoratifs comme des baromètres, ou des sulfures, ces boules de verre dans lesquelles éclosent de délicates formes colorées. Ici ne se trouvent que des pièces uniques, prisées par les collectionneurs. À côté de ces objets sont exposés ceux de Michèle, sa maman qui, dans sa foulée, a appris a réaliser des bijoux en verre multicolores. La mère et le fils perpétuent ainsi une tradition montheysanne ancestrale puisque, de 1824 à 1933, la Verrerie de Monthey a été l’une des premières industries à s’imposer dans le Chablais.

Entre technique et art

Dans ses deux ateliers, Thierry travaille à partir de tubes de verre,  qu’il modèle à sa guise, au chalumeau et au souffle. Installé à sa table de travail, il fait une démonstration de son art, transformant un tube en bulle scintillante, gobant sous la flamme des particules d’argent.

« Les qualités pour être un bon souffleur de verre? La patience et la précision, je pense. Je me considère comme un artisan avant d’être un artiste.  J’aime avoir un plan lorsque je me lance dans les pièces techniques, je répare des pièces, mais j’aime aussi créer. Si c’est la partie construction d’objets pour la chimie qui me fait vivre, je me consacre à la création dès que j’ai moins de travail. Et je crois que j’aime autant les deux facettes de mon activité! »

Même s’il cherche encore quelques clients supplémentaires, le jeune homme vit de son métier. Un métier de plus en plus rare,  qui, par son côté magique, exerce toujours la même fascination sur ceux qui viennent regarder travailler celui qui a la maîtrise du verre. Bientôt papa, heureux d’exercer un métier hors du commun, Thiery Cardis semble être un homme comblé…

Martine Bernier

Site Verrerie Cardis

Cet article est paru dans l’hebdomadaire Suisse Romande « Terre et Nature »

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