Arts

Julian Willis (photo Eric Bernier)

Julian Willis (photo Eric Bernier)

 

Son nom ne vous évoque peut-être rien, et pourtant, nous avons tous vu une fois ou l’autre les dessins de Julian Willis.
Les dessins de cet illustrateur anglais devenu suisse d’adoption se retrouvent sur les objets les plus inattendus..

 À Juriens (VD), à l’abri des regards, Julian Willis et son épouse Anna ont aménagé un jardin digne des plus jolis cottages anglais.
Rien d’étonnant à cela: Julian est né dans le comté de Surrey, la ceinture verte du sud-ouest de Londres.
En arrivant en Suisse après bien des péripéties, il a emporté non seulement son amour de la nature et du jardinage, mais aussi un métier reconnu en Grande-Bretagne, mais beaucoup plus rare en Suisse: celui d’illustrateur.
Une profession qui demande de savoir dessiner et peindre avec une précision quasi photographique, en digne descendant des peintres d’autrefois…

Dans les années 1980, avant l’arrivée massive des ordinateurs, Julian fait partie des quatre illustrateurs travaillant pour l’Hebdo et l’Illustré.
Ses illustrations paraissent en pages de couverture et dans les articles de ces magazines, au même titre que celles de son ami John Howe, devenu célèbre par la suite en mettant en images le fameux « Seigneur des Anneaux » de Tolkien.
« À l’époque, nous travaillions beaucoup, mais l’arrivée des ordinateurs a changé la donne.
Pour ma part, j’ai eu la chance de pouvoir ensuite collaborer avec l’imprimerie Roth & Sauter, dont la spécialité était déjà la création d’étiquettes de vins. »

Un univers en images

Pendant huit ans, Julian Willis va concevoir près de 600 étiquettes, dont certaines se retrouvent toujours aujourd’hui sur les bouteilles de vignerons suisses et étrangers. Son talent et son imagination explosent.
Il réalise également des cartes postales, l’étiquette se retrouvant sur certaines bouteilles d’alcool à brûler,  des fiches de découverte de la forêt pour les éditions Atlas, illustre des livres pour enfants, expose ses oeuvres et… devient professeur de dessin au Collège de Vallorbe, dès 1998.

Parallèlement, son ami Olivier Grandjean lui confie la réalisation de l’affiche de la Foire d’automne et Bourse aux sonnailles qu’il vient de créer avec quelques amis. Chaque année, l’artiste concocte des affiches sentant bon le terroir, très aimées du public.

« Au début des années 2000, Olivier m’a proposé de m’intéresser aux pierres et aux blocs erratiques du Pied du Jura Vaudois et d’en tirer une série de peintures.
Il y a toujours une rivalité entre l’illustrateur et le peintre qui sont en moi. J’ai reproduit chaque pierre à l’identique, mais j’ai adopté un côté un peu plus flouté pour le paysage. »

Julian connaît la région comme sa poche.
Il arpente les forêts et réalise des acryliques puis des lithographies de ces imposants témoins de l’époque glaciaire. La Pierre aux Écuelles de Mont-la-Ville, le Cromlech de la Praz, la Pierre Pendue de Cuarnens et le Bloc de la Chaux Raven de Juriens sont les premiers à composer la série, dans un souci permanent du détail. Il s’en dégage une atmosphère douce, un peu mystérieuse.

Dès qu’il le peut, Julian Willis retrouve son jardin qu’il cultive avec bonheur, avec son épouse.

Avec son look d’artiste, son esprit libre et sa personnalité attachante, il est devenu une personnalité discrète, mais incontournable de cette région dans laquelle il s’est enraciné.

Martine Bernier

Cet article est paru dans l’hebdomadaire Suisse romand « Terre et Nature ».

 

Site de Julian Willis : www.treetop.ch