Vin

 

Non loin de Bienne, à Twann (Canton de Berne – Suisse) Peter et Marie-Thérèse Schott-Tranchant cultivent leur domaine entièrement en coteaux dans un décor idyllique. Bilingues et accueillants, ils proposent des vins qui leur ressemblent: chaleureux et fins.

 

C’est à Twann (BE), un joli village fleuri perché au-dessus du lac de Bienne, que vivent et travaillent Peter et Marie-Thérèse Schott-Tranchant. Si cette dernière est française, son époux, représentatif du parfait bilinguisme de la région, s’exprime lui aussi avec aisance dans la langue de Molière.

Dans leur maison, construite entre 1500 et 1600, et qui appartient à la famille depuis 1958, ils racontent avec simplicité l’histoire de la famille et la leur, riche en rebondissements. « Mon grand-père était cafetier, explique Peter. Il pêchait son poisson et faisait son vin, un chasselas. Puis mon oncle a repris le café tandis que mon père s’est chargé de la vigne qui faisait environ un hectare. Il y a planté un peu de pinot noir. Enfant, je l’ai aidé, mais c’était un travail fatiguant et dur, qui ne m’a pas vraiment donné envie de continuer. »

De l’Afrique à la Suisse

L’adolescent choisit de devenir dessinateur en génie civil, part travailler en Romandie, puis s’embarque pour l’Afrique où il va rester cinq ou six ans. « J’ai travaillé pendant deux belles années en Algérie, puis j’ai pris mon sac à dos et je suis parti à la découverte de l’Afrique noire. C’est là, au Bénin, que j’ai rencontré ma femme, qui y travaillait comme infirmière. »

Lorsqu’il rentre à Twann, en 1978, son père, arrivé en fin de carrière, veut arrêter son domaine dont il a diminué de moitié la surface. L’Afrique a changé son fils. En rentrant, il a  la certitude qu’il exercera désormais un métier lié à la terre. Mais il n’est pas encore sûr d’être destiné à celui de la vigne. C’est donc avec prudence qu’il poursuit sa profession de dessinateur tout en travaillant au domaine.

Débuts ardus

Ses débuts sont difficiles: 1978 est une très mauvaise année au niveau de la météo. « Le plus petit de mes tonneaux était encore trop grand pour recevoir l’entièreté de la récolte, se souvient-il. Je l’ai encavée chez un voisin et n’ai pu produire que 1500 bouteilles. Pendant trois ans, les récoltes ont été misérables. »

Peter Schott aurait pu abandonner. Il ne l’a pas fait: la vigne l’appelait. Tandis que sa femme, qu’il a épousée en 1982, travaille à l’hôpital de Bienne tout en l’aidant à la vigne, il décide de se consacrer entièrement à son nouveau métier. Peu à peu, il agrandit la surface de la vigne jusqu’à en travailler aujourd’hui trois hectares. Il diversifie les cépages et suit les cours de formation continue de Changins avec Marie-Thérèse. Les millésimes se suivent, mais il réalise que certains de ses collègues proposent de meilleurs vins que les siens. « Je me suis demandé pourquoi… Et j’ai commencé à appliquer les technologies modernes conseillées lors de la formation. J’étais très prudent, j’évitais de faire n’importe quoi. Petit à petit, les résultats sont arrivés. »

Le chasselas, le pinot noir, le pinot gris, puis d’autres cépages sont cultivés avec un soin infini. Les maîtres des lieux figurent parmi les premiers vignerons de la région à travailler en production intégrée, depuis 1989. Peu à peu leur réputation s’installe et les vins du couple trouvent leur clientèle, essentiellement alémanique, mais aussi francophone venue de Bienne. Si les Suisses alémaniques se rendent facilement en Romandie pour acheter du vin, l’inverse est plus rare. Dommage: les visiteurs qui passent la porte découvrent ici des vins fruités et fins, et un accueil chaleureux.

Relève assurée
La météo capricieuse de ce printemps oblige le couple de se rendre à la vigne entre deux averses. Entièrement plantée sur des parcelles en terrasses, dans un paysage rappelant celui du Lavaux, leurs vignes sont travaillées à la main. Travail d’orfèvre qu’ils assument tous deux avec un employé à l’année et une équipe supplémentaire pour les effeuilles et les vendanges. Marie-Thérèse, qui travaille toujours à l’hôpital à mi-temps, est devenue elle aussi une spécialiste du vin. Lorsqu’elle veut se ressourcer, elle part derrière la maison s’occuper de son jardin au charme sauvage. Il lui suffit alors de pousser une porte pour se retrouver dans la vigne familiale. Vigne qui, tous deux le savent déjà, sera reprise par leur fille, actuellement en cours d’études d’ingénieur en œnologie à Changins. L’avenir du petit domaine est tout tracé…

 

Martine Bernier

 

Un chasselas différent

S’ils devaient choisir un vin parmi ceux qu’ils produisent, Peter et Marie-Thérèse Schott-Tranchant opteraient pour leur Chasselas Sélection: « C’est notre amour depuis des années. Lorsque nous nous sommes mariés en 1982, mon père nous a offert un tonneau de 2700 litres. Depuis, nos meilleurs chasselas y sont vinifiés. Le Chasselas Sélection a une personnalité propre. Il n’est pas marqué par le bois en terme d’arômes, mais l’élevage en foudre lui apporte l’oxygène nécessaire pour l’affiner. Il est pétillant et vif, frais, fruité, léger, avec un côté bien minéral. »

 

En chiffres:

-       Un domaine de 3,1 hectares.

-       Environ 25’000 bouteilles encavées chaque année.

-       Dix cépages différents, parmi lesquels du chasselas, du sauvignon blanc, du pinot gris, du pinot noir, du chardonnay, du diolinoir, du gamaret…

 

+ d’infos

Peter et Marie-Thérèse Schott-Tranchant, Dorfgasse 43, 2513 Twann

Tél: 032 315 24 86

Fax: 032 315 74 22

Email: peterschott@bluewin.ch

Site: http://peterschott.ch

Cet article est paru dans l’hebdomadaire roman « Terre et Nature »